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F Mistral, Nerlo, chant II

Itinéraire pour la visite du Palais

En attendant que des restaurations prochaines aient rendu au Palais ses anciennes dispositions, les visiteurs devront se borner à Texanien des parties déjà dég-ag-ées et de celles qui ont le moins souffert du temps et des hommes.

Voici Tordre dans lequel cette visite pourrait s'effectuer.

Tout d'abord, au lieu d'arriver au Palais, comme on le fait g-énéralement, par la place de l'Horlog-e, il serait plus intéressant d'y venir par la place de l'ég-lise St-Pierre, dont la g-racieuse façade du XV^ siècle, les belles portes sculptées, de l'époque de la Renaissance, la chaire g-othique en dentelle de pierre et les boiseries du chœur (XVIP siècle) valent bien un lég-er détour.

On prendra ensuite la rue Peyrolerie pour arriver en quelques pas sur la place de la Mirande, d'où se découvre l'ensemble imposant de la façade orientale du Palais et tout particulièrement les tours

des Ang-es, de la Gar. le-Robe, de St- Laurent et le fond (Je la Chapelle ponliRcrile.

En suivant le reste de la nue Peyrolerie, eui'ieusenient taillée dans le roc, le long' de l'Audience et de la g^rande Chapelle, on passera sous Ténorme arc-boutant et devant les arrachements énigniiatiques de Tang-le sud-ouest, pour aboutir en Face de l'ancien Hôtel des Monnaies (Conservatoire de musique), sur la place du Palais, lont la perspective est fermée par l'ancien archevêclié et la cathédrale. Après avoir considéré l'ensemble de la façade occidentale, terminé»- par la haute tour de la Canqiane, on montera à la g*raiule porte toujours surmontée des armes de son constructeur Clément VI, mais qui n'a plus que les supports en nids d'hironde des jolies tourelles, dont la toiture effilée s'élançait jadis pittoresquement au-dessus des crénelag-es.

Le vestibule franchi (armes de Clément VI à la première clef de voûte, et g'Hsailles du temps des vice-lég-ats), on traversei'a la cour pour monter de suite sur la plate-forme de la tour de Trouillas. De là, comme d'un merveilleux observatoire, on pourra se rendre compte de l'ensemble des dispodispositions du Palais.

Du côté de l'ouest, le reg'ard plong-e à l'intérieur de l'ancien cloître (jardin des archives départementales), autour duquel s'élevèrent les premières bâtisses : à droite, l'ancienne Cliapeile pontificale (g-rande salle des Arcliivés), élevée par Jean XXII,

sur le bas de l'église St-Etienne, et agrandie par Benoît XII ; — en face, Vailedes of'fîcïers et familiers du Palais, surmontée du campanile ; — à g^auche, Vaile des réceplions [chambre de parement et logis des hôtes). Autour du préau, on disting-ue quelques restes du cloître.

Au sud, on a devant soi la tour de la Glacière, la curieuse toiture conique des cuisines et la tour St-Jean, appliquée sur le milieu de l'aile du ConsistoireeX de la grande scdle à manger. — Plus loin, la tour des Anges domine les appartements privés du Pape et se détache sur le haut de la grande Chapelle, acco m paginée de la tour St- Laurent.

Au sud-ouest, la tour découronnée delà (r«C/^e, l'aile de la Trésorerie et la tour d'ang-le avec la tourelle da Cardinal blanc achèvent l'encadrement de la cour d'entrée.

Enfin, à l'est, on plong-e sur l'emplacement des anciens jardins du Pape, et des bâtiments de service, remplacés par la manutention militaire.

La cathédrale et la promenade du Rocher des Doms ferment le cercle au nord.

Si l'ascension de la tour est un peu laborieuse, elle permet d'embrasser en un instant la masse totale du Palais, et d'admirer aussi le merveilleux panorama qui s'étend à perte de vue, du Ventoux aux Alpines et aux collines du Gard, enserrant une des plus riches vallées du monde, où la Durance et le Rhône viennent se joindre à travers une vég-étation luxuriante.

