‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 101 sur 145 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

« quemenl votre problème, répondit en riant « Clirysippe, j'y joindrai une question du a même genre : je demanderai combien de « ces palais resteraient debout si, selon la (f rigueur des anciennes lois , on démolissait « la demeure des citoyens funestes à la répu> « blique (i)? Mais à quoi servent nos sarcas- « mes? à quoi serviraient même les leçons t< de la sagesse? La corruption et le luxe des « bâtiments sont à leur comble. Autrefois on « bâtissait pour satisfaire à l'utilité, la raison o servait de guide; aujourd'hui on obéit à « une espèce de délire, qui égare les meil- <' leurs esprits, et l'on n'écoute plus (jue lesca- « priées les plus déréglés (2). La campagne se <■' couvre tellement d'édifices de toutes sortes, « et semblables à des villes par leur étendue « démesurée (3), <|u'il ne restera bientôt plus « un arpent pour la cliarrue (4\ >> Cepen-

(i) CicKR., pro Dom,^ 3o.

(2 Varr., (le lie Rusl., lib. I, c;i|). l'i.

(3) Sali,t;st., Bell. Catilin.^ i4.

(4 IIORAT.Jib. II, Od. i5.

dant, répondis-je, les environs de Rome et ces collines aux bords du Tibre, que je vois d'ici couvertes d'une végétation vigoureuse, semblent annoncer de riches cultures. — « Dé- « trompez-vous , mon cher Mérovir, reprit « Chrysippe, cette verdure, ces ombrages que « vous voyezautourde la ville, principalement « sur les rives du fleuve, appartiennent à des « jardinsde plaisance (i),dontlegoùt, toujours « croissant chez les Romains, tend à affamer a l'Italie. Mais si vous désirez connaître cette a sorte de luxe champêtre, Scaurus possède « un jardin sur le penchant du Janicule; si- « tuation fort recherchée (2), à cause de la « beauté des points de vue, delà pureté de « l'air et de la solitude du heu (3) ; allons-y « passer le temps qui nous reste encore d'ici « à l'heure du repas; cela vous délassera un « peu du voyage que je vous ai fait faire dans « ce palais : rien ne repose comme la frai-

[1) Plin., lib. XIX, cap. 4-

(2) CicER., ad An., lib. XII, Epist. g. (T) Mart., lib. IV, Epigr. 64.

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