CHAPITRE XVII X
Nous suivîmes au son des flûtes ( 1 ) la foule des convives , et nous nous acheminâmes vers le Triclinium.
Sous les portiques du péristyle , nous vîmes plusieurs trotfpes d’esclaves qui se livraient à différentes sortes d’exercices, devant des maîtres préposés à cet effet ( 2 ). Ils vinrent saluer leur patron , en disant : Portez-vous bien ; ou, Salut à Scaurus (3). Je fus si surpris de leur nombre, que je témoignai mon étonnement à Chrysippe : « Ce que vous voyez là « répondit-il, n’est que la moindre partie de « ses serviteurs ; chaque jour on lui en apporte a la liste comme à un général celle de ses « soldats (4). L’autre jour, son intendant me « montra le rôle des esclaves attachés à son « service particulier dans ses différentes maire sons de ville et de campagne ; ils sont divi- « sés en décuries (5) , et s’élèvent au nombre
(1) Petron. Satyric. cap. g.
(a) Ibid.
(3) Ibid. cap. 17 .
(4) Senec. de TranquiUit. a/u/n. cap. g.
( 5 ) Pïtron. Satyric. cap. 14.
a 46 le palais de scalrus.
« de quatre mille cent seize personnes (i), « dont il serait trop long de vous détailler « les emplois divers et les talents de toute « espèce ( 2 ); je ne compte pas dans cette mulet titude d’esclaves, ceux qui travaillent à la « terre, ou qui gardent ses immenses trou- « peaux ; ceux-ci ne doivent certainement pas « être en moins grand nombre que les esclaves « domestiques, car Scaurus possède des terres « considérables , labourées par trois mille six « cent paires de bœufs ; ses pâturages contien- « nent deux cent cinquante -sept mille têtes « de bestiaux divers (3). » C’est plus de richesses que n’en possède toute notre nation !
(1) Plin. lib. XXXIII, cap. 10.
(a) Cicer. Oral. 11 . pro Sext. Ros. 46.
( 3 ) Plin. lib. XXXIII, cap. 10.