‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 27 sur 134 · Faucon, op. cit., Mélanges, 1884, p · texte numérisé non relu

Faucon, op. cit., Mélanges, 1884, p

avait, au fond de la cour d'entrée, en face de la grande porte actuelle, la Ti^ésorerie et ses annexes, qui, déjà sous Benoît XII, sont appelés dans les comptes Trésorerie vieille, et que ce Pape démolit pour construire au même endroit ses appartements privés et la tour des Ang-es

En retour d'équerre avec cette Trésorerie, et par conséquent à droite du visiteur entrant par la g"rande porte actuelle, il y avait le Palais de justice ou Audience, que Clément VI remplaça, presque sur le même point, par la belle Audience, surmontée de la g-rande Chapelle pontificale, le long* de la rue Peyrolei'ie. L'emplacement et l'état de ces édifices seront décrits au moment de leur transformation sous les pontificats suivants.

Ainsi, déjà sous Jean XXI 1, la cour d'entrée actuelle avait, en plus petit, et avec des constructions moins altières, la mémefig^ure qu'aujourd'hui, sauf qu'au lieu de la façade (jui donne sur la place du Palais et sur laquelle s'ouvre la g-rande porte, il n'y avait qu'un simple mur de clôture. Quant aux trois auti-es côtés, ils étaient déjà bordés de bâtiments. Nous voilà loin de l'unique carré primitif de l'éveché, puisque les deux carrés actuels existaient déjà, chacun ave(; s;i cour.

Le> successeurs d(^ Jean XXII retirent cluKpje partie du Palais plus g-raudc et plus belle, niais sans changYM' le plan g'énéral, et en se bornant à juxtaposer la nouvelle construction en dehors de l'ancienne, de façon à utdiser celle-ci jusqu'à

Tachèvement de Tautre, et à la démolir ensuite, pour que remplacement servît à ag'randir les cours intérieures.

On est donc bien fondé à donner dorénavant à Jean XXII une part beauconp plus g*rande qu'on ne Ta fait jusqu'à présent dans la création du Palais actuel, où il n'est resté de ses bâtisses presque rien, et où il avait cependant emplacé presque tout.

Son activité ne se borna pas d'ailleurs au Palais d'Avig-non. Il avait g-ardé sous sa main l'administration du diocèse et était évêqued'Avig'non,comme les Papes sont évêques de Rome. A ce titre, il restaura tous les châteaux possédés par la mense épiscopale, à Bédarrides et Cliàteauneuf (Vaucluse), ainsi qu'à Noves et Barbentane (Bouches-du- Rhône) '. Il construisit entièrement à neuf son château pontifical de Sorg^ues, à côté de celui qui avait appartenu aux comtes de Toulouse. De ce dernier il fît son hôtel des Monnaies, pour le numéraire d'or et d'arg"ent que lui frappaient des monnayeurs venus de Florence'.

A Avig^non, il fit ajouter à Notre-Dame des Doms la chapelle où il fut enseveli, ainsi c[ue son neveu Jacques de Via. Leurs armes sont encore sur le mur extérieur de cette chapelle'. 11 fit ajouter aussi

1. M. Faucon, op cit., Mélanges, 188», p. 48, — 1884, p. 88-90, avec citations de textes des Archives du Vatican. L'ancien diocèse d'Avignon s'étendait en Languedoc et en Provence.

2. Ibid., 1884, p. 81, Sorgues. Le Musée-i^alvet possède des exemplaires de ces monnaies

3. Ces armes sont parfaitement conformes à celles figurées dans

d'autres chapelles et constructions nouvelles à l'égalise de St-AgTicol d'Avig'non, aux couv^ents des Dominicains, des Goideliers, des Carmes. Il fit bâtir en entier l'ég-lise de Notre-Dame des Miracles, près de la porte actuelle de St-Roch'. Il ag^^andit l'hôpital du pont de St-Bénézet % et éleva les nouveaux bâtiments de TAumône de la P'iynole. Il fit ég^alement procéder à d'an 1res constructions en divers pays, et dispensa beaucoup de larg'esses aux égdises, à ses l'amiliers et aux pauvres 3.

Toutes ces dépenses n'épuisèrent pas le trésoi- du Pape L'argent monnayé, vaisselle, ornements, personnels ou de chapelle, et autres joyaux laissés par Jean XXII furent estimés par les contemporains à 25 millions de florins d'or, soit, au pouvoir actuel de la monnaie, environ un milliard et denii. « J'en « puis rendre témoig'iiag'c certain, dit Jean Villani, « parce que mon frère Romone, dig-ne de foi, qui (( était alors, à Avig-non, marchand cUi [\ipe, l'apprit « des trésoriers et des autres officiers commis pour (( compter et peser le trésor * ».

Les actes g*énéraux de la vie des Papes sont étrang'ers à cette étude. On peut cependant en

Duchesne, Cardinaux français, et Reynard-Lespinasse, Armoriai du diocéae d'Avignon.

Page 1