Valadier, op. cit., p
2. 30 octobre 1333 : « Caméra turris magne quaiu solcbat tenere (loiiiinus caiiierarius super ihesaurariam . » Eh., 645.
3. 30 juin 1355 : « Pro faciendo IIII colgas et IIII bancos pro scutiferis, in caméra turria in qua solebat jacere dominus camerarius. » Eh., 648.
On préférerait de beaucoup qu'ils eussent respecté les dispositions et l'architecture primitives, dont il n'est plus possible aujourd'hui de se rendre compte, dans trop de parties du Palais.
Cette pièce, comme toutes celles des étag^es supérieurs, n'est pas voûtée, mais plafonnée à la française, avec solives apparentes sur d'énormes poutres encasti^ées dans les murs et supportées par des consoles de pierre.
2'ne Étage. — C'était ici la chambre à coucher installée pour Benoît XII, et que la plupart de ses successeurs ont ég'alement occupée'. Elle est appelée souvent, dans les textes, la chambre du Cerf volant fCe?'vi volantis), probablement à cause d'un animal chimérique de ce g^enre, peint sur la porte ou dans quelque partie notable de la décoration murale. C'est ainsi c[u'une salle voisine était dite de Jésus, parce que le monogM-amme du nom de Jésus était peint au sommet de la v^oûte.
La fig^uration d'un Cerf qui vole était alors fort usitée en peinture ou en sculpture. Dans un acte notarié contemporain, il est dit que l'écrit a été dressé à Avignion, dans l'hôtellerie du Cerf qui vole, au faubourg- delà Grande-Fusterie '.
Tout le tour de la chanibre du Pape était couvert de peintures à fresques, conservées en partie sous
1. Clément VII l'occupait encore. Inventaire de 1379 : « In caméra Cervi... unus leclus in quo cturinil doininus noster Fapa. » Eh., 667.
2. (' Àveniune, in hospitio Cervi volantis, in vico Magne Fusierie.i) Martène-Durand, Amplissiina collectio, VII, 671.
les couches multipliées de badig-eon du g'énie militaire. On a commencé à en découvrir quelques portions Elles suffisent à donner une idée g-énérale du tout. C'est un g-rand lacis de brancliag^es feuilles, où se jouent des oiseaux et où peut-être se trouvait quelque part le cerf volant.
Gomme dans les autres étag'es, le plafond est à 8 mètres de hauteur.
Trois g-randes fenêtres, munies dans leurs vastes embrasures de deux bancs de pierre, éclairent la chambre, deux au couchant, sur la cour d'entrée, l'autre au levant, au-dessus des jardins, offrant une vue splendide sur la ville et sur l'admirable panorama de la vallée du Rhône, jusqu'aux contreforts lointains des Alpes.
Il n'existe plus rien de la g'rande cheminée dont le tuyau, caché dans le mur, peut seul indiquer la place.
Trois escaliers aboutissent dans la chambre. Par des passag'cs pratiqués dans l'énorme épaisseur des murs, le Pape pouvait communiquer dans toutes les parties du Palais. Ces curieux escaliers etpassag-es sont parfaitement conservés.
Telle était la chambre officielle des Papes. Mais il ne faudrait pascrnii'c qu'ils n'en aient jamais eu d'autres, et qu'ils aient tous et constamment couché au même endroit. Les textes nous en font connaître sur dillerents points, dont les Papes ont usé suivant It'ur ffré.
