‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 64 sur 123 · Allusion à l'office court de bréviaire, vite récité · texte numérisé non relu

Allusion à l'office court de bréviaire, vite récité

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était envahie par une nuée de gens rapaces et tarés, praticiens de contrebande dont le voisinage était désagréable aux véritables avocats et pouvait nuire à leur réputation : « En nostre Palais y a grand nombre et effrénée multitude de clercs, solliciteurs et autres, la pluspart inexpers de Testât de procureur , lesquels néanmoins tiennent en sale de nostre dit Palais les bancs destinez aux advocats et procureurs ^ »

La présence de ces étrangers eut aussi pour résultat de faire renchérir le prix des bancs, qui valurent jusqu'à 200 écus.

Au xviii° siècle, assure Mercier dans son Tableau de Paris, les procureurs s'étaient fort enrichis et roulaient carrosse ; ils étaient assidûment et publiquement courtisés par certains avocats désireux

d'avoir des causes à plaider et dont la clientèle était rare. Le privilège des avocats fut supprimé en 1792 et rétabli en 1810. Quant aux procureurs, ils furent rétablis sous le nom d'avoués par la loi du 27 ventôse an XIII, et leur Chambre

I. Nous reproduisons, pour donner une idée du costume des avocats venant au Palais à cette époque (vers i58o), le dessin tiré d'un Slammbnchd'étmViAnt allemand, conservé à la bibliothèque de Gassel; cf. Le Bibliographe moderne, II (1898),?. 3/,9-

io6 LE PALAIS.

s'ouvre à rcxtrémité orientale de la Salle des Pas Perdus.

Lorsqu'un Te Deum était chanté dans la Grand'Salle, pour le rétablissement de la santé du roi, ou pour la célébration d'une victoire, les avocats y assistaient en corps, et c'était par un vieil usage qu'on leur réservait un certain nombre de places, quarante environ *.

Le chef élu de l'Ordre des avocats s'est toujours appelé le bâtonnier : ce nom lui vint du bâton de saint Nicolas, patron de l'Ordre, dont il était jadis le dépositaire. L'élection a lieu pour un an; elle se fait au scrutin secret dans la bibliothèque de l'Ordre.

Cette bibliothèque, fondée par l'avocat E. Gabriau de Riparfonds ^, fut d'abord installée à quelque distance du Palais, dans une des salles de l'Archevêché, louée à cet effet et ouverte le 5 mars 1708; quatre ans après, un arrêt du Parlement augmentait d'un cinquième les 20 livres à payer pour droits de chapelle à la réception des avocats et procureurs, et affectait l'emploi de ce revenu à la bibliothèque ; puis ce furent des dons particuliers qui l'enrichirent^. Dans un cabinet voisin, on montrait une série de portraits de jurisconsultes et d'avocats célèbres : Jacques et Omer Talon, Joseph-Omer Joly de Fleury, Jérôme Bignon, Chr. -François Lamoignon, Loysel, Dumoulin, Pithou, Claude Gaultier, Chauvelin, G. Billard, Gilles Bourdin, d'autres encore.

Mais le barreau français subit le contre-coup des événe-

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