‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 41 sur 123 · Mémoires de Gourville, édit. Lecestre, I, p. 2o · texte numérisé non relu

Mémoires de Gourville, édit. Lecestre, I, p. 2o

sur l'aventure de Mme de La Popelinière, la veille du premier janvier, « jour renommé pour l'affluence du monde au Palais )) , on y avait étalé publiquement « de petites cheminées en carton avec une plaque qui s'ouvrait, derrière laquelle on voyait un homme et une femme se quittant, la femme rentrant chez elle^ )). On débitait volontiers, dans la Grand'Salle, des imprimés, des chansons satiriques, des pamphlets à la mode; elle était même à ce point encombrée de colporteurs qu'on décida un jour d'y interdire la vente de tous ces bilboquets-. Les magistrats, avocats et procureurs eux-mêmes étaient, comme le commun des mortels, exposés aux placards et aux libelles qu'on affichait publiquement et où, dans la demeure même de la justice, on leur décernait sans vergogne les épithètes de a diables » et de (( larrons^ » ; on a toujours trouvé plaisant d'épancher sa verve sur tous ceux qui gravitent autour du Palais, témoin cette affiche placardée en 1757, dont Barbier nous a conservé le texte* : « La petite troupe des comédiens du Palais donnera samedi prochain la deuxième représentation des Ducs et Pairs, comédie nouvelle en un acte, précédée des Procureurs forcés, ballet pantomime. A lundi les Avocats muets. » Gageons qu'il y en avait parfois de moins inoffensives.

D'ailleurs, les clercs qui pullulaient au Palais^ ne participaient-ils pas eux-mêmes à des représentations satiriques qui se donnaient fréquemment à Paris ^ et qu'encourageait la

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