‹ Le Palais de ScaurusChapitre 54 sur 131 · LA BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

LA BIBLIOTHÈQUE

P isistrate, selon ce que nous apprit Chrysippe , fut le premier qui établit une bibliothèque publique; les Athéniens continuèrent à enrichir ce dépôt précieux, de tous les ouvrages qu’ils purent se procurer; ils créèrent ainsi une bibliothèque immense (i). Cet exemple a été imité depuis par tous les peuples chez lesquels le goût des lettres a pénétré , et aujourd’hui il est peu de patriciens romains qui n’aient une bibliothèque particulière; on en voit même dans les bains privés et publics, dont elles sont un des principaux ornements (2).

(1) Aul. Gkll. lib. VI, cap. 17.

(a) Sknec. de TmnquiUit. unim. cap. 9.

I 40 LE PALAIS DF. S C AU R ü S.

Celle de Scaurus, où l’on a rassemblé un grand nombre de volumes (i) , est une des plus considérables de Rome ( 2 ) ; elle devrait être exposée à l’orient (3), parce que son usage requiert le jour du matin , et que cette exposition, en préservant les livres de l’humidité , a encore l’avantage de mettre la bibliothèque à l’abri de ces vents chauds qui font éclore les vers (4). Mais quoique cette considération ne soit point du tout indifférente , car ces insectes causent quelquefois de grands dégâts dans les bibliothèques en rongeant les rouleaux (5) de parchemin (6) , ou

(1) Festus et Paul. Diac. de Verb. signifie.

(а) Les bibliothèques étaient ordinairement assez petites; celle trouvée à Herculanum qui contenait plus de mille volumes était si étroite qu’en étendant les bras on touchait les deux murs opposés. (Win*.. Recherches sur ü architecture des anciens , p. 73 ).

(3) Vitruv. lib. VI, cap. to.

( 4 ) Ibid. cap. 7.

(5) Mart. lib. IV, epigr. 8; lib. XIV, epigr. 35.

(б) Horat. sat. 3, lib. II; Mart. lib. XIV, epigr. i8a, i 83 , 184, 186, 188, 190. On se servait aussi de parchemin pour peindre et dessiner. (Plin. lib. XXXV, c. 11).

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