‹ Le palais de Scaurus; (volume 2)Chapitre 99 sur 120 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

pour circuler autour de l’endroit où se tiennent les baigneurs. Cette pièce est éclairée par en-liaut , de manière que les corps n’y projettent aucune ombre (i). Quelques convives, déjà dépouillés de leurs vêtements, prenaient tranquillement le bain ; d’autres, en se tenant par la main (2) , couraient autour des bords de la cuve ; il y en avait même qui se livraient dans la première partie de la salle à des exercices singuliers pour se donner de la souplesse. Les uns s’efforcaient à lever des anneaux avec les mains liées; d’autres à genoux sur le pavé se courbaient en arrière jusqu’à toucher leurs pieds avec la tête (3).

On nous engagea à quitter aussi nos habits ; il fallut s’y résoudre pour ne point paraître trop barbares ; nous retournâmes dans l’apodyptère , et nous en revînmes nus comme

en effet lui donner l’air d’une espèce de canal, et lui avait valu son nom. Cette disposition est très -distinctement indiquée dans la peinture précitée.

(1) Vitruv.y lib. VI, cap. io.

(2) Petron. , satyric. cap. 17.

(3) Ibid.

les autres. La blancheur de nos corps , notre haute stature , et nos cheveux blonds , tressés à la manière des Suèves (1), excitèrent un instant la curiosité des amis de Scaurus. Pour nous soustraire à ce quelle avait de déplaisant, Chrysippe nous conduisit aux bains tièdes, ou tepidarium (2). Il y a dans cette pièce deux grandes baignoires ; elles sont si larges qu’on pourrait aisément y nager (3). Cette salle est à-peu-près carrée ; elle a , comme l’autre , son école, c’est-à-dire des gradins dans son pourtour (4) ; mais ceux-ci ne sont point destinés uniquement aux simples spectateurs; ils servent aussi aux personnes qui se baignaient, soit pour s’essuyer lorsqu’elles se contentent du bain tiède, soit pour se reposer dans une atmosphère tempérée, lorsqu’elles sortent de l’étuve, qui est voisine de cette pièce. Nous entrâmes avec Chrysippe dans une des baignoires; et après y être restés quelques instants, il nous fit pas-

(1) Tacit. , de morib. Germ. 38.

(2) Vitruv.y lib. V, cap. 10.

(3) Plin. jun.y lib. II, epist. 17.

(/<) Voyez la peinture précitée.

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