CHAPITRE VII
pleines de plantes et de fleurs, qui donnent à chaque pièce quelque chose de gai et de champêtre (i). Elles ont leurs volets peints d’une couleur d’azur tendre (2) qui est fort agréable à l’œil et bien en harmonie avec la couleur du ciel. Les meubles dont cet appartement est rempli avec profusion, faits de toutes sortes de riches matières, sont encore plus élégants que précieux (3). J’avoue qu’on ne saurait rien voir de plus gracieux que l’ensemble de ces pièces, destinées cependant à n’être habitées pour ainsi dire qu’aux heures du sommeil.
Chrysippe ouvrit en souriant une porte couverte d’une draperie (4), qu’un esclave souleva (5) , et nous introduisit dans une cour fort petite, décorée avec un goût infini, dont
(1) P lin. lib. XIX, cap. 4.
(2) Cette couleur appelée Cœlon, avec laquelle 011 peignait les fenêtres était une espèce d’azur Vestorien , qu’on fabriquait à Pouzzoles.
(3) P lin. jun. } lib. II, cpist. 17.
(4) Pollux. Onomast. lib. X , 4 ■> 5.
(5) Ibid. Ces esclaves se nommaient V elarii. Pignor., de scrv. 227.
8o LE PALAIS DE SC AU RU S.
le portique était fermé par des vitres ( i ). « Ceci, dit-il, est un appartement secret (2) « destiné aux folâtres jeux de Vénus (3) ; les « Romains le nomment Venereum (4), et nous « d’un nom encore plus doux; c’est ce que « nous appelons X Aphrodision (5). Remarquez « que les portes n’ont pas la moindre lente, « et qu’elles sont encore défendues par des « rideaux intérieurs (6) contre les regards des « curieux (7). Ce tableau qui couvre la m u- « raille en face de l’entrée, représente Actéon « puni de sa téméraire curiosité (8). Il vous
(1) Plin. jun. , lib. II epist. 17.
(2) Voyez, Ruin. de Pomp. t. II, un appartement semblable dans la maison dite d’Actéon, d’après lequel on a tracé en partie cette description.
(3) Tib. , lib. III, eleg . -3.
(4) On nommait Venereum et Lupanar les lieux publics de prostitution. Mart ., lib. I., epigr. 35. Petr. , satyric. , c. 1.
(5) Athen. , lib. V, cap. 10.
(6) Mart., lib. I, epigr. 35.
(7) Dans les lieux publics destinés au même usage, les courtisanes s’enfermaient avec soin au moyen de serrures ( Mart . Ibid.) ; et chacune d’elles plaçait au-dessus de la porte où elle se tenait, un écriteau, titulus , portant son nom. Petron ., satyric. cap. 2. ./m\, sat. 6.
(8) Pitlure di Pornpei , lav. I.