‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 65 sur 123 · Journal de Barbier, II, p · texte numérisé non relu

Journal de Barbier, II, p

2. Voir son testament dans Franklin, Les anciennes bibliothèques de Paris, III, p. 176. Il désira que son clerc fût chargé des fonctions de bibliothécaire et il joignit au legs une rente de 800 livres.

3. T>a.nsV Annuaire de l'Association des anciens secrétaires de la Conférence des avocats (1889), M. F. Herbet a décrit une jolie eau-forte de Gabriel de Saint-Aubin représentant cette bibliothèque en 1776, un jour de conférence.

ments politiques. Lors de la suppression des anciennes juridictions, les livres si amoureusement collectionnés furent mis sous séquestre *. Le décret du 12 juillet 1798 les attribua au Comité de législation, et bientôt on allait y puiser pour constituer les bibliothèques nouvellement créées du Conseil d'État, du Conseil des Cinq Cents et du Tribunal de Cassation.

Leur dispersion ne permit pas de reconstituer la bibliothèque en même temps que l'Ordre des avocats ; mais un généreux donateur, l'avocat Nicolas Ferey, pourvut à son remplacement par un legs comportant des livres nombreux et excellents, avec une rente destinée à les entretenir et à les compléter (1806); la fondation, cette fois au Palais même, fut consacrée par le décret de 1810. L'installation resta longtemps rudimentaire et inconfortable, dans des bâtiments annexes de la Préfecture de Police. A plusieurs reprises, les bâtonniers réclamèrent les livres de l'ancienne collection, notamment ceux qui avaient été attribués à la Cour de Cassation, mais ils se heurtèrent toujours à des refus courtois ou à des fins de non-recevoir. Les incendies de la Commune (187 1) anéantirent d'ailleurs les deux bibliothèques en grande partie, et avec elles les anciennes archives de l'Ordre des avocats-.

La troisième bibliothèque, formée des épaves de la seconde et considérablement enrichie depuis quarante ans ^, installée d'abord d'une façon très insuffisante, dans un couloir étroit conduisant à deux pièces fort exiguës, a trouvé naguère sa

1. L'état qui en fut alors dressé existe aux Archives nationales, D III 891 . — Il y avait à cette époque environ 26000 volumes.

2. Signalons quelques épaves à la Bibliothèque nationale, mss. français 2475-2477 et 10955. __

3. Un catalogue, dû au zèle de M. Alb. Boucuer, a été publié en 1880-

io8 LE PALAIS.

demeure définitivement agrandie, édifiée par Daumet, et dont on admire les excellentes et amples dispositions. Grâce à des legs importants, grâce à un budget généreusement concédé, elle est riche de 60000 volumes. Et c'est un lieu d's'^ile, un terrain neutre où, comme on l'a dit, l'on ne connaît d'autre loi que la confraternité, d'autre supériorité que le talent et l'esprit.

Depuis quelques années, certains avocats, soucieux de la gloire de leurs ancêtres, ont créé, dans une galerie voisine de la bibliothèque, un commencement de musée formé, à l'instar de celui du xviii® siècle, de curiosités et d'œuvres d'art consacrées aux souvenirs de l'Ordre et du Palais. Si la salle de lecture a conservé le portrait de Riparfonds ^ et celui de Marjolin (par Ary Scheffer), si l'on y voit de belles tapisseries des Gobelins données par l'État ^, c'est au musée qu'il faut se rendre pour admirer, à côté des vitrines où se pressent les autographes, les manuscrits de Berryer, les vieilles estampes et les belles reliures, un curieux pastel représentant Berryer père, un très beau buste de l'avocat Gerbier, — sans doute celui que Lemoyne exposa au Salon de 1767, — ceux de Jules Favre (par Barrias), de Marie et de Nicolet, celui de Cresson, Tundes derniers bâtonniers ^ (œuvre de Dalou), et celui de Waldeck-Rousseau (par Berstamm).

1 . Il est reproduit dans le livre intitulé : Le Palais de Justice de Paris (Paris, 1892, in-8), p. iSa, ainsi que le pastel (Berryer) et le buste de Gerbier.

2. Elles sont consacrées à Napoléon I". 11 y en a d'autres qui décorent l'escalier conduisant au musée : l'une d'elles, exécutée d'après un dessin de Yanloo qui l'emprunta lui-même à un motif du Primatice (d'après une aimable communication de M. Herbet), est intéressante.

3. Cf. M. Cresson, La Bibliothèque des Avocats et ses conférences (Paris, 1881, in-8); — et Ernest Cartier, La Bibliothèque des Avocats (Paris, igoS, in-i6).

DESSIN CE 'ACQUES CELLIER EN 1583 (Bibliothèque Nationale)

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