CHAPITRE
« biné , qu'il dépensa en essais inutiles l'ar- « gent qu'il avait reçu pour l'ouvrage (i). Il « ne put l'achever, et allait être mis en pri- « son , si Clualius et moi , qui faisons les « affaires de Cicéron (2), nous n'eussions « tout arrangé à l'amiable par le crédit de « notre patron. Au surplus, de semblables « bévues ne sont pas rares à Rome ; car l'ar- « chitecture y est pratiquée par une foule de « gens sans études , sans expérience , que « l'amour du gain engage à professer un art « auquel ils n'ont point été initiés. Aussi je M vous avoue que je n'ose blâmer les pères « de famille qui , dans la crainte d'être ruinés « par l'impéiitie ou la mauvaise foi d'un ar- « chitecte ignorant, ne se fient qu'à eux- « mêmes du soin de conduire les travaux « qu'ils veulent faire exécuter (3). Ces écha- « fauds c(ui vous étonnent , et qui semblent
(1) \nfu\., Iib. X, caj). (j.
■^•j.] \ ovfz la iKjtf I, payi' i5. {*>) ViThiv., lilj. \I, Prajat.
« suspendus en l'air par un pouvoir surnatu- « rel , sont le fruit de l'audace plutôt que de « l'art (i), quoique les Romains aient fait en « ce genre les plus savants ouvrages (2), Les « autres machines que vous voyez dans la a partie supérieure de l'édifice , sont desti- « nées à élever les matériaux (3) ; elles pren- « nent différents noms : selon le nombre de cf poulies ou de moufles qu'elles emploient , ce elles sont dites trispasti , pentaspasti ^ po- « lypsasloi^ etc. (4); la corde qui passe « dans les moufles (5) est fixée par une exa trémité à une espèce de grands ciseaux (6)
(1) ViTRUv., lib. X, cap. i.
(2) Voyez la description du théâtre mobile de C. Curion(PLiN., lib. XXXVI, cap. i5).
(3) On les appelait machinée tractoriœ (V^itruv., lib. X, cap. 2).
(/() D'après la descri})tiori de Vitruve, on voit que ces machines étaient des chèvres semblables à celles dont on se sert encore aujourd'hui.
(5) Assemblage de poulies, appelé par Vitruve trochlca (ViTRLV. lib. X).
(6) Forfices fcrrci [Ibid.).