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CHAPITRE XVIII

Bains (i).

« On a coutume à Rome, me dit Chrysippe, « de ne se baigner qu’avant le repas, c’est-à-dire « depuis midi jusqu’au soir (2); mais il est du « bon ton de ne se présenter aux bains qu’un « peu tard : les gens dissolus y vont la nuit (3). « L’heure ordinaire est la neuvième dans l’hi- « ver, et la huitième dans l’été (4). Il y a des vo- « luptueux qui prennent le bain avant et après « souper (5), pour faciliter, disent-ils, la diges-

(1) Le mot Balneum , signifiait particulièrement un bain privé ( Varr.,de ling. lat ., #6, VIII. Ursin . , de Triclin ., 128.) Les Thermes étaient des édifices consacrés aux bains publics, où l’on trouvait des lieux d’exercice, des promenades , des bibliothèques , etc.

(2) Vitruv . , lib. V, cap. 10.

(3) /«e., sat. VI, v. 420,

(4) P lin. ,jun. , lib» III, epist. 1.

(5) Petron . , satyric. , cap. 9, 16, 17.

« tion ( 1 ) ; mais cette dernière pratique est « extrêmement dangereuse, et I on a vu beau- « coup de personnes en mourir subitement (2). « Venez vous baigner avec nous, ce sera une « occasion de vous montrer l’appartement de « bains, que j’ai construit dans la partie la « plus reculée de ce palais. Autrefois il était « rare d’en trouver dans les maisons des parce ticuliers (3); aujourd’hui il eist peu d’habi- « tants aisés qui n’aient les leurs. » Nous passâmes de nouveau sous le péristyle, à la suite du maître de la maison ; on ouvrit une porte , et nous entrâmes dans une cour d’une médiocre dimension; cette cour, environnée d’un portique dont les colonnes sont octogones (4), a , au centre , un baptisterium ( 5 ) , ou grand bassin pour prendre le bain froid ei) com-

(1) Plin., lib. XIV, cap. 22.

(2) Juv. , sat. 1, v. i45.

(3) Hippocr. , traité des maladies aiguës.

(4) Voyez la maison de campagne de Pompéi. Ruin. de Pomp t. II.

(5) Plin.jun. , lib. II , epist. 17.

mun (i). Ce bassin est couvert d’un toit élégant, soutenu par des colonnes (2). Sur les parois des portiques, on a peint des arbres chargés de fruits, et toutes sortes de poissons qui semblent nager dans la profondeur des eaux (3); le sol de la cour est pavé en mosaïque (4).

De la cour on passe dans l’apodyptère (5), salle où l’on dépose ses vêtements entre les mains d’esclaves, nommés capsarii (6), qui, après les avoir pliés , les serrent dans des cases fermées. On trouve ensuite une salle élevée et spacieuse (7), avec une vaste baignoire (8), pour prendre le bain froid à couvert , lorsqu’on ne veut point se baigner en plein air dans le

(1) Il y a un pareil bassin dans les bains delà maison de campagne à Pompei , P lin. , lib. II, epist. 17.

(2) Ruin. de Pomp . , tom. II.

(3) Ibid ., et Pittuî'e di Pompei.

(4) Ruin. de Pomp. , tom. II.

(5) P lin. j un. , lib. V, epist. 6. On l’appelait aussi Spoliatorium.

(6) Pignor., de serv 1 19.

(7) Plin.jun. , lib. II , epist. 17.

;8) Labrum^ibid.\ Vitruv lib. Y, cap. 10.

iqb le PALAIS DE SCAUftUS.

baptisterium (i): cette salle est ce qu’on appelle le frigidarium (2). Elle est disposée de manière qu’une partie reste libre, et que l’autre, où est la baignoire, forme un hémicycle, au centre duquel est la cuve, entourée d’un petit espace clos par un mur d’appui (3). Le pourtour de l’hémicycle est décoré de pilastres et de niches (4) avec des statues (5) ; le soubassement est formé par deux gradins qui régnent autour de cette partie de la salle (6); c’est ce quon appelle l’école (7), parce que ceux qui s’y asseoient, pour assister au bain sans y prendre part, se livrent quelquefois à des entretiens philosophiques. Entre l’école et l’enceinte de la cuve, il reste un espace libre (8»)

(1) P lin. jun. , lib. II, epist. 17»

(2) Cella frigidaria , ibid.- Vitruv . , lib. V, cap. 10.

(3) Pluteum. Vitruv. , lib. Y, cap. 10.

(4) Yoyez la peinture tirée des bains de Titus, et publiée par divers auteurs, entre autres par Galliani.

(5) Senec. , epist. 86.

(6) Yoyez la peinture ci-dessus citée.

(7) Schola. ; Vitruv . , lib. YI , cap. 10.

(8) Alveus. D’après la description de Yitruve, Yalvcus paraît devoir être cet espace libre, qui, selon lui, ne pouvait avoir guères plus de quatre pieds; ce qui devait

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