‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 54 sur 123 · Sous la Restauration, le parquet du Procureur du roi · texte numérisé non relu

Sous la Restauration, le parquet du Procureur du roi

"j. Sous la Restauration, à côté du parquet. Nous pouvons, d'après un manuscrit de la Bibliothèque de la ville de Paris, nouv. acq. /i8i, donner Ja liste des derniers lieutenants généraux au bailliage du Palais : 1676. Claude Hourlier; — 1700. Gabriel Sanguinière ; — 1716. François Pellet; —

plans signés des architectes Desmaisons et Antoine ^ reconstituer partiellement le Palais, ou tout au moins les nouvelles constructions du Palais édifiées parleurs soins en 1783- 1786, tel qu'il était à la fin du règne de Louis XVP.

Dans le bâtiment neuf situé sur la rue delà Barillerie, visà-vis l'église Saint-Barthélémy, trois étages sont occupés par la juridiction des procureurs; puis, en allant vers la Sainte- Chapelle, on trouve le logement de l'huissier garde des portes du Palais, qui jouit de deux pièces au rez-de-chaussée et de trois pièces à l'entresol, — celui du curé delà Sainte-Chapelle, au premier étage, dont le salon prend jour sur la cour du Mai; — et, au deuxième étage, la parcheminerie de la Sainte- Chapelle.

La demeure del'abbéParis, qui confine d'une partau Trésor, communique d'autre part à la nef même de la Sainte-Chapelle par une porte en bois de chêne ouvrant à deux vantaux, à gauche de la cour du Mai, au-dessus des arcades qui servent de passage public, c'est le contrôle des Secrétaires du roi, réparti sur trois étages (le troisième consacré aux archives) ; et à la suite des arcades, la juridiction du trésorier delà Sainte-Chapelle (le greffe, la salle d'audience et la prison au rez-de-

1723. René-Nicolas Saunier; — 17/16. Barthélémy Saviart ; — 1752. Ambroise Rousseau; — 1762. Louis Le Roy; — 1765. Marie-Nicolas Pigeon; — 1785. Mathurin Le Bruin. Leur hôtel avait son entrée rue de Ilarlay. Rappelons que nous avons parlé ci-dessus, pp. Sg-Zlo, des anciens concierges devenus ensuite les baillis du Palais.

1. Archives nationales, Z^' 1070. Cf. un plan de la Grand'Salle, daté de 1787, et accompagné d'un tableau des noms des propriétaires et locataires des boutiques et bancs ù cette date {Archives dép. de ta Seine, Domaines, carton 120).

2. En lisant le procès-verbal des scellés apposés au Parlement en novembre l'^ç^o {Archives nationales, V ioi3), on peut deviner la beauté du cadre riche et somptueux où était rendue la justice.

chaussée). Non loin de là, près des bureaux de rÉlection, voici le petit logement qu'occupe à l'entresol l'organiste de la Sainte-Chapelle, Couperin, avec sa mère; voici une chambre et un entresol concédés au maître tapissier Heurtaut pour lui servir de magasin affecté au service du Palais et des prisons qui en dépendent.

Entre la cour de l'Élection, tributaire de la cour du Mai, et la cour de la Conciergerie, s'étendent les locaux où est installée la juridiction de l'Élection : au rez-de-cliaussée, on trouve la salle d'audience, la salle des procureurs, le cabinet du premier président, le parquet des gens du roi et la buvette; à l'entresol, la salle du conseil, le greffe, le cabinet du trésorier et le logement du buvetier. Par derrière est située la Cour des Aides, dont la salle d'audience à quatre fenêtres est ornée de dossiers de banquettes fleurdelisées, d'un portrait peint de Louis XVI au-dessus de la cheminée, d'une pendule de Lepaute sur la cheminée, et en face d'un Christ (comme dans toutes les autres salles d'audience). A l'entresol du pavillon de l'Élection se trouve la chevecerie de la Sainte-Chapelle ^ attenant à la galerie Mercière et prenant jour sur la petite cour voisine de la Sainte-Chapelle.

La juridiction de la Chambre des Bâtiments occupe deux étages à l'angle de la galerie Mercière et de la galerie des prisonniers : il y a là une Chambre du Conseil, une salle d'audience, un cabinet pour le greffier, un autre pour l'huissier, un autre pour le procureur du roi, et un dépôt d'archives. Au rez-de-chaussée de la cour de la Conciergerie et au-dessous

1. En 1783, c'est Adrien-François Thomas, prêtre et marguillier, qui remplit les fonctions de chevecier. D'après un arrêt de la Chambre des Comptes de 1669 (Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, XXXVIII, 1910. p. 289), le chevecier était responsable du linge, des ornements et des livres,

du sol de la galerie Dauphine demeure le chirurgien de la Conciergerie*, et sous la voûte de la galerie Dauphine, dans des dispositions parfaitement identiques, sont les locaux habités par le chapelain de la Conciergerie.

Par le grand escalier qui ouvre dans la galerie Mercière, entre le bâtiment des enfants de chœur de la Sainte-Chapelle et la cour de la prison des femmes, on arrive aux locaux de la juridiction de la maîtrise des Eaux et Forêts, comprenant une salle d'audience, une salle du Conseil, et le greffe. Ce même grand escalier, orné de sculptures et où, dans une niche, a été placée une statue en plâtre de la Justice, par Gois^, conduit à la Cour des Aides \ éclairée en grande partie par la cour de la prison des femmes : on y voit, successivement, la Chambre du Conseil, le cabinet du premier président, la salle d'audience (dont les fenêtres donnent sur la cour du Mai et la cour de la Présidence, et dont la cheminée est ornée d'une pendule de Lepaute et d'un portrait de Louis XV), le parquet des huissiers, la chapelle, la 3^ Chambre (avec pendule de Lepaute et portrait de Louis XIV), le cabinet du secrétaire du procureur général, celui du secrétaire du premier président, le parquet des gens du roi, le cabinet du procureur général, la bibliothèque, le cabinet du greffier en chef, et le dépôt du greffe ;

1. Déjà sous François 1" et sans doute auparavant il y avait un médecin de la Conciergerie ; le Catalogue des actes de François 7" nous a révélé les noms de Louis Braillon (i53i) et de Jean Tagault, décédé avant i546.

2. De ce même sculpteur le Palais possédait un bas-relief en pierre, servant d'imposte à une entrée sur la rue de la BariUerie, et représentant une séance du «Conseil des Dix» qui jurèrent de venger la mort du duc de Guise. Ce morceau dut être enlevé pour être transporté au château de Blois [Moniteur du 28 août 1846) où je l'ai vainement fait chercher,

^ 3. Sur le plan de 1700 (Archives nationales, Ql 1099, n° i, f" 8A),on distingue l'escalier conduisant à la Cour des Aides, entre la Grand'Salle et la salle Dauphine, près de l'entrée de la salle aux Merciers.

et au-dessus, sous les voûtes du dôme et des pièces voisines, à plomb sur la salle aux merciers, et divisée en neuf parties formées par huit cloisons de refend en bois de sapin, la salle des archives.

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