‹ Le Palais de Saint-CloudChapitre 42 sur 56 · IV. Danse · texte numérisé non relu

IV. Danse

Gomme la salle où l'on avait dressé la table devait servir au bal y sitôt que le souper fut fini, on se hâta de desservir: alors Ton ouvrit les deux grands salons qui font communiquer de la serre à la galerie de Mignard , et ces quatre pièces

n'en forin«iieiit qu'nne de soixante-dix-hiiit toises, laquelle se trouva éclairée dans toute la longueur par cinq grandes nies de lumières, que multipliait à l'intini le cristal des lustres et des girandoles de six pieds de haut, qui les portaient avec symétrie. Alors on ouvrit les portes à tous les masques. Quand on entra dans cette salle , quelque prévenu que l*on f&t de la magnificence du prince qui en avait ordonné l'apprêt, on ne put sVmpêclier de s'écrier à la vue de tant de beautés réunies : on se crut transporté dans un de ces lieux enchantés que l'imagination seule ajusqu'ici le privilège d'imaginer pour décrire les palais des fées.

A l'exception d'une partie de la galerie de Migoard, qui était réservée pour le jeu » et oà s^établirentles personnes de la première distinction , qui ne voulaient prendre part au bal que par intervalles, tout le reste de la salle fut rempli par les masques, et qnelqin' ui hkI. (in'elle fût, elle ne put suffire au prodij^ieux nombre de ceux que la cnriosite avait attirés; mais cet inconvénient fut compensé par un avantage dont on a peu d'exemples. La cour et les jardins, où il s'était formé différentes salles d'assemblées, devinrent comme des

entrepôts d*où sortaient successivement de nouvdles bandes de masques qui remplissaient la salle de bal, à mesure que se

retiraient ceux qui étaient entrés les premiers. Cette succès-

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sioD presque continuelle de différentes compagnies qui se relevaient, ne put épuiser ni les rafraîchissements de toute espèce qu'on eut soin de renouveler sans cesse sur tes bulTets,

ni l'attenlion des ofiiciers chargés de ce détail. La musique était d*ailleurs des mieux composées. On n'y eut d'antre peine que celle de quitter uuaussi brillant séjour. Le bal linit cependant à sept heures et demiedu matin. -*

SPRCTACLKS

Pour LL, ÀÂ. SS.

Me trompé-je ? f oui un prince et une princesse aussi distingues par leur amour pour riiumatiiié que parleur noblesse, ne fiit-ce |NIS un spectacle bieu flatteur que ce concours prodigieux d*un peuple de tout -âge, de tout sexe, de toute condition, et même de toute nation, qui vint prendre part à la fête qu'ils lui avaient préparée ? Et certes il était bien digne d'un premier prince du sang et de son épouse , ce spectacle de la capitale même, sortant de ses murailles, pour être témoin de leui* magnificence vraiment royale.

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