Elle mesure 74 mètres de long sur :^2 m. 76 de large
bâtiment, sous le règne de Napoléon III, empereur des Français, l'an i853, le Tribunal civil de la Seine fut inauguré, M. Debelleyme étant Président. » A titre d'ornementation, on a placé sur des gaines plaquées contre le mur les bustes modernes et sans intérêt de personnages célèbres dans la magistrature parisienne : Le Camus, d'Argouges de Fleury, Angran d'AUeray, Berthereau, Try et Moreau. Non loin de là, dans le cabinet du président du Tribunal, des portraits des anciens présidents depuis l'an VIII, Berthereau, Jean Moreau, Try, Debelleyme (par Jalabert), Benoit-Ghampy (par Mlle Marandon de Montyel) et Aubépin (par Dinet) ; dans la même pièce on peut remarquer un beau bureau Louis XV, une pendule (xviii° siècle) d'Antoine Godin, et deux flambeaux de bronze doré aux armes d'un duc d'Orléans.
A l'angle nord-ouest, la première chambre du Tribunal occupe l'emplacement de l'ancienne Grand' Chambre ou Chambre dorée, et pour ses dépendances on a utilisé les deux grosses tours rondes du quai de l'Horloge. Les grands arcs tracés sur les murs latéraux rappellent ceux qui recouvraient autrefois tout le plafond de cette salle et se terminaient par des culs-de-lampe. Decette pièce, qui a joué un rôle considérable dans l'histoire du Palais, on peut louer l'harmonieuse et luxueuse décoration, rétablie par Duc, puis par Daumet,dans l'esprit de celle qui avait été exécutée en i5o2, d'après les ordres de Louis XII, à l'occasion de son second mariage, par fra Giovanni Giocondo. Les boiseries du plafond à nervures surbaissées, rehaussées de bleu et d'or et' complétées par des pendentifs, produisent un très bel effet; les murs sont tendus d'étoffes bleues qu'encadrent des boiseries dejbon style ; dans les arcatures qui dominent l'entablement, sont représentés des enfants, des centaures, des dauphins et des sirènes alter-
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nant avec des écussons fleurdelisés et des porcs-épics couronnés; au fond, le mur était recouvert d'une peinture d'Ëlie Delaunay : le Christ accompagné par deux saints personnages, qu'on a naguère enlevée. C'est là qu'était placé, sous l'ancien régime, le tableau du Parlement aujourd'hui transféré au Musée du Louvre.
Toutes les chambres du Tribunal ^ ainsi que la partie réservée aux avocats et aux magistrats, sont élevées sur les parties primitives du Palais. Malheureusement jUes sont généralement sombres ; l'ancienne Grand'Chambre elle-même est très mal éclairée ; les couloirs et les escaliers présentent un enchevêtrement peu digne de l'importance du lieu. Le vieil escalier qui faisait communiquer la Grand'Chambre avec l'étage inférieur (Grand'Salle) existe encore, mais il a été muré.
Cour d'Appel ^. — Un escalier y conduit de la galerie Marchande; une niche ofl*re une statue de la a Loi », par Gois. Toute cette partie du Palais appartient au règne de Louis XVI et prend jour sur la cour de la Sainte-Chapelle, où l'on distingue encore, échappé à l'incendie de 1776, un beau morceau de façade comprenant quatre fenêtres à chaque étage, avec traces d'un semis de fleurs de lys ; c'est un coin conservé par miracle, qui peut remonter à la fin du règne de Henri IV. La façade occidentale de cette cour, qui a succédé à celle que fit élever Louis XII et à celle dont Gabriel dota le Palais après l'incendie de 1787, est l'œuvre entière de Daumet, qui a reçu également mission d'aménager les dispositions intérieures des
1. La 7* chambre, à gauche de la salle des Pas-Perdus, est destinée à disparaître, et l'ancien escalier doit être reconstruit.
2. Rétablie par décret du 2 décembre 1810 et réinstallée le 2 janvier i8n.