‹ Le palais de St. Cloud, son histoire et sa déscriptionChapitre 24 sur 43 · JoiUe et jeu de l'oie · texte numérisé non relu

JoiUe et jeu de l'oie

La féte commença pour le peuple vers les trois lieures

aprts midi, par hiit joule sur la Seine. Deux escadres de matelots, dibtinj^ucs par leurs couleurs, và montes sur de petits bateaux peints galamment , donnèrent ce spectaclct auquel ils ajoutèrent le jeu de l'oie , qui ne finit que vers la brune, quelque temps avant le feu d'artifice.

a. Feu d'artifice.

Après les jeux de la joute et de l'oie, qui divertirent beau-

CIÏ\HITRF m.

coup» oo De peusa qii*aii feu d'artifice, dont la decoraiioii et l'exécation enlevèrent tous les suffrages.

JDéeoraHon du feu ^artifice.

Un trait de la Fable avait t'ounii le sujet de la décoration.

" Le serpent l^thon t monstre né du limon que le déluge

de Deucalioii avait laisse sur la terre, infectait la Grèce de son soiiflfîe < ii)])()i',onné; Apollon vint au secours de cette coiiti ee , tjui lui était chère : il combattit le monstre et en délivra la Grèce. X^i victoire et le bienfait du dieu furent célébrés par les jeux Pythiens, qui ne furent institués que pour en éterniser la mémoire* »

Le rapport de la Fable au sujet de la féte ne pouvait être plus juste; aussi les pins ignorants la comprirent, et les plus spirituels en furent cliarnu s, sans en être surpris.

Cet événement, si bien rendu par le jj;enie poétique d'Ovide, a été, j'ose le dire, plus merveilleusement encore exprimé par la décoration.

Segniàs irritant animas demissa per aitrem Quant qttœ sont oeulis stUfJeeta Jidelibus, et quœ Ipsenbi traditspectator

HoR. Art,poct.y V. 180.

La rivière, imai;e naturelle des restes du déluge, était le lieu de la scène ^ sur l'un de ses bords (du côte de Paris) s'élevait, en face du château, une décoration simple, mais Hjftturelle, représentant une chaîne derochei'S. Au pied paraissait un énorme serpent A mi^ôte, la Grèce, figurée par une femme couronnée de tours , dans une attitude qui exprimait à la fois sa terreur et sa confiance, tendait les maina

suppliantes vers le ciel. De l'autre côté, en r^ard, deux fleuves, ;ij)|)uyé8 stir des urnes vides, témoignaient partager !»(>n elfroi ; ils semblaient suspendre de concert le cours de leurs eaux pour les dérober à la contagion universelle. Autiessus de la plus haute montagne , le dieu tutéiaire du pays était debout sur uti groupe de nuées. Au carquois et à Tare qu'il tenait en ses mains, on reconuaissait Apollon.

Ce spectacle , vratmenf intéressant , parce qu'il rendait au naturel l'état ou la l'ratK ê xmailde se ti'ouver, pai ki maladie du fils unique de son roi, et le bienfait signale du ciel qui venait de délivrer du œonstre au souffle empoisonne le peuple français, en la personne de oe prince, ce spectacle, dis-je» paraissait n'être réservé que pour le jour; la nuit devait, ce semble y l'éclipser; mais le génie qui présida i toute la féte sut tirer parti de lobscurité même, et au milieu <lu fracas de l'artilice, l'allégorie se soutint aussi heureuseuu rit (pTelle avait brillé dans la décor.itiou. Le ieu et Teau semblèrent se prêter a Tallusion, et l'on peut assurer que ce fut un chef-d'œuvre de l'exécution;

ExéctUion dujtu danifice.

Après quelques boîtes , prélude ordinaire , le lit de la ri>

vière parut s'enflammer des vapeurs sulfureuse a que le serpent exhalait. Elles sortaient, couune autant de fournaises , de ses yeux, de ses narines et de sa gueule, tantôt en feux étinoelaots, tantôt en tourbillons de (iimée; alors, du haut de la montagne, Apollorb perça le nuage qui Tenviroimait, et lança contre le monstre une grêle de flèches embrasées. Aussitôt les deux fleuves , comme s'ils n'eussent attendu que ce signal , s'unirent à Apollon, et versèrent de leurs urnes des torrents de flanurirs, qui, pénétrant jusqu'au sein des rochers, ouvrirent une issue aux volcans qu'ils ren fermaient.

(iiAHITitli NI. 4^1)

Kofiii le monstre parut succomber, et vomir, en expirant, le reste du venin dont ses flancs étaient remplis.

La victoire de ce dieu fut manfuée par des fanfares que les

échos- répétèrent. Au bruit des timbales et des troiupettes , siiccédci un monuMît d'inaction et de silence, premier motiveuientde Tadmiration et de la reconnaissance de la Gièce pour un bienfait tout à la fois et si grand et si inattendu. Tout à coup un soleil plus pur embrasa rhorison d'une clarté prodigieuse et rembetlit encore par le jet d*ane girande qui fit éclore des raillions de serpenteaux et d'étoiles qui effacérant l'éclat de la lune , qui brillait dans toute sa beauté.

S. ^otte iUutninée,

Un instant d'obscurité fit paraître plus brillante eocon» l'arrivée dVne flotte de trente et un bateaux , dont les agrès étaient dessinés par des lumières renfermées dans des lan*

ternes, et dont les matelots, habiiUs a la grecque, faisaient retenln- Tair de mille cris de joie. Ces trente et un bateaux vinrent se ranger en demi-cercle devant la décoration du feu, comme pour rendre hommage au dieu vainqueur du monstre et bienfaiteur de la Grèce.

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