‹ Le Palais de ScaurusChapitre 47 sur 131 · CHAPITRE VIII. Ia · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. Ia

sur toutes les portes des racines de natrix , que ces femmes crédules y placent pour éloigner les mauvais génies de l’endroit qu’elles habitent (i). Lollia a aussi près de sa chambre un penetrale (a) , ou oratoire , plein de divinités étrangères, dans lequel elle se retire pour sacrifier en secret, lorsqu’elle est frappée de quelque songe funeste, ou atteinte de cette mélancolie involontaire qui porte les cœurs sensibles vers les sentiments religieux. Son appartement renferme encore, indépendamment des pièces que je viens de citer, quelques salons d’une élégance infinie , destinés à la conversation , et une petite salle à manger. Enfin nous sortîmes du Gynceconitis par l’extrémité opposée à l’appartement de Scaurus , et nous nous trouvâmes une seconde fois sous le péristyle.

« Vous venez de voir , me dit Chrysippe ,

(i) Plu», lib. XXVII, cap. ra.

(a) Chapelle domestique dans l’intérieur de la maison. (Fest. de verb. signifie, et Paul. Diao.) Les Grecs en avaient de semblables qu’ils nommaient idurov llia.s , lib. V, v. 4 /, 8 . et 5ia.

« un luxe qui signale toute l’étendue de la « corruption des mœurs romaines. Jadis les « matrones ne connaissaient point ces appar- « tements immenses où elles rassemblent au- « jourd’hui tant de superfluités ruineuses. Vê- « tues avec simplicité, elles passaient les jour- « nées assises dans leur Atrium , filant au mite lieu de leurs domestiques (i) , ou tissant les « vêtements de leur famille (a). Alors les « femmes apportaient en dot à leurs époux « une beauté mâle , une santé robuste , des « mœurs chastes, et cette habitude de l’ordre « et de l’économie , qui répand l’aisance même a au sein de la pauvreté. Aujourd’hui elles « n’ont plus qu’une beauté fragile, que les « veilles et les excès flétrissent en une saison ; a à peine ont-elles la force d’être mères ; leur « ame s’abreuve avec avidité de tous les poi- « sons du siècle; enfin, leurs dissipations « effrayantes mettent le désordre dans toutes « les fortunes : aussi la plupart des gens aisés

(i) Ovid. fast. Il, v. 741.

(2^ An. Non. tliiput. advers. gent. II , p. 3 j .

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