CHAPITRE VI. Oy
buis et du picea ( 1 ) , espèce d’if , taillés d’une manière bizarre (a). Au centre je remarquai un bassin profond (3) peuplé de poissons familiers de différentes espèces ; quelques-uns avaient des anneaux d’or aux ouies; ils accouraient à la voix et prenaient jusque dans la main le pain qui leur était offert? (4). « Cette sorte de parterre, nous « dit notre aimable guide , est ce que l’on « appelle le xyste (5). Si le terrain l’eût perce mis, j’aurais joint à cette habitation un « xyste plus vaste et isplé; mais, contrarié « par les localités, j’ai été obligé de le ren- « fermer dans l’intérieur du péristyle; au « surplus il ne fait qu’ajouter à l’agrément « de cette partie du palais. Sentez-vous l’o-
(i) Phn . lib. XVI, cap. io.
fa) Pliw. Jün. lib. V, epist. 6.
(3) On voit plusieurs bassins semblables dans les habitations de Pompéi. (Voyez Ruines de Pompéi , t. II.)
(4) Pu», lib. XXXII, cap. a.
(5) Vitbuv. lib. VI, cap. io.
« deur des violettes (i) qui embaument les « galeries et les appartements voisins ? Scau- « rus me sait un gré infini de la disposition « de ce xyste. L’aspect de la verdure et le « parfum des fleurs le consolent de l’éloigne- « ment de ses jardins, qui sont au-delà duTi- « bre. Mais rentrons sous le péristyle; voyez « avec quel goût il est décoré... Ces peintures, « dont les parois sont couvertes, et qui re- « présentent des vues perspectives d’architec- « ture, sont de la main de Serapion (a) , un de « mes compatriotes. Ces compartiments qui « cachent le dessous de la charpente du porte tique (3) sont en bois. Ce fut Pausanias de « Sicyone qui le premier imagina de pein- « dre ainsi les plafonds (4); ceux-ci ont été
(i) Pur. Jun. lib. Il, episl. io.
(a) Pur. lib. XXXV, cap. io.
(3) On appelait cette sorte de plafonds à caisson, laquearia. ( Isidoh. Origin. lib. XV, cap. 8 , et lib. XIX, cap. io). On en voit deux exemples dans la maison de campagne de Pompci.
(4) Pur. lib. XXXV, cap u..
C fl A F J T H K VI.
« faits par un excellent ouvrier. Quant à « cette teinte d’un rouge si éclatant, dont « est revêtu le soubassement continu qui rè- « gne sous cette belle décoration, Scaurus « n’a point voulu permettre qu’on la fit avec « la sinopis pontique (i), comme c’est l’u- « sage, mais avec du cinabre d’Éphèse (a) ; « aussi pour mettre cette couleur délicate et « précieuse à l’abri de l’action de l’air qui « lui est préjudiciable (3), je l’ai employée « avec toutes les précautions possibles et se- « Ion le procédé de l’encaustique, c’est-à-dire « en mêlant au cinabre de l’huile et de la « cire punique (4). »
Cependant beaucoup d’esclaves s’agitaient autour de nous : les uns nettoyaient les pavés avec de la sciure de bois (5) humide et
(i) Plu», lib. XXXV, cap. 6.
(a) Pui*. lib. XXXm, cap. 7; Vitruv. lib. VII, cap. 9.
(3) Plit». ibid.
(4) Pus. ibid. Vitruv. ibid.
(5) Juveh. satjrr. 14, v. 68.
un balai (i), ou frottaient avec un morceau d’étoffe les colonnes ( 2 ), les marbres, les portes et les ferrures (3); d’autres lavaient avec une éponge les peintures et les stucs jaunis par la fumée (4) ; ou , armés de longues perches , enlevaient quelques toiles d’araignées à peine commencées (5). « Retirons- « nous, dit Chrysippe, pour éviter la pous- « sière, les éclaboussures et le désordre qui « va régner ici pendant quelques instants.
« Entrons dans les appartements. »
(1) Hobat. salyr. 4, lib. II. Cet usage s’est conservé en Italie , particulièrement à Naples.
(a) Juven. satyr. 14, v. 61.
(3) Colum. lib. XIII, cap. 3.
(4) Vitbuv. lib. VII, cap. 3.
(5) Juven. satyr. 14 , v. 62 .