LA TOUR DE L'HORLOGE
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11 était d'antique usage de célébrer, après la mort du roi, de la reine et des enfants de France, un service solennel, avec tentures et catafalque, à la Sainte-Chapelle; nous savons du moins qu'il en fut ainsi depuis le règne de Louis XI jusqu'à la mort de Louis XV. Pour le service de Louis XIV on fit les choses avec plus de pompe encore que d'habitude, et Massillon prononça l'oraison funèbre (17 décembre 1715); la décoration intérieure du monument avait été confiée au célèbre Bérain ; un superbe catafalque représentant les vertus du monarque décédé était dressé au milieu de la nef, des flambeaux d'argent en grande quantité étaient placés sur les gradins; le grand autel était magnifiquement paré, et deux échafauds en forme de tribune disposés au-dessus de la porte pour recevoir les gens du dehors, d'une part, et d'autre la musique de la Sainte-Chapelle renforcée d'une douzaine de musiciens extraordinaires*.
Si le maître de musique pouvait ainsi augmenter le nombre de ses enfants de chœur dans les circonstances les plus imposantes, par contre il était exceptionnellement autorisé à les conduire dans une autre église à certains jours de fête, à condition que ce fût à d'autres heures que celles des offices de la Sainte-Chapelle. Le recrutement et la discipline de ces enfants de chœur avaient une grande importance; on choisissait toujours des sujets instruits et sérieux, qu'on éliminait quand ils commençaient à prendre de l'âge en leur accordant quelque bénéfice, et qu'on ne craignait pas de chasser en cas de mauvaise conduite ; ils étaient entretenus et habillés aux frais du roi, qui leur attribuait facilement des bourses ; au xvii*^ siècle,
I. Archives nationales, LL Gii, f" 167. -^ Au contraire, pour le service de la reine Marie-Thérèse d'Autriche (5 août iG83j, la musique avait pris place dans la nef {Idem, LL GoG, f° ii4 v").
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leur entretien coûtait lo ooo livres et ils avaient deux domestiques pour les servir ^ . Leurs maîtres sont connus pour la plupart, et on peut en dresser une liste approximativement complète à partir du règne de Louis XII '^.
On n'enseignait pas seulement la musique à ces enfants, mais encore les belles-lettres sous le nom g-énérique de grammaire. Et la liste de ces autres maîtres peut être établie aussi pour la môme période^.
Les différents maîtres étaient choisis par le trésorier. La maison de la maîtrise était située rue de Jérusalem, u près de la caserne* ». Lorsque la Sainte-Chapelle fut suppri-
1. Mémoires du duc de Luynes, édit. Soulié-Dussieux, XIII, p. 37.
2. En iBog. François Du val, suppléé par Dreux Prieur; — i528. Pierre Vermont l'aîné; — i532. Claude de Sermisy; — 1566. Pierre Certon; — 1572. Jean Bareau, chassé en raison des mauvais traitements qu'il infligeait aux enfants; — 1576. Etienne Testart; — i585. Jean Gillotteau; — iBg^- Jacques Renvoisé, suppléé par Etienne Le Roy; — 1609. Antoine Blésinart; — 1628. Nicolas Gougelet, qui fut précédemment maître de grammaire; — i63i. Jean de Bournon ville ; — i632. Guillaume Le Blanc, remplacé pour cause de maladie; — iGSg. Arthur Auxcousteaux ; — i65o. Eustache Gehenault ; — 1676. N. Ouvrard; — iSSa. Fr. Chaperon; — 1698. Marc-Antoine Charpentier; — 1704. Nicolas Bernier ; — 1726. François de La Croix; — 1745. Abel-Antoine Fanton ; — 1757- N. Breval; — 1758. François-Robert Doriot, encore en fonctions en 1791.
3. En i5o8. Nicolas Dubois; — iSog. Jean Du Mesnil ; — îBaS. Jean Rougnon; — i54o. Simon Giroult ; — 1673. LouisLudet; — iBgo. Antoine Morin; — 161 1. Nicolas Gougelet; — 161 3. Jacques Du Moustier; — iG34. Daniel Alexandre; — 1G71. François Cyreult; — i68i. Jean-Baptiste Arouet; — 168G. Pierre Pradel ; — 1G89. Nicolas Gometz; — V. 1G94. N. Lallemant; — 1696. André Convers; — 1726. Jean Chevalier; — 17/io. N. Le Blanc; — 1742, François Le Rommier ; — 1763. Guillaume- Antoine Le Monnier; — 1771- Jean-Nicolas Frechon ; — 1780. Jean-François Vavasseur; — 1781. Jean-Nicolas Frechon.
4. On possède un état du mobilier de la maîtrise de la Sainte-Chapelle, confiée aux soins du maître de musique, l'abbé de La Croix, à la date du G septembre 1743 [Archives nationales, L G30, n° 29). Indépendamment des ustensiles de cuisine, des chambres des deux maîtres et des élèves, de l'infirmerie
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méeS un procès- verbal d'apposition de scellés eut lieu le 2 2 novembre 1790, et on y annexa un état du personnel, réduit à peu de chose : douze chapelains, dont deux signalés comme malades, et sept clercs ^. Décharge définitive fut donnée à l'abbé Doriot le 16 juillet 1791.
Il ne sera peut-être pas sans intérêt d'indiquer les principales cérémonies qui se déroulèrent à la Sainte-Chapelle, au cours des siècles. L'un des premiers événements à signaler est le couronnement de Marie de Brabant, deuxième femme de Philippe III, en 1276^. Matthieu de Paris raconte la visite en 1254 de Henri III d'Angleterre*; puis, c'est le mariage de Marguerite de Brabant, nièce du roi, avec l'empereur Henri YII (juin 1292); le couronnement de Marie de Luxembourg, deuxième femme de Charles IV (i323) et celui de Jeanne d'Évreux, sa troisième femme (i326); le sacre d'Isabeau de Bavière (août 1389); la visite du roi d'Angleterre Henri YI en novembre i43i et celle de Charles VII le i3 novembre 1437. Les Grandes Chroniques relatent la cérémonie du sacre de
et du réfectoire, nous y trouvons la liste des livres alors en usage, et il peut paraître curieux de la publier : « Deux dictionnaires français intitulés Apparat royal; un dictionnaire françois de Joubert; deux dictionnaires latins intitulés Dictionnarium universale ; un dictionnaire latin de Dancs ; deux rudiments ; deux abrégés de la Nouvelle méthode à l'usage des commençants ; quatre catéchismes ; quatre immi ta tions latines ; quatre nouveaux testaments latins ; quatre recueils d'Êpitres de Cicéron ; quatre livres d'Évangiles pour les dimanches et festes ; quatre Virgiles ; quatre livres des fables de Phèdre ; un livre d'Alleluya; un livre de Versets. »
1. L'arrêt du Conseil du 11 mars 1787 avait déjà supprimé les chapitres ou collèges des Saintes-Chapelles et dépouillé celle de Paris des privilèges et droits inhérents, Le trésorier et les chanoines protestèrent vainement (Archives nationales, O^ Go']). Le décret de l'Assemblée nationale du l\ novembre 1789 et la Constitution civile du clergé suivirent de près,