Au premier plan, les restes du pont St-Bénézet mènent la vue à la tour Philippe le Bel, qui en défendait l'accès sur cette rive, et ensuite sur Villeneuve, descendue de la vieille enceinte de St-André, pour se g-rouper, dans le bas, autour des maisons de plaisance des cardinaux et de la Chartreuse d'Innocent VI. Plus loin, Ghâteauneuf-du-Pape, que Clément V quitta pour aller mourir, de l'autre côté du Rhône, à Ro(|uemaure. Plus loin encore, Garpentras, où se tint le premier conclave de France. Au-devant, Sorg-ues, où Jean XXll avait bâti son château de prédilection. En suivant à droite, Montfavet, ancienne villa cardinalice, les tours jumelles de Chàteaurenard, où Benoît XllI se !'érug'ia,la tour carrée de Barbentane, où flottait la bannière de l'évêque d'Avig-non, le château des Issarts, où finissait le diocèse. On ne se lasserait pas de reg"arder et de décrire les villag-es et les châteaux étag-és au-dessus de cette plaine fertile, qui fournit les marchés d'Ang-leterre, de Suisse et d'Allemag-ne de primeurs et de fruits, tandis que les coteaux produisent ce vin renommé de Châteauneuf-flu-Pape, classé en tête de tous les crus du Midi. Mais il faut vite redescendre pour parcourir l'intérieur du Palais.

De la tour de TrouiUas, on passera au (piartier adjacent des c?/M?/îeA' et de leur^s dépendances, où la cheminée d'aération est parfaitement conservée. Ou traversera ensuite dans toute sa long'ueur la grande mile à mange/', dont la hauteur est réduite

de moitié par une voûte moderne. A g-auche, on visitei a la chapelle de St -Martial, ornée de ses fresques. On reg'ardera, à droite, en passant, la salle de réception [caméra parameni}), et on descendra à la chapelle St-Jean (fresques), contre la salle du Consistoire, qui forme le dessous de la salle à mang-er, et dont la hauteur est pareillement coupée en son milieu. C'est ce quartier qui fut incendié en 1413, et qui était resté en ruines sous le nom de salle brûlée ou de salle des lierres, parce que les murs en étaient envahis.

En traversant Taile des appartements privés, et l'ancienne ,sr///e f/e /e67/.s', morcelée et méconnaissahle, on pourra voir, à g*auche, la chapelle privée des vice-légats, et on aboutira à la tour des Anges. On visitera au bas la scdle du Trésor, et aux étag'es suivants la chambre des écuyers, celle du Pape, avec l'annexe de la tour des Etuves, qui en était comme le cabinet de toilette, puis la bibliothèque ou trésorerie haute. (Curieux réseau d'escaliers dans l'épaisseur des murs. )

On passera, par quelques marches, dans la chapelle Si-Michel, qui était l'oratoire du Pape, et on descendra à l'étag-e suivant de la lourde la Garderobe, où de curieuses fresques ont été récemment retrouvées sous le badigeon En suivant les dég-ag-ements pratiqués dans la sacristie de Clément VI et pièces adjacentes, on arrivera h la grande Chapelle pontificale et au vestiaire (tour St-Laut'ent), avec les pièces ajoutées pour V auditeur génértd.

A la sortie, on pourra voir une des fiières voûtées de V appartement du camérier , et tout pi'ès le charmant corridor improprement appelé galerie du Conclave . On de^QQuAvQ. ensuite le grand escalier , pour visiter au bas V Audience et ses fresques. A ç.àié^eivo\\ye.V Audience des contradictoires, qui fut V arsenal des vice-lég-ats, mais qui n'est pas encore dég*ag"ée de sa transformation en cuisine de caserne.

Le visiteur se retrouvera dans la cour d'entrée, ayant accompli tout le tour du Palais dans ses parties les plus intéressantes, en attendant que le chaujp des visites soit ultérieurement ag^randi.

Quant à la chapelle de Benoit XII, la tour de la Campane et les restes du cloître, ils dépendent des Archives départementales, et cette partie n'est visible qu'avec une autorisation spéciale.

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