‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 23 sur 120 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ils forment des compartiments dans lesquels divers artistes ont peint des tableaux parfaitement exécutés ( 1 ). Quoique le cavœdium soit couvert, il a cependant au milieu de son toit un espace ouvert appelé compluvium (2), qui sert à donner du jour à ce lieu, et par lequel les eaux pluviales tombent au centre de la cour , dans un bassin carré , nommé impluvium (3 ) , d’où elles se rendent ensuite dans des citernes (4), faites avec un soin particulier ( 5 ). Comme ces eaux de pluies sont moins salubres et moins agréables

(1) P et ton., satyric ., cap . 9.

(2) Vitruv lib. VI, cap. 4 , et Varr ., de lin g. lat. , lib. IV.

(3) Ibid.

(4) C’est ainsi dans les habitations de Pompéi.

(5) Après avoir entouré d’un bon mur l’espace destiné

à servir de réservoir, on recouvrait les parois et le sol „ de fragments de silex liés par un mortier fait de cinq parties de sable graveleux et de deux parties de chaux; puis ce revêtement ayant été bien battu , on passait un dernier enduit du même mortier, parfaitement dressé et lisse. Quand on voulait avoir une eau plus pure , on faisait plusieurs citernes contiguës à différents niveaux , de manière que l’eau s’épurait en passant de l’une dans l’autre. Plia., lib% XXXVI, cap , 23, et Vitruv ., lib. VIH* cap. 7,

44 r.E PALAIS DE SC AU RIT S.

à boire que les autres (i), on ne s’en sert que pour les besoins du service, qui tiennent à la propreté, et Ton use pour la table et la cuisine d’eau de source. Cependant on nous a montré un puits d’eau vive dont Scaurus fait grand cas; et l’on pense généralement à Rome que cette sorte d’eau acquiert en filtrant dans la terre une légèreté, une limpidité particulière (2); beaucoup de maisons ont au centre du cavœdium une fontaine jaillissante (3), qui reçoit l’eau des aquéducs publics (4) au moyen des conduits en plomb (5) ou en terre Cuite (6). La partie de l’atrium qui reste à ciel ouvert, c’est-à-dire le compluvium , est dans

(1) « Cette eau est très -bonne; mais il faut la faire bouillir, afin de la délivrer d’une certaine tendance à la putréfaction; sinon elle prend une odeur désagréable, et est nuisible à la voix. » Hippocr., des airs , des lieux et des eaux.

(2) P Un., lib. XXXI, cap. 3.

(3) Nard. Rom, ant., p. et Ruin. de Poinp ., t. II, pag. 35.

(4) Front, de acqued. urb. Rom Comment. XXXII, P fin., Ub. XXXVI, cap. 14.

(5) Horat., lib, I, epist. io.

(6) Vitruv., lib. VIII, cap. n.

Page 1