Joule et jeu de l'oie
La féte commença pour le peuple vers les trois heures après midi, par une joute sur la Seine. Deux escadres de matelots, distingués par leurs couleurs, et montés sur de petits bateaux peints j^alaiiutant , donnèrent ce spectacle, auquel ils ajoutèrent le jeu de l'oie, qui ne finit que vers la brune, quelque temps avant le feu d^artiûce.
'1. Feu d'artifice.
Après les jeux de la joute et deToie, qui divertirent beau-
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coup» ODoe pensa qu*au feu d'artifice, dont la décoration et rexécution enlevèrent tous les suffrages.
Décoration du Jeu tfartifire.
Un trait de la Fable avait Ibunii le sujet de la décoration.
' « Le serpent Python , monstre né du limon que le déluge
de Deuralioti avait laissé sur la terre, infectait la Grèce de son souftie empoisoniH'j Apollon vint au secours de cette contrée , qui lui était chère : il combattit ie monstre et en délivra la Grèce. La victoire et le bienfait du dieu fureut célébrés par les jeux Pythiens, cjui ne furent institués que pour en éterniser la mémoire. >»
Le rapport de la Fable au sujet de la féte ne pouvait être plus juste; aussi les plus ignorants la comprirent, et les plus spirituels en furent charmés, sans en être surpris.
Cet événement , si bien rendu par le génie poétique d'Ovide, a été, j'ose le dire, plus merveilleusement encore ex> primé par la décoration.
Segniùs irritant animos demism per aartm Qmm quœ sont oeulis subjeeta fidelibuSf et qiue Ipsesilri tmdit^ctatdr
Uoa. Art,poét.^ v. ido.
La rivière, imai^e naturelle des restes du déluge, était le lieu de la scène; sur Tun de ses bords (du côté de Paris) s'é*» levait, en face du château, une décoration simple, mais naturelle, représentant une chaîne de rochers. Au pied paraissait un énorme serpent. A mi-côte, la Grèce* figurée par une femme couronnée de tours , dans une attitude qui exprimait à la fois sa terreur et sa couiiance, tendait les mains
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suppliantes vers le ciel. De l'autre càté^ en regard, deux fleuves , appuyés sur des urnes vides , témoignaient partager
son effroi; ils semblaient suspendre de conctiL le cours de leurs eaux pour les dérober à la eonta^'iuii universelle. Audessus de la plus haute montagne , le dieu tutélaure du pays était debout sur uo groupe de nuées. Au carquois et à l'arc qu'il tenait en ses mains» on reconnaissait Apollon.
Ce spectacle 9 vraiment intéressant , parce qu'il rendait au naturel Fétat où la France venait de se trouver, par la maladie du 61s unique de son roi, et le bienfait signalé du ciel qui venait de délivrer du monstre au souffle empoisonné le peuple français, en la personne de ce prince, ce .spectacle, dis-je, paraissait n'être réservé que pour le jour; la nuit devait , ce semble, Téclipser; mais le génie qui présida à toute la fête sut tirer parti de robscorité même, et an milieu (lu fracas de l'artifice» l'allégorie se soutint aussi heureusement qu'elle avait brillé dans la décoration. Le feu et l'eau semblèrent se prêter à l'allusion , et l'on peut assurer que ce fut un chef-d'œuvre de 1 exécution.
Uxccutiou du Jt a d'artifice.
Après quelques boites, prélude ordinaire, le lit de la rivière parut s'enflammer des vapeurs sulfureuses que le serpent exhalait. Elles sortaient, comme autant de fournaises , île >>es yeux, de ses narines et de sa gueule, tantôt en feux ctincelants, tantôt en tourbillons de fumée; alors, du haut delà montagne, Apollon perça le nuage qui l'environnait, et lança contre le monstre une grêle de flèches embrasées. Aussitôt les deux fleuves , comme s'ils n'eussent attendu que ce signal , s'unirent à Apollon , et versèrent de leurs urnes des torrents de flammes, qui, pénétrant jusqu'au sein des ruchers, ouvrirent une issue aux volcans qu'ils renfermaieut.
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£nliu le monstrvï parut succomber, et vomir, en expirant, le reste du venin dont ses flancs «'taieiit remplis.
La victoire de ce dieu tut iii.ii(|iu'e par des fanfa? « s que les échos répctèrcni. Au bruit des timbales et des trompettes » siiccikla un moment d'inuction et de silence^ premier mou» vementde l'admiration et de la reconnaissance de la Grèce pour un bienfait tout à la fois et si grand et si inattendu. Tout à coup un soleil plus pur embrasa Thorizon d'une clarté prodigieuse et rembellît encore par le jet d'une girande (|Qt (it cclore des niilliuus de serpenteaux et d'étoiles qui effacèrent l eciat de la lune, qui brillait dans toute sa beauté.