CHAPITRE II
*< nous ont vengés de la servitude en subju- « guant nos vainqueurs (i). Les Romains en « abandonnent l’exercice à des esclaves ou à « des affranchis (2) ; aussi comptent-ils peu « d’hommes d’un grand talent , sur-tout parmi « les personnes qui cultivent l’architecture; « car cet art exige un esprit cultivé (3). Son « étude devrait être le partage exclusif de ceux « qui ont du génie et la connaissance des belles- « lettres (4). Mais ce qui est plus indispensable « encore pour y réussir, et ce qu’on trouve « difficilement à Rome, c’est un habile maître. « L’architecture n’a point, comme la peinture, « l’imitation de la nature pour but; les élé- .« ments avec lesquels elle opère, n’ont que « des formes de convention; ses règles nées « du raisonnement et de l’expérience, ne se « devinent point, elles se transmettent par la « tradition et les exemples ; enfin ce n’est qu’à
(1) Horat., epist. 1, lib. II, v. i5 6.
(2) P lin., lib. XXXV, cap. 4.
(3) Xenoph . memorab. Socrat., Dict., lib. IV, 6. {4) Cod. Theodos., XIII, 4-
a force de combinaisons et d essais qu’elle « peut donner aux inspirations du génie le « caractère du vrai beau. Celui qui veut étu- « dier l’architecture a donc besoin d’un guide « éclairé , capable de le conduire avec mé- « tjiode dans ce labyrinthe de théories vagues, « et de modèles souvent dangereux. Grâce au « ciel, j’ai étudié sous Hermodore, le plus ha- « bile homme du siècle; et si jamais quelques « succès couronnent mes efforts, c’est à ses « soins, à ses conseils, à son exemple, que • « j’en serai redevable : aussi ma reconnaissance « le place- t-elle dans mon affection au meme* « rang que les auteurs de mes jours. Malheu— « reusement tous nos confrères ne lui res- « semblent pas; la plupart d’entre eux, excités « par la cupidité, sont trop occupés de petites « intrigues; ils abandonnent le soin de leur « réputation pour courir après la fortune (i). « Hermodore au contraire rappelle ces artistes « des anciens temps qu’on ne saurait trop pro- « poser pour modèle à la jeunesse. Modeste,
(i) Vitr ., lib. VI, prœfat.