‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 63 sur 120 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

peut engager les opulents possesseurs de ces splendides et voluptueuses demeures, à nous disputer nos huttes cylindriques enduites de terre glaise (i), construites au-delà des Apennins et des Alpes, vers une autre mer, dans la profondeur des forêts , ou sur les bords des marécages? Pourquoi César a-t-il abandonné sa maison de la voie sacrée (2) pour venir dormir à la belle étoile dans nos bruyères , sous un ciel inclément, au milieu des périls, dont le désespoir d’un peuple brave et nombreux le menace sans cesse? quelle inconcevable rage de conquêtes et de domination! « Les guerres « continuelles, les conquêtes éloignées, répondit « le jeune Grec, sont devenues indispensables « pour le salut de la république romaine ; elle a doit périr dès qu elle cessera de croître. Ces a républicains qui vivent en rois dans la capi- « taie du monde , qui étonnent l’univers par « leur faste, et l’effraient par leurs exploits; « qui couvrent l’Italie de leurs clients, de leurs

« affranchis, de leurs esclaves; dont les ri-

(1) Tacit. , de Morib, Germ., XVI.

(2) Suet. , cap . 46.

loG LE PALAIS DE SCAURUS.

« chesses et le nom seul suffisent pour lever « des armées, sont trop puissants pour vivre « si près les uns des autres. Ils sont aujour- « d’hui , par leurs grandes actions et leur ma- « gnificence , l’honneur et l’ornement de leur « patrie; ils en seraient les fléaux si Rome « n’avait soin d’occuper leur inquiétude, de « satisfaire leur ambition, leur cupidité aux « dépens des nations étrangères. Lorsqu’ils « n’auront plus rien à conquérir, ils se dispute terontla domination de la république, comme « le firent Marius et Sylla. Mais ces armées ec nombreuses toujours sur pied , sans cesse « occupées à soumettre, ou à garder des pays et éloignés, épuisent la vigueur de l’empire, ee Les nations conquérantes ressemblent aux ce volcans qui s’élèvent en vomissant leurs ente trailles, et grandissent ainsi à leurs propres et dépens. Un jour arrive , qu’après avoir jeté te hors de leur sein ce qui faisait leur solidité, te et leur puissance ; minés , affaiblis , pressés te au dehors par le poids de leur masse, ils e< s’écroulent et rentrent dans les abymes d’où <e ils étaient sortis. » Par Hercule! m’écriai-je, voilà le premier heureux augure que j’aie en-

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