CHAPITRE IX
« vendre à l'enchère les tableaux et les statues « trouvés à Corintbe , le roi A.ttalus offrit un « prix excessif d'un tableau du peintre Aris- V tide; Mummius commença dès lors à soup- « çonner que ces objets pouvaient être dignes « de la magnificence romaine ; aussitôt il rom- (c pit tous les marchés , et fit transporter ici les « dépouilles de notre infortunée patrie (i). Dert puis, ce goût est allé toujours croissant ; on a vient même tout récemment d'exposer dans « le Forum un grand nombre de tableaux d'ancc ciens maîtres grecs (2); enfin, ce sera bientôt « une fureur, car les Romains ne savent garce der de mesure en rien. Tous leurs goûts de- « viennent des passions , et leurs passions « tiennent du délire. »
La Pinacotheca (3) , dans laquelle nous entrâmes, est située de manière à recevoir le jour du nord (4), parce que cette exposition
(i) Pi.i>'., lil). XXXV, cap. /,.
[1] Ihid.
(3) Pktkoin'., Salyric.^ cap. i;); \ itkin ., lil). VI, cap. 7
(Al ViTRiv., Ibid.
130 LE PALAIS DE SCAl RUS.
lui procure une lumière toujours égale , et ne permet pas aux rayons du soleil d'y pénétrer. Elle est remplie des plus beaux chefs-d'œuvre de la peinture, que Scaurus y a rassemblés à grands frais. Dès l'abord , je m'arrêtai muet devant un tableau de Pausias (i); il représentait un taureau vu en raccourci (2). Le talent du peintre était parvenu à faire une illusion complète. « C'est le premier exemple d'une sem- « blable manière de représenter les objets , me « dit Clirysippe, et c'est encore ce qu'on a « fait de mieux en ce genre (3). Vous verrez « ici beaucoup de morceaux de la main du « même artiste; Scaurus lésa achetés de la « ville deSicyone^ qui, ne pouvant payer ses a dettes, a trouvé;, fort heureusement pour f< elle, une ressource inattendue en vendant « les tableaux de Pausias (4). Voyez plus loin
(1) IIoRAT., Satyr. 7, lib. II, v. 69.
(2) Plin., lib. XXXY, cap. 11.
(3: IhUL
(4) ll^uL