‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 86 sur 123 · L'HORLOGE · texte numérisé non relu

L'HORLOGE

NOTICE HISTORIQUE. i45

Les Reliques. — Un chroniqueur* raconte que plusieurs successeurs de Louis IX avaient pris l'habitude de montrer tous les ans au peuple, solennellement, la vraie Croix, le vendredi saint. Et pendant toute la semaine sainte, des enfants étaient autorisés à quêter, près des reliques, en faveur des prisonniers de la Conciergerie, du Grand Châtelet et du For-l'Évêque 2.

On peut dénombrer avec certitude les reliques qui furent conservées à la Sainte-Chapelle pendant plus de cinq siècles^ : la sainte Couronne d'épines*, provenant du Bucoléon, dont l'arrivée à Paris date de 1239, et qui existe encore dans le trésor de Notre-Dame de Paris''; — un grand morceau de la vraie Croix (même origine), dont le reliquaire seul a été conservé (même trésor), la sainte Lance et la sainte Éponge (disparues en t8o4), le manteau de pourpre, détruit en 1792, et le saint Sang (trésor de Notre-Dame) : tous ces objets provenant du Bucoléon et transmis en 1241 ^ ; — puis une quantité d'autres souvenirs des lieux saints, disparus pour la plupart, et provenant de Sainte-Sophie de Constantinople, du Bucoléon ou d'autres églises et couvents, dont voici, d'après Rianf, la nomenclature : les « Drappeaux d'enfance », un petit

1. Le Nais de Tillemont, Vie de saint Louis, édit. de Gaulle, II, p. Iti'j.

2. Pour ces derniers, l'autorisation fut donnée en mars iGi4 {Archives nationales, LL 5go, f" ikg).

3. G'* Riant, Exiivise sacrée Constantinopolitanœ , II, pp. 2/;i-258.

II. Sur la translation de la Couronne d'épines, voir A. Longnon, Notes sur l'iconographie de saint Louis (Paris, i884, in-8), pi. x.

5. Cf. GossELiN, Notice sur la sainte Couronne d'épines (Paris, 1828, in-8),

6. Mémoires de la Société des antiquaires de France, XXXVI (1876) pp. 180-185.

7. La translation de ces reliques a fait l'objet d'une relation de Gérard, moine de l'abbaye de Saint-Quentin-en-l'Isle (Bibliothèque nationale, ms. nouv, acquis, latines 1420, f" 172); elle a été publiée dans le Journal des

UG LA SAINTE-CHAPELLE

morceau de la vraie Croix, le saint Sang de Béryte, le « Carcan », la sainte Toëlle, un fragment de la pierre de Sépulcre, le Lait de la Vierge, un fragment du saint Suaire, le Linge du lavement des pieds, la Verge de Moïse, l'Occiput de saint Jean-Baptiste, les chefs de saint Clément et de saint Siméon, le Titre de la Croix, un fragment du Roseau, la Croix triomphale, le Manteau de la Vierge, le Sceptre romain [transformé en hâton cantoral] et le Grand Camée : de tout cela il ne subsiste que le fragment du Sépulcre et les deux derniers objets, œuvres d'art de haute valeur qui ont été déposés au Cabinet des Médailles (Bibliothèque nationale).

Depuis la fondation, les clefs de la grande châsse étaient gardées par le roi lui-même, qui déléguait à leur conservation un de ses principaux officiers. Lorsque Charles VIII partit pour l'expédition de Naples*, il les confia à Florimond Robertet; le i8 mars i534 ^ seulement, François P''en donna décharge à la veuve de ce dernier, MichelleGaillart^, et le même jour François de Montmorency en fut à son tour dépositaire, avec ordre de procéder à l'inventaire de son contenu*. En 1689, lors de la mort violente de Henri III, on le trouva porteur desdites clefs. Aussitôt, par mesure de précaution, on remplaça en août iSSg les deux cadenas de la grande châsse.

Savants, 1878, p. 296, et clans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, XXXIX (1878), p. /,o8.

1. Sur la grande châsse à la fin du xv° siècle, voir le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, XXXI (1904), p. 189.

2. Morand, p. 21 G, donne la fausse date de i523 (i52/i nouv. style).

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