CHAPITRE V. ^St
à In rabaisser, à Tavilir dans ropinion des peuples, et à lui créer partout des embarras et des résistances.
Son art consistei non pas à su|>sduier à une trop ladle soumission d'esprit ûne sage liberté d*examen, maïs à rédoire en problèmes les vérités les plus positives; non pas à provoquer sur les questions politiques une controverse franche et utile, mais à ies présenter sù us au faux. jour et à les résoudre par des sophisiues.
La presse a jeté ainsi le désordre dans ies intelligences les plus droites, ébranlé les convictions les plus fermes , et produit, au milieu de la société , une confusion de principes qni se prête itux tentatives les plus funestes. C'est par Tanardiie dans les doctrines qu'elle prélude à Tanarchie dans l'État
Il est digne de remarque, Sire, que la presse périodique n'a pas même rempli sa plus essentielle condition, celle de la publicité. Ce qui est étrange, mais ce qui est vrai à dire , c'est qu*il n'y a pas de publicité en France , en prenant ce mot dans juste et rigoureuse acception. Dans Tétat de choses» les faits I quand ils ne sont pas entièrement supposés, ne parviennent à la connaissance de plusieurs millions de lecteurs, que tronqués, défigurés, mutilés de la manière la plus odieuse. Un épais nuage, élevé pai les journaux , dérobe la vérité, et intercepte eu quelque sorte la lumière entre le gouvernement et le peuple. Les rois, vos prédécesseurs^ ont toujours aimé à se communiquer à leurs sujets : c'est une sa* tisfaction-dont ^ presse n*a pas voulu ^e Votre Uajesté pût jouir.
Une licence qui a franchi toutes tes bornes n'a respecté,
en effet, même dans les occasions les plus solennelles , ni les volontés expresses du roi, ni les paK^lc» descendues du haut du troue. Les unes ont été méconnues et dénaturées, les antres ont été Tobjet de perfides commentaires on d^améres
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dérisions. C'est ainsi (jae le dernier acte de la puissance royale I la proclamatton, a été discrédité dans le pubKc, avant même d*élre connu des électeurs.
Ce n'est pas tout. La presse neiend pas moins qu'à subjuguer la souveiaineté et à envahir les pouvoirs de l'État. Organe prétendu de l'opinion publique, elle aspire à diriger les débats des deux chambres , et il est incontestable qu'elle y apporte le poids d'une influence non moins fâcheuse que décisive. Cette domination a pris , surtout depuis denx on trois ans» dans la chambre des députes, un caractère manifeste d'oppression et de tyrannie. On a vu'dans cet intervalle de temps, les journaux poursuivre de leurs insultes et de leurs outrai^cs les meuibros dont le vote leur paraissait incertain ou suspect. Trop souvent, Sire, la liberté des délibérations dans cette chambre a succombé sous les coups redoublés de la presse.
On ne peut qualifler en termes moins sévères la conduite des journaux de Topposition dans des circonstances plus récentes. Après avoir eux-mêmes provoqué une adresse attentatoire aux prérogatives du trône, ils n'ont pas craint d'ériger en principe la réélection des aai députes dont elle est l'ouvrage. £t cependant Votre Majesté avait repoussé cette adresse comme offensante; elle avait porté un blAme public sur le refus de concours qui y était exprimé; elle avait annoncé sa résolution immuable de défendre les droits de sa couronne si ouvertement compromis. Les feuilles périodiques n'en ont tenu compte; elles ont pris, au contraire» à tâche de renouveler, de perpétuer et d'aggraver l'ofFense. Votre Majesté décidera si cette attaque téméraire doit rester plus longtemps impunie.
Mais, de tous les excès de la presse» le plus grave peutêtre nons reste à signaler. Dès les premiers temps de cette
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