Arclùves nationales, L 620, n°' 22 et
3. Bibliothèque nationale, ms. français 11752. — Le devis comprend « le rétablissement du mur du pourtour de l'église sur lequel portera la charpenterie du comble, la charpenterie qu'il convient de faire du comble et clocher, la plomberie pour la couverture du comble, chœur et clocher », par Etienne Doyard, ni" serrurier, Nicolas Messier, m^ maçon, et J. Perrin, m* juré du roi es œuvres de charpenterie. Le sculpteur Philippe Buyster se porta pleige et caution pour le premier des trois.
4. Bibliothèque nationale, ms. française 1 06 5, f°' 199-200. — A partir de Colbert, les ordonnancements de dépenses appartinrent au surintendant des bâtiments, et la direction des travaux aux trésoriers de France.
sumé entièrement; à la place où s'élevait la flèche de Charles YII est établie une grue destinée à monter les matériaux de la nouvelle charpente ; dans un grand dessin anonyme et non daté de la Bibliothèque nationale ^ figure un projet de reconstruction peu réussi, mais l'exécution du nouveau clocher nous est connue par différents documents, notamment par l'estampe de Merian et les vues introduites dans l'ouvrage de Morand'^. Le renflement cylindrique du bas de la flèche, très effilée et terminée par une grande croix au sommet, manquait de grâce et d'esthétique; on avait supprimé, par raison d'économie sans doute, toutes les gargouilles, les figures angéliques ou fantastiques, les statuettes extérieures. Mais la flèche de Louis XIII ne devait pas survivre à l'ancien régime.
Démolition projetée et Restauration. — Dès 1790 on songea à démolir la Sainte-Chapelle, s'il faut en croire cet entrefilet de la Chronique de Paris, à la date du 4 juin : (( Dans ce moment on s'occupe avec activité à arracher le plomb qui couvre la Sainte-Chapelle, et c'est, dit-on, pour la recouvrir à neuf, ce qui ne causera aucun déboursé, parce que la nouvelle couverture étant de moitié moins épaisse que l'ancienne, il y a encore beaucoup à gagner pour celui qui l'a entreprise. Cette réparation est parfaitement inutile, car la Sainte-Chapelle sera sans doute vendue ou démolie, et dans ce cas sa couverture ne vaudra pas la moitié de cequ'efle vaut aujourd'hui. » Les fatales prévisions du journaliste ne se réalisèrent heureusement pas. Mais le monument n'a point été complètement épargné. La couronne, les fleurs de lys et le
1. Cabinet des Estampes (Topographie de Paris, n° 5^66) ; ce dessin mesure iSa cm de long sur 35 de large.
2. Cf. le dessin reproduit dans Hoffbauer, Paris à travers les âges, p. 33
(fig. 35).
monogramme royal qu'on voyait sur la flèche étaient des emblèmes réputés dangereux, « des vestiges honteux de la tyrannie », et comme les échafaudages à élever pour les faire disparaître eussent été trop coûteux, l'architecte municipal Poyet pensa que « le parti le plus sûr était de faire démonter la flèche, en donnant en compte à l'entrepreneur les matériaux qui en proviendraient, en l'astreignant à remplir et à recouvrir le vide que laisserait la flèche 1». Des trois cloches onen conservait une,et l'adjudication eut lieu le 7 août 1 798 ; la démolition devait être achevée dans le délai de six semaines. Presque en même temps le sculpteur Dauj on, qui alors se fit une spécialité singulière de la destruction des signes de féodalité visibles sur les monuments de Paris, reçut le 20 août 1798 mission d'opérer au Palais de Justice et à la Sainte-Chapelle : l'ordre était entièrement exécuté le i3 brumaire an II, et cette inutile besogne coûta 33g livres 10 sous. Ainsi furent supprimées « les fleurs de lis en pierre très dure dans les cannelures des colonnes torses de l'escalier du côté de la Sainte-Chapelle; trente couronnes en pierre très dure sur la tête des dauphins; les armoiries de France avec couronnes, colliers et cordons, au-dessus de la porte de la Sainte-Chapelle ; un petit écusson au pied d'une statue; trois couronnes en pierre sur la tête de trois rois ; une autre couronne sur la tête d'une vierge, en pierre très dure; quarante-deux couronnes sur la boiserie dans l'intérieur de la chapelle, proprement pour ne pas gâter la boiserie; cent dix fleurs de lis à la porte de la sacristie et au devant d'autel ; des fleurs de lis au sceptre de la statue de la Loi qui est placée dans une niche, sur un escalier, au haut du grand perron en face^ ».