‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 30 sur 134 · Teissier, Ud^I. des Vapea d' Avignon, p · texte numérisé non relu

Teissier, Ud^I. des Vapea d' Avignon, p

Bien i\ue Jean XXTI PCil, d'après 1rs contemporains, petit, pâle et de voix g-pêle, il prolongea sa vie jusqu'à -plus de 90 ans, et rég^na 18 ans, 3 mois et 18 jours, flu 7 août 1316 au 5 décend)re 1334. Ce fut le plus long* des pontificats avigMionais. Le superbe tombeau g-othique où il fut mis. dans In cathédrale d'Avig^non, fait encore aujourd'hui l'admiration des visiteurs. Il ne fut achevé que plus de dix ans après la mort du Pape. C'est, en efîet, le Kl octobre 134o que le prix convenu, 650 florins d'or, fut payé à maître Jean de Paris, soit environ 40.000 francs au pouvoir actuel de la monnaie. On y voit la statue supposée du Pape sous un édicule à jour, surmonté de pinacles et de clochetons. Les niches, ménag'ées sur le socle et parmi les piliers, contenaient 64 statuettes, dont quelquesunes, échappées aux destructions f^évolutionnaires, furent mises à la chaire à prêcher de l'ég-lise St- Pierre d'Avig-non, pour remplacer celles qui avaient disparu de ce g^racieux ouvragée du XV" siècle.

En outre de ce qui a été décrit ci-dessus et pour compléter la g*erbe des floraisons architecturales que la venue de la cour romaine fît éclore non seulement en ville, mais aussi aux alentours, ou peut, du haut des tours du Palais des Papes, apercevoir quatre monuments élevés dans la campag-ne environnante sous le pontificat de Jean XXII :

l'égalise collégiale bâtie à Villeneuve-lès-Avig-non par le neveu du Pape Arnaud de Via ; le château fortifié et Tég-lise de Montfavet (banlieue d'Avig-non), construits par le cardinal Bertrand de Montfavet ; tout à côté, la Toui' d'Espag^ne, reste des bâtisses élevées par le cardinal espag'nol Pierre Goniez de Barosso : enfin la Chartreuse de Bonpas au bord de la Durance.

Le troisième Pape d'Avi^nop : Benoît Xll

Le 20 tlécenibr'e 1335, au coiicluve asseinblé pour la première t'ois dans le Palais d'AvigMion, le plus inattendu des ving^t-quati'e cardinaux présents l'ut nommé Pape <à l'unanimité. Ou rappelait \eCardinal blanc parce que, même dans les honneui's, il n'avait pas quitté Thabit blanc des moines de Gîteaux, qu'il avait pris tout jeune au monastère de Bolbonne, pi'ès de son pays natal de Saverdun (Arièg'e). Son père, Guillaume Nouveau ', était fournier. ()n avait appelé Teiifant : le petit l'ournier, Jacques Fournier (Jacobus Furneni), et ce nom lui resta. A son couromiement, il prit celui de Benoît XII et ne voulut pour armoiries qu'un écusson simple et nu, d'arg^ent bordé de pourpre \

Villani, touj >urs amer pour les Papes d'Avig-non, prétend (|ue I unanimité de cette élection fut une surprise, la (plupart des cardinaux ayant ci'u faii'e

1. Baluzc, I, 197. L'auteur de la première Vie de Benoit XII a confondu le nom et le surnom professionnel

2. Et non de gueuks à Vécu d'argent en abiiiie, comme dans les recueils héraldiques. Voir les clés de voûte des édifices construits par ce Pape, notamment dans la tour de la Campane, de la Glacière, etc.

seulement un scrutin d'essai sur un candidat improbable qui recueillit toutes les voix. L'élu, encore plus étonné que les autres, se serait écrié : « Vous venez de nommer un âne ! * ». C'eût été trop de modestie. Le seul tort de Benoît XII, aux yeux de Villani, était que ce Pape français avait fermé la bouche au parti italien et à son poète Pétrarque, qui fatig-uait les échos du Palais des lamentations de Rome redemandant son pape, sans lui donner les moyens de résider chez elle avec repos et dig'nité.

Benoît XII, qui aimait les situations nettes, mit tout ce monde au pied du mur. Il déclara en consistoire public que son plus cher désir était d'aller à Rome et qu'il envoyait le jour même des lég'ats à Bolog'ne, afin de demander des log^ements pour le Pape et les cardinaux. Mais les Bolonais, toujours en révolte, comme les Romains, chassèrent les lég-ats. Il fut expérimentalement démontré que le retour en Italie était impraticables

Dès lors le séjour provisoire de la cour romaine à Avig-non menaçant de durer long'temps, le Pape voulut s'installer plus convenablement que dans les abris transitoires dont ses prédécesseurs s'étaient contentés. Clément V avait log^é chez les Dominicains, comme à l'hôtellerie. Jean XXII avait habité provisoirement l'évêché àtitre d'évêque d'Avig-non. Benoît XII voulut être définitivement chez lui à litre de Pape.

1. Villanl, op. cit., t. XIII, c, 76G : « Havete eletto uno aaino. »

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