3"^« Étage. — Au-dessus de la chambre du Pape, et occupant exactement le même espace, avec les mêmes dimensions, se trouvait la Trésorerie haute. Il n'y avait ici ni numéraire, ni pièces de comptabilité, mais seulement des objets précieux. Or, parmi les choses de la plus haute valeur, étaient alors compris les livres, encore tous manuscrits, et dont beaucoup étaient ornés de ces miniatures admirables qui sont aujourd'hui si recherchées et si chèrement disputées dans les ventes publiques. Cette belle pièce était la Bibliothèque du Pape, comme l'a démontré le R. P. Ehrle '. Elle prenait jour au levant par deux fenêtres sur le jardin
4mc Étage et Ghatelet. — A ce dernier étag-e, l'épaisseurdes murs diminue subitement, en dehors, de 1 m. 30, tandis que le parement intérieur continue à monter d'aplomb. Il en résulte un retrait extérieur sur les quatre faces de la tour, tandis qu'au dedans l'étag-e a les mêmes dimensions que les autres. En avant de ce retrait, servant de plateforme, des arceaux jetés sur l'aplomb extérieur des piliers au dehors des quatre faces de la tour forment ces longes mâchicoulis de 1 m. 50 sur 0,40 c. décrits ci-dessus, et portent un g-arde-corps crénelé, de 0,45 c. d'épaisseur. Derrière ce g'arde-corps, dont les nierions, unis et sans bordure, s'élèvent à 2 nj. au-dessus de la plate-forme, les défenseurs pou valent
1. Eh., 12i-130, dissertation très documentée suv l'emplacement de la bibliothèiiue des Papes : u In thesauraria supra cameram ponlificis, in iurriin SS. Angelorum », p. 130, in fine.
circuler pour jeter sur les assaillants les projectiles emmag'asinés dans le dernier étag'e de la tour.
Le sommet des murs de ce dernier étag^e était couronné d'un second rang" de créneaux derrière lequel, avec un nouveau retrait pour la circulation des défenseurs, le parement intérieur portait un mur lég-er surmonté d'une toiture pyramidale couverte de plomb. Tous ces détails sont rendus sensibles par la coupe de la planche ci -contre.
Sauf le crénelag^e supérieur et la couverture de plomb remplacée par un toit de tuiles à deux pentes, tout le reste est conservé, même les g-arg-ouilles sculptées des ang^les du châtelet.
J'ai tâché de donner une description aussi complète que possible de cette tour des Angles, parce qu'elle est actuellement la plus complète de toutes, qu'elle est aussi une des plus intéressantes, puisqu'elle contenait les pièces intimes de l'habitation personnelle des Papes, et qu'enfin les explications fournies sur cette tour s'appliqueront aux autres, dont la description sera ainsi simplifiée
La tour des Ang*es est l'œuvre unique du Palais sur laquelle on puisse le mieux jug*er l'architecte Pierre Poisson. Il mit environ deux ans pour la construire. Ainsi que nous l'apprend son carnet, rédig-é en provençal, les fondements furent commencés le 23 avril 1335' ; la loilin-c (Hait payée le
1. (( Anno Vomini MCCCWXV, XXIIl dias duiz abrial, coiiiencem. . a cavar les fonzaments de la tor. » Eh. 602^ noie 117.
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18 mars 1337 » ; et clans les mois suivants on procédait aux peintures».
Cette tour a porté des noms très variés : sous Benoît XII, grande tour ; sous Clément VI, tour du Trésor, tour du Pape ; sous Innocent VI, tour grosse, tour couverte de plomb ; sous Urbain V, tour de la Trésorerie, tour St-Michel ; sous Grég-oire XI, grande tour; sous Clément VII et Benoît Xtll, tour de plomb. Parfois aussi elle porte simplement cette mention : tour où couche le Pape\ J'indiquerai un peu plus loin d'où lui est venu, à mon avis, le nom actuel de tour des Anges.
Un contemporain a dit de cette tour que Benoît XII l'avait faite grande et carrée à son image *.
Appartements pri-vés du Pape.
Cour d'entrée, aile de face. (N" 16 du plan.)
En 1337, au moment où s'achevaient les derniers travaux à Tinlérieur de la tour des Ang-es, le pape Benoît XII faisait élever le corps de log-is, maintenant modernisé, qui lui fait suite sur la cour, en face de la porte d'entrée \
Jean XXII avait eu sur le même emplacement les dépendances de sa chambre et de sa trésorerie avec
1. 18 mars 1337 : a Pro cohoperlura phimbea dicte turris. » Eh., 604.
2. 12 juin 1337 : « In picturis turris et caniere magne. » Eh., 604.