MONUMENT RENFERMANT LE COEUR DE HENRI III
Estampe Bib. nationale.
tueuses, d'un caractère barbare effroyable éclataient sur toutes les places de Paris pendant que le deuil régnait à Saint-Cloud.
Henri de Navarre, le \ août, a juré de l'evenir à la religion catholique et a été reconnu roi par « les princes du sang, ducs, officiers de la couronne, seigneurs et gentilshommes présents ».
François de Luxembourg, duc de Piney, est parti pour Rome pour annoncer
la nouvelle au souverain pontife. Le nouveau roi de France allait avoir à conquérir son royaume, puisque la Ligue restait armée ; il avait à gagner ses ennemis d'hier, à ramener à lui les grands seigneurs dissidents. Au prix de quels efforts et de quelles largesses — gouvernements, domaines, faveurs de toutes sortes — il parvint à son but ; comment il se fit sacrer par la victoire aux champs d'Arqués et d'Ivry, comment il assiégea Paris, abjura à Saint-Denis, comment enfin il put entrer dans la capitale livrée par Brissac, nous n'avons pas à le redire ici. " .
Tout en préparant une nouvelle campagne pour réduire Mayenne qui avait refusé de faire sa soumission, Henri IV s'est occupé des funérailles de Henri de Valois. Un service solennel est célébré en l'église collégiale de Saint-Cloud par les aumôniers du feu roi réunis aux chanoines, et une oraison funèbre est prononcée à la tète du camp. Puis l'armée s'achemine du côté de Poissy. De là, Henri IV se rend à Compiègne où il dépose le corps de son prédécesseur en l'abbaye de Sainte-Cornille pour y demeurer jusqu'à ce que les temps moins troublés lui permettent de l'inhumer à Saint-Denis dans le tombeau des rois (suivant Péréfixe, Henri III ne fut enterré à Saint-Denis que huit jours avant Henri IV).
Henri 111 avait inspiré de vrais dévouements à quelques-uns de ses serviteurs L'un d'eux, Charles Benoise, secrétaire du cabinet, par un monument élevé à ses frais attesta sa reconnaissance. Il fit enterrer les entrailles de son maître en un lieu secret de l'église de Saint-Cloud et, plus tard, en 1594, à la fin des troubles, il fit élever à ses dépens au milieu de la chapelle de Saint-Michel, dans le chœur, une colonne torse de marbre rouge au haut de laquelle fut placé le cœur de Henri IH. On y lisait cette inscription en lettres d'or : Adsïa, viator, ET DOLE RiîGUM vicEM... (L'Estoilc et Piganiol). Suivant l'abbé Lebeuf le cœur de Henri III aurait été enterré dans un petit enclos de l'église, et ce ne serait pas Benoise, mais le ducd'Épernon qui aurait érigé ce monument de reconnaissance à son maître. Cette colonne fut transportée à Saint-Denis où elle est encore.