Archives nationales, F
^lais si radministration révolutionnaire n'a pas su conserver intact le vieux monument du xiii^ siècle, il s'en fallut de peu que le gouvernement précédent ne se rendît coupable d'un crime à son égard. Un dessin à la plume, rehaussé d'encre de Chine, que possédait A. Bonnardot, et qu'il a décrit \ indique qu'un projet néfaste, avant-coureur d'une transformation absurde, avait germé dans l'esprit d'un architecte des domaines du roi, Couture l'aîné^, en octobre 1788; la légende en était ainsi libellée : a Projet de peron de la Sainte- Chapelle de Paris par où le Roy monte au Palais. » Bonnardot l'a jugé ainsi : {( Il consentait à laisser subsister la forme ogivale des fenêtres (sans doute par nécessité), voire les clochetons des contreforts, se bornant à établir une communication entre les larges frontons qui couronnent les arcs en ogive au moyen d'une balustrade de son goût ; mais il supprimait net les réseaux, les armatures et les vitraux peints de chaque fenêtre, y substituant six rangs superposés de grandes vitres nues et rectilignes ; dans le tympan de chaque ogive dépouillée de ses broderies de dentelle, il établissait un simple cercle que six traverses disposées en rayons reliaient à une bande de bois horizontale, placée à la naissance de l'arc, et convertit l'ensemble de ces splendides verrières en une gigantesque devanture de magasin de modes. »
Le XIX® siècle a été heureusement mieux inspiré. Au Salon de i836, l'architecte Lassus, épris pour l'architecture gothique d'un ardent amour, exposa un travail graphique sur la Sainte- Chapelle qui fut très remarqué et servit de point de départ aux futurs travaux. Séguier, alors premier président de la