‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 41 sur 134 · Denilîle-Ehrle, Archiv., V · texte numérisé non relu

Denilîle-Ehrle, Archiv., V

2. Baluze, I, 5G2 : « Cardinales quos ego congregatos ridi tn cuineia paramenli. »

3. 31 décembre 1352, Eh., 644 : a Travaux faits de jourel de nuit pour préparer les locaux du conclave et faire communi(iucr la petite et la grande salle à manger (N"' 16 et 18 du plan) avec la Caméra paramenli.)) (N" 30 du pian.) Les renseignements qui suivent concordant avec ces textes très précis dispensent d'insister sur ridcntificalion évidente de la Caméra paramenli.

pontificales faites en cet endroit n'était pas perdu.

A cette époque, Vaile des réceptions et des conclaves, qui depuis long'temps n'avait plus d'emploi, était utilisée, par les vice-lég^ats, pour un jeu très français, qu'on appelle aujourd'hui exotiquement d'un nom angolais : Football. Dans son Voyage en France, sous le règ*ne de Louis Xlll, Jodocus Sincerus sig-nale la vaste pièce, où, dit-il, « les Papes étaient jadis élus, et qui sert maintenant au jeu de ballon ' ». Cette destination n'était pas oubliée des vieux avig-nonais qui appelaient encore récemment cette partie du Palais le Jeu de Ballon. Elle est indiquée sous ce nom sur le plan publié par .]. Couviei [Gazette arc héolof/i que, 1855) et réédité parE. Mimiz [Semame des Consti^ucteurs, 1887).

Il ne reste plus que les murs de cette vaste salle, qui occupe encore aujourd'hui toute l'aile g'auche de la cour d'entrée, et qui a 33 mètres de long* sur 10 de larg'e. Sa hauteur a été coupée en deux par une voûte nervéc de briques, que le g-énie militairea établie sur des piliers bizarres, avançant dans la pièce à la façon d'amorces de cloisons séparatives, comme pour former une série d'alcôves. On a voulu diminuer ainsi la larg^eur des voûtes, et répartir sur ces piliers la poussée qui aurait buté contre les murs. La façade sur la cour a été remaniée et les ouvertures refaites en fenêtres modernes.

t. Jodocus Sincerus, Itinerarium Galliœ, Lyon, 1616, p. 2îi0-251 :

(( Atrium in qiio ponli/ice^ electi fuerunt, liodic pilœ luujons litsai destmatum. »

Il en est de même clans l'étag-e qui surmontait la salle des réceptions, et qui a été, lui aussi, coupé d'une voûte. 11 servait autrefois à log-er les hôtes princiers. Le fils du roi de France habita de ce côté, en 1344, un appartement complet, avec salle de réception, salle à mang'er, etc. Sa cuisine donnait sur une petite place au-devant de la porte du Palais, maintenant bouchée, du côté de Notre-Dame des Doms ', près de l'entrée actuelle des Archives.

L'empereur Charles IV y log^ea aussi en 1365, lorsqu'il tint au Palais d'Avig*non une g"rande assemblée de princes qui commença, le jour de la Pentecôte, par une messe duSt-Esprit, à laquelle il assista en habits impériaux, couronne en tête, sceptre et g'iobe en mains. 11 alla ensuite en Provence et se fit couronner roi d'Arles dans la cathédrale de St- Trophime. Depuis lors on appelait cet appartement la chambre de r Empereur ^

Aile du Consistoire

et de la salle à mangrer de cérémonie.

Xours de St Jean et de la Glacière.

(N°M8, 19 et 22 du plan.)

Le 1" septembre 1338, les couvreurs achevaient la toiture de l'aile des réceptions, qui vient d'être décrite \ Immédiatement, on entreprenait l'aile

1. 11 Juin 1344, Eh., 631 : « Platea versus Beatam Mariam... in qua doiitinus