Archives nationales, P 2806, p. io
4. Félibien-Lobineau, III, p. liig. — Le i»' février i535, le trésorier de l'Épargne remit au payeur des œuvres du roi à Paris, Pierre Gronneau, 200 livres pour faire réparer les châsses des saintes reliques {Catalogue des actes de François /«■", III, n° 75o3).
Sans doute à la suite d'autres incidents dont on a perdu la trace, le trésorier de la Sainte-Chapelle présenta au roi un mémoire tendant à demander que les clefs des deux volets de la châsse lui fussent remises et que, suivant l'usage, le roi gardât celle de la grille renfermée dans ladite châsse; et en même temps il sollicita l'avis du premier président de la Chambre des Comptes, dans le cas où celui-ci aurait eu à ce sujet quelques prétentions à formuler^.
De très bonne heure, les rois aliénèrent des parties des saintes reliques : Louis IX, le premier, fait don à l'archevêque de Tolède, en 1248, de quelques fragments (une épine de la sainte Couronne, une parcelle de suaire, de la robe de pourpre du Christ, du bois de la Croix, etc.); et son médecin, quelques années après, reçoit semblable cadeau. Puis ce sont les Mathurins de Paris, les frères mineurs de Sées, l'évêque de Vicence, l'abbaye du Mont-Saint-Éloi, l'abbaye de Saint- Maurice d'Agaune, les frères prêcheurs de Barcelone et ceux de Liège, pour ne citer que les plus anciens en date. Philippe VI invite les gens des comptes à rayer de l'inventaire des reliques un joyau connu sous le nom de « camaïeu » qu'il a offert au pape ; Charles V octroie un fragment du bois de la Croix à son frère le duc de Berri.
En présence de la reine mère, du cardinal de Guise et du premier président de la Chambre des Comptes, on retira du reliquaire de la couronne d'épines, par ordre exprès du roi, en 1576, cinq gros rubis balais, évalués alors au total à 260000 écus, qui furent engagés en nantissement des sommes prêtées pour les nécessités de l'État^. Au mois de