CHAPITRE VIII
(f usages et à emprunter nos dénominations ; ce ils voudraient nous rendre Romains, et sans « s'en douter ils deviennent Grecs. Ce gyné- « cée est une preuve de l'influence que nous a exerçons à cet égard ; puisque c'est chez <c nous seuls que les femmes habitent ^ dans « la partie la plus reculée du logis , un apte partement interdit aux hommes (i); les ce Romaines, au contraire, occupent ordinairea ment le premier étage sur le devant de la « maison, et y reçoivent qui leur plaît (2).
rt Pour première surprise, considérez ces a deux personnages bouffis qui nous ouvrent « la porte, et dont les vêtements efféminés, « la peau lisse, le teint blanc , la voix claire , « con trastent si singulièrement avec leur haute « stature; ce sont deux eunuques (3). Ces ri- « dicules victimes delà dépravation des mœurs « et du luxe asiatique s'introduisirent à Rome « avec le culte de la mère des dieux, dont
(i) ViTRi V., lib. VI, cap. 10.
(2) CoRNEL. Nep., l'rœfat.
(3) Petrox., iSatyric, cap. 9; Pionor., de Seiv., 178.
« les prêtres, selon le rite phrygien , doivent « d'abord cesser d'être hommes pour être (' dignes de servir ses autels (i). Maintenant, <( à l'exemple des peuples de l'Asie, on com- '( menée à leur confier la garde de l'apparte- « ment des femmes (2). O vous ! si chères à « toute âme noble et tendre, si nécessaires à ( notre bonheur , faut-il donc , pour vous « conserver chastes et pures, vous faire gar- « der par des monstres, comme la toison de « Colchosetles fruits des Hespérides? »
Non, non, dis-je à Chrysippe, cessez d'injurieuses précautions; éloignez ces eunuques, ces dogues aboyants, ces verroux qui cèdent à l'or (3) : les femmes ont de plus sûrs gardiens dans les mœurs publiques , dans ces vertus dont le germe se développe par l'éducation et les exemples domestiques. Voulezvous voir de vraies épouses, venez dans nos sauvages contrées, c'est là ([ue la femme est
(1) Test., Sfg/iff. rc7'h. ; Juven., .SW?;/. VI ,v. îîi?..
(2] Clai D., XVIII, 98.
(3) Propkrt., lib. II, /-'A'o-, 6, v. 3i.