‹ Le palais de Scaurus; ou, Description d'une maison romaine. Fragment d'un voyage de Mérovir à Rome, vers la fin de la républiqueChapitre 48 sur 145 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

saujue sur laquelle il y a plusieurs inscriptions, entre autres celle-ci : rené dormio (i), je dors bien. Dans une autre, on a peint sur les murs des feuillages verdoyants (2), parmi lesquels mille oiseaux, imités avec un art infini, perchent ou voltigent (3); en sorte que l'on croirait être au milieu d'un agréable bosquet. La troisième a deux fenêtres qui reçoivent, l'une les premiers rayons du soleil, et l'autre les derniers (4). V hihernacul um (5), ou petit appartement d'hiver, est composé comme les trois autres que je viens de décrire ; mais la chambre àcoucher, qui est la dernière des quatre dont j'ai parlé plus haut, a cela de particulier qu'elle est de figure ronde et percée de manière que le soleil y

(li Cette mosaïrjuca ('tédccoiivertcàlîrindisi. [.l/inalr '!("• ^'ojni^c;, t. l\, ]). 267.)

['>. Celle sotte (1(! peinture s';ij)i)elail njH'/ri topiarin (Pi IN. lil). XXXV, eap. 10.)

[y) Vi.\y. JiN., lil). II, /:/^M/. 17.

(41 Jbid.

(5j Jbid.

donne à toutes les heures du jour (i). Dans toutes ces chambres, les lits, placés dans une alcôve appelée zoteca (2) , sont de bois de citre (3), de bronze (4), ou revêtus d'écaillé de tortue (5). Les matelas, rembourrés le laine des Gaules (6), les coussins, remplis de plumes légères (7), sont recouverts de tapis ornés avec goût (8). Uhibeniaculum renferme encore un petit salon qui forme un Jieliocamiruis , ou poêle solaire (9) : on y jouit d'une très-douce température, au moyen d'un grand

(1) Plin. Jun., lib. Il, Ep/st. 17. Une des chambres à coucher de la maison de campai^ne de Pompéi est disposée dans ce genre.

(2) JbUL

(3) Plin. Hb. XVI, cap. 16, — cap. 43.

(4) Ibid.

(5) Plin., lib. XVI, cap. 16, — cap. 43. — lib. IX, cap. 11; JuvEN., Satyr. 11, v. 93; Maut. lib. H, Epigr. 67; Senec, de Ben/., lib. VII, cap. 9.

(6) Plin., Hb.VIII,cap. 48.

(7) Ursin,, Appeiid. ad Ciacon, de Tricli/i., 117.

(8) Ruines de Pompé/ , t. 11^ pi. 10, lig. 2; Plin., lib. VIII, cap. 48.

{<)) Plin. Jun., lib. Il, Epi.st. 17.

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vitrage (i), qui laisse pénétrer les rayons du soleil. Toutes les autres pièces de Vhibernaculiiîu sont échauffées par des tuyaux de chaleur (2) placés dans l'épaisseur des murs.

L'appartement renferme encore une petite salle à manger (3), divers cabinets et quelques cellœ familiaricœ (4), chambres d'esclaves, destinées à ceux qui sont attachés par-

(1) Il n'est pas douteux aujourd'hui que l'usage des vities ne fût connu des anciens : un grand nombre de fragments de carreaux de verre ont été découverts à Pompéi; ces fragiles monuments d'un art iiorté fort loin par les Romains confirment toutes les conjectures à cet égard. On employait même les vitres à clore des portiques entiers, comme on peut s'en convaincre en lisant le commencement de la description de la maison de Laurentum de Pline, dont l'atrium est fermé par un vitrage, ctenexaminantla peinture représentant les bains de Faustinc, publiée par^e//oW, et depuis par Winhelmaïui dans ses Monumenti inediti.

(2) Sknec, Episl. XC ; M'inrklm., lieninnincs sur V ArchiterAure des Ancir/is ,\\. 7 'j. ^'oyc'/. plusieurs bains dans les maisons de Poinpri, t. II.

['\) PiiN. Jiy., iib. H, E[jist. l'j.

('() ^ITRL•v., Iib. VI, cap. 10. Dans plu-^ieius appartements de Pompéi, il v a une petite i)ièce pour un esclave, près de la chambre des maîtres.

ticulièrement à la personne de Scaurus. Je trouvai les fenêtres des chambres et de la salle à manger un peu petites; mais Clirysippe me prouva que lorsqu'elles sont plus larges elles ne font pas un aussi agréable effet pour la vue (i); les fenêtres du rez-dechaussée sont fermées par des grillages en fer (2) ; celles des étages supérieurs sont ornées de caisses pleines de plantes et de fleurs, qui donnent à chaque pièce quelque chose de gai et de champêtre (3). Elles ont leurs volets peints d'une couleur d'azur tendre (4), qui est fort agréable à l'œil et bien

(i) CicEK., ad Jttic., lib. II, Epist. 3.

(2) Ces grillages s'appelaient Clathri; ils étaient ou mobiles sur pivots, ou fixés dans le nuir. On en a trouve un à Hereulanuni. (Winkelm., Remaïq. sur l'ArcliiLdcs Anciens, 64.) Un autre est conservé au musée de Naples. Les découvertes de Pompéi en ont fourni aussi plusieurs exemples.

(3) Plin., lib. XIX, cap. 4.

(4) Cette couleur, appelée cœlon, avec lacpielle on peignait les fenêtres, était une espèce dVzrw vcsUmen, qu'on fabriquait à Pouz/oles.

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