CHAPITRE XII
se promener; le pavé est de marbre blanc et les murs sont lambrissés en marbre jusqu’à hauteur d’appui ( i ) ; le reste de la paroi est couvert de peintures agréables (2), représentant des colonnes saillantes surmontées de leurs entablements, et accompagnées de piédestaux, de statues, et des ornements les plus riches que peut offrir l'architecture. Cette dé~ coration, dans le genre des scènes tragiques (3), a quelque chose de grandiose ; elle est exécutée avec beaucoup d’intelligence, et selon les règles de la perspective (4). De distance en distance on a réservé de grands panneaux où sont représentés avec beaucoup d’art des faits mythologiques, des événements de la guerre de Troie, et les aventures d’Ulysse (5), que je ne me lassais point de considérer.
(1) P lin . jun. , lib. V, epist. 6.
(2) Les exèdres étaient principalement décorés de peintures , à cause de l’étendue de leurs murailles qui laissaient un vaste champ au ge'nie du décorateur. Vitruv . , lib. VII, cap. 5.
(3) Ibid.
(4) Lucret. , lib. IV.
(5) Vitruv. , lib. VII , cap. 5 ; Petron. , satyric. , cap. 9.
l3o LE PALAIS DE SCAIÎRUS.
« Laissez là les héros d’Homère , me dit « notre guide, venez vous asseoir près de moi « sur ce banc ; nous pourrons observer en ce « lieu , comme dans l’Iliade, plus d’un orateur « aussi éloquent que Stentor, des Ulysses en « toge, des chevaliers romains qui semblent « avoir pris Paris pour leur modèle; et qui « sait si, dans la foule des personnages qui « affluent ici , il n’existe point en secret quelque « jeune audacieux qui aspire à devenir, comme « Agamemnon, le roi des rois? Autrefois les « exèdres des grandes maisons n’étaient guère « fréquentées que par les gens de lettres et « les philosophes ; aujourd’hui ce sont autant «de forum privés , où se rendent les hommes « avides de nouveautés et de changements. « Scaurus , dont l’ambition fermente, et qui « s’est laissé séduire par César, attire impru- « demment chez lui ces personnages que « vous voyez rassemblés à cette extrémité de
« la salle, reste impur des amis de Catilina, « échappés à la sévérité de Cicéron. Hélas ! « ces lieux où j’ai si souvent écouté l’éloquent « Antiochus, et son frère Ariste, s’entretenir « de la nature des choses divines et humaines