CHAPITRE IX. 13f
« cet ouvrage de Zeuxis ; il n'a nullement res- « senti les outrages du temps (i). Ici ce sont « des tableaux de mon ami Métrodore , égale- « ment célèbre dans la peinture et dans la phi- « losopliie (2); car c'est une grande erreur de « croire que l'étude des arts soit incompa- « tible avec celle des lettres et de la sagesse. « Socrate soutenait au contraire que les ar- « tistes étaient les pliilosoplies par excellence. « Voici un Ajax de Timoniaquele Byzantin (3). « A l'extrémité de la galerie , dans la partie (c comprise entre le cintre de la voûte et la « corniclie qui la supporte, considérez celte « fresque ; elle n'est point remarquable par « la beauté de son exécution , mais le sujet « en est admirable; c'est une allégorie de la '< vie liumaine. Elle nous montre l'homme « livré en naissant à l'influence des bonnes et « mauvaises inclinations : dès qu'il conunence
(1) PkTRON., .S'c/(W7r., caj). 1().
^'ij Pi. IN., lib. X\X\', caj). II. ,'V) Jûic/.
« ce voyage orageux qu'on appelle la vie , a diverses routes se présentent à lui : les unes « fleuries et riantes , où les plaisirs et la voce lupté s'ofTrent pour guides , conduisent aux « erreurs , aux regrets , et enfui , par une pente a irrésistible, à l'excès du vice , du repentir « et du malheur ; les autres , âpres dès l'abord, « mais plus faciles ensuite , mènent ceux (jui « les suivent dans le chemin de la science, cf des vertus , et les font arriver au séjour de (( la vérité et du bonheur. Cette peinture a « été copiée en Grèce , d'après un vieux ta- « bleau , exposé dans je ne sais quel temple de « Saturne (i), et elle a fourni au philosophe « Cébès le sujet d'un petit ouvrage intitulé « Pimix , ou le tableau. y> Ceci me plaît mieux , lui dis-je , que les peintures du Venereum; et même, en vrai barbare, je donne à cette fresque la préférence sur tous les autres tableaux de cette galerie. « Quoi! s'écria Chrycc sippe , vous la préférez à ces monochromes
(l ; Cei!., Tah., p. I.