Archives nationales, H
i64 LE PALAIS.
Le Faucheur en 1738-1762 *: enfin son fils Jean-Ignace en 1 762-1 792 ^ : l'avant-dernier fut l'auteur d'un projet d'embellissement de la tour, sur la façade septentrionale, qui n'a pas été exécutée L'autre façade, sur la rue de la Barillerie, avait au contraire reçu une artistique décoration dès le XV® siècle.
En 1472, Philippe Brille touche une somme assez rondelette pour avoir peint et doré u la table du carré du cadran de l'horloge avec les quatre évangélistes qui sont autour*». Mais c'est surtout sous le règne de Henri III qu'une réfection fut ordonnée, dont on confia la direction à Germain Pilon. Le cadran fut historié et colorié; le sculpteur l'agrémenta de deux grandes figures allégoriques représentant la Loi et la Justice ; on y plaça les armoiries de Henri III et de Catherine de Médicis dans un médaillon entouré du collier de l'ordre du Saint-Esprit et soutenu par deux anges ; on y peignit, au-dessous du cadran, ce distique :
Machina quœ bis sex tam juste dividit horas, Justitiam servare monet legesque tueri,
et une plaque posée au-dessus du même cadran contient une autre inscription qui fait allusion aux deux couronnes de France et de Pologne sur la tête du roi : Qui dédit ante daas Iri-
1. Archives nationales, E ahoo, n* 169; Bibliothèque de la ville de Paris, ms. nouv. acq. 181, f° m.
2. Archives dép, de la Seine, Domaines (carton 4oo). Jean-Ignace Le Faucheur prétendait avoir trouvé l'horloge en fort mauvais état et avoir dépensé 26000 livres en réparations et dispositions nouvelles; en 1792 il proteste contre le loyer qu'on veut lui imposer.
3. Ce projet comportait un cadran solaire surmonté d'un buste, avec cette inscription : Temps vray.
U. Sauval, III, p. /jo;.
NOTICE DESCRIPTIVE. i65
plicem dabit ille coronam. Ces textes ont pour auteur Jean Passerat. La date (i585) se lit sur le haut de l'auvent, refait à la même époque.
En i685, nouvelle restauration; en 1798, le cadran fut mis en pièces en raison des emblèmes qui y étaient représentés, le métal delà cloche converti en monnaie, et les vues de la tour qui appartiennent à une époque postérieure témoignent de l'absence d'horloge et d'auvent. Les fondations et le gros œuvre furent repris en i843, la toiture et le couronnement refaits en 1848 ^ et le lanternon polygonal a été rétabli sur le modèle du clocher de l'ancienne chapelle du collège de Lisieux (de la rue Jean-de-Beauvais) ; il s'élève sur une base percée de trèfles, est orné sur chaque face d'arcades à ogives trilobées, et coiffé d'un toit conique couvert en plomb, à dessins chevronnés, portant au sommet un épi de clochettes épanouies, et en pointe une girouette. A cette époque on y a placé une cloche^ fondue par les Cavillier, mesurant i m. 475 de diamètre et pesant i 484 kilogrammes^ ; elle porte les noms des membres du Gouvernement provisoire*. Flandrin et
1. En même temps on rétablit la grille entourant le corps de garde, qui avait été démolie pendant les journées de février. — M. Hartmann possède dans sa collection une jolie aquarelle de Gudin (v. 1828) qui représente la tour de l'Horloge vue du côté du pont.
2. L'ancienne cloche, dite cloche d'argent, fondue par Jean Jouvente en iSyi, était extérieure, elle ne carillonnait que dans les grandes circonstances, par exemple pour l'élection du duc d'Anjou au trône de Pologne (iSyS), pour la naissance du Dauphin (160 1), du duc d'Orléans (1607), du duc d'Anjou (1608). Sous prétexte qu'elle avait servi à donner le signal de la Saint-Barthélémy, ce qui a été reconnu faux, on décida sa destruction en août 1792. Lorsqu'en 1609 on commanda une cloche à Antoine Le Moine pour l'Hôtel de Ville, elle dut être « de la même armonie et bonr^nétal que la cloche du Palais et un ton plus bas » [Registres du bureau, de la Ville, XIV, p. 827).