‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 43 sur 123 · Archivas nationales, Z^^ 56/|, f" i3i · texte numérisé non relu

Archivas nationales, Z^^ 56/|, f" i3i

Ce fut aussitôt le signal d'une série de travaux, payés par l'aliénation de terrains vagues des fossés Saint-Germain, et confiés à l'architecte Salomon de Brosse; on les entreprit avec zèle, malgré quelques lenteurs inévitables et arrêts forcés^ : dès le 6 avril 16 19, les gens des Enquêtes vinrent protester et se plaindre de l'incommodité résultant pour eux du voisinage des ouvriers qui élevaient un mur devant leur fenêtre^; la Cour décida de suspendre jusqu'à nouvel ordre, mais on peut supposer que ce ne fut pas pour longtemps.

Toutefois nous ne trouvons plus trace de travaux importants, indépendamment de la reconstruction de la Grand' Salle, jusqu'en i638. A cette époque, on songe sérieusement à agrandir le Palais qui n'est plus ni assez spacieux ni assez commode pour tous les services qu'il renferme*^. On possède plusieurs lettres du président Mole, très significatives à cet égard : il s'agit aussi de réparations à exécuter à la Cour des Aides, de dégagements à effectuer avec une nouvelle issue du

1. Cette nouvelle Grand'Salle resta debout jusqu'en 1871 ; elle avait 220 pieds de long sur 34 de large; huit piliers supportant des arcs en pierre la partageaient dans sa longueur en deux vaisseaux égaux. Mais l'architecte eut le tort de ne pas tenir compte du nouveau mode de construction substitué à l'ancien, ni des matériaux en pierre par lesquels il remplaçait le bois ; il plaça les piles de la nouvelle salle sur les vestiges de l'ancienne (qui n'en avait que sept), et ne s'aperçut pas que celles-ci étaient en porte à faux sur la partie inférieure. Ce vice de construction amena des désordres constatés en 1812, et compromettants à ce point qu'il fallut dès 181 7, tant la progression était olîrayante, rétrécir les arcs de la salle basse au moyen d'autres arcs qui en doublaient l'épaisseur ; ce fut l'oeuvre de Peyre, qui y dépensa aSoooo francs, et une médaille commémorative fut frappée à cette occasion. Bien qu'on eût ainsi remédié au mal, la Grand'Salle manquait de solidité lorsque survinrent les événements de la Commune.

2. K. Séligua^^, La justice en France pendanl la Bévolulion(Pa.Tis,i go ifin-S),]). 55.

3. Bibliothèque nationale, V" Colbert, vol. IV, f" 4i5, et Archives nationales, O* 1692 (devis de la maçonnerie en exécution de l'arrêt du Conseil du 1 1 mars 1788 ; D.-A. Gervais, sculpteur, et Antoine Pérard, m* maçon).

côté du quai pour le passage des carrosses, de restaurations de toitures et de cheminées*. Des lettres patentes du 29 avril 1689 autorisent cette nouvelle campagne.

Le i4 février i64o, le roi signe d'autres lettres relatives

Rue

Le Palais vers 1700, (D'après le plan du Terrier du roi.)

à la construction d'une nouvelle galerie le long de la Grand' Salle, dite galerie Dauphine, avec déplacement d'un escalier conduisant à la Cour des Aides et sortie près de la Concier-

ï. Mémoires de Mathieu Molk, II, pp. /|52-^6o.

gerie, et, désirant voir rapidement se poursuivre ces travaux, après arrêt du Parlement rendu le 7 septembre, il en ordonne l'adjudication le i5 novembre suivante On rembourse aux marchands le prix des échoppes qui ont dû être démolies pour cette galerie nouvelle, où par contre vont être installées cinquante-cpatre autres boutiques dont un certain Mathurin Rodes accepte la location en bloc pour le prix de Sooooo livres, indépendamment d'une redevance annuelle de 027 livres au profit du domaine ^.

D'après un arrêt du Conseil du 21 juin i645 et des lettres patentes du 3 juillet suivant, on décide de réédifier aussi les bâtiments de la première Chambre des Requêtes, du parquet, du cabinet, du greffe, de la buvette et de la galerie, aux frais et dépens des présidents conseillers, suivant le devis arrêté par Villcdo et S. Bruant, maîtres des œuvres de cliarpenterie et de maçonnerie'^ ; la direction de ces ouvrages est confiée à l'architecte Michel Noblet. A cette époque, la galerie des Merciers a été nouvellement voûtée. Au cours d'autres travaux de réfection, S. Bruant ayant fait ouvrir le mur du greffe civil sans la permission du Parlement, pour établir un escalier encastré dans l'épaisseur du mur afin de relier deux étages, des plaintes se produisent*' : on permet au maître général des bâtiments du roi de poursuivre, mais à la condition de ne jamais plus rien entreprendre sans la permission expresse de la Cour.

D'ailleurs les événements de la Fronde, qui eurent leur répercussion nécessaire au Palais, apportèrent sans doute

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