CHAPITRE XVIII
ce comme les premiers, en bains chauds et en « bains tièdes, les bains froids étant inutiles « l’hiver. Lorsqu’on se sert de ce local , on « entretient dans les corridors et les pièces « de service une douce température, au moyen « de tuyaux de chaleur. » Ces bains , comme ceux d’été, sont ornés de peintures gracieuses (i), de statues (2), de lampes de bronze, et de vases en argent et en terre cuite dorée (3). Rien 11’égale l’élégance de toutes ces décorations.
Nous étions déjà arrivés dans la première cour, et nous regardions quelques jeunes gens folâtrer, nager , plonger dans le baptisterium , lorsque nous aperçûmes Scaurus porté sur une litière (4), et enveloppé dans un manteau de laine pourpre à long poil (5). Nous suivîmes au son des flûtes (6) la foule des convives, et nous nous acheminâmes vers le Triclinium,
(1) Se ne c. y epist. 86.
(2) Ibid.
(3) Petron. satyric . , cap . 17.
(4) Ibid. cap. 9.
(5) Ibid.
(6) Ibid.
Sous les portiques du péristyle, nous vîmes plusieurs troupes d’esclaves qui se livraient à différentes sortes d’exercices, devant des maîtres préposés à cet effet (i). Ils vinrent saluer leur patron , en disant : Portez-vous bien ; ou y Salut à Scaurus (2). Je fus si surpris de leur nombre, que je témoignai mon étonnement à Chrysippe : ce que vous voyez là n’est que la moindre partie de ses serviteurs ; l’autre jour, son intendant me montra le rôle des esclaves attachés à son service particulier dans ses différentes maisons de ville et de campagne; ils sont divisés en décuries (3), et s’élèvent au nombre de quatre mille cent seize personnes (4) , sans compter ceux qui travaillent la terre, ou qui gardent ses immenses troupeaux; ceux-ci ne doivent certainement pas être en moins grand nombre que les esclaves domestiques , car Scaurus possède des terres considérables , labourées par trois mille six
(1) Petron. satyric ., cap. 9.
(2) Ibid., cap. 17.
(3) Ibid., cap. 14.
(4) Plin., lib. XXXIII, cap. 10.