‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 20 sur 120 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mises et autres dépendances (1). Telle est la disposition de ce que les Romains appellent prothjrum. Chrysippe m’apprit que ce nom est une dénomination grecque, mal appliquée à cet endroit, parce que selon lui le prothyrum devait être , comme en Grèce , en avant de la porte (2). Cependant, me dit-il, lorsque je bâtis, je fais comme les autres, pour me conformer à l’usage de Rome.

INous avançâmes à notre tour vers la porte de F atrium qu’une quantité de gens assiégeaient ; elle était de bronze ainsi que le seuil. « Autrefois, nous dit Chrysippe, les temples « seuls avaient des portes de métal ; et Camille « fut mis en jugement par Spurius Carvilius, a pour en avoir eu d’airain (3); aujourd’hui

(1) On cherchait ordinairement pour les écuries l’exposition la plus chaude. Vitruv . , lib. VI, cap. 9.

(a) Cette partie de l’habitation se nommait, chez les Grecs , 6uptôpetov , thyrorion , ou ^icxôupa , cliathyra , parce qu elle était comprise entre la porte du logis et la porte de l’atrium; le 7rpo'ôupov , prothyrurn , était en avant de la porte. Vitruv ., lib. VI, cap. 10.

(3) P lin., lib. XXXIV, cap. 3. Il reste à Rome deux beaux exemples antiques de portes semblables , celles du Panthéon, et de Saint-Corae et Saint-Damien.

38 LE P4LAIS DE SCAlTEüS,

« c’est un luxe commun. On a été jusqu’à en « faire cle marbre pour les tombeaux (i). » Je crois, lui dis-je, que nous trouverons ici le nôtre, car la foule augmente et nous serons étouffés avant d’avoir pu pénétrer jusqu’à l’atrium. « Rassurez- vous , me répondit notre « guide, il nous suffit de ne point chercher « à passer les premiers; laissons ces visiteurs « empressés se coudoyer les uns les autres, « mettons-nous à l’écart. Faisons place à celui- « ci que l’avarice vient d’arracher brusquement « de son lit, et qui accourt avec tant de hâte « qu’il ne s’est pas donné le temps d’attacher « les courroies de sa chaussure (2). Voyez cet « autre qui arrive en bâillant, les yeux chargés « de sommeil et rouges encore des orgies de « la nuit ; au lieu d’aller goûter le repos dont « il a besoin, l’ambition l’entraine dans l’a- « trium de Scaurus. Quelle vie ! se gorger à ic des tables chargées avec profusion de mets « exquis, n’avoir pas une nuit à donner au

« sommeil , pas un jour à employer aux choses

(1) Ruin. île Pomp., t. I , pi. XIX.

(2) Juven satjric. 5 , v. 35.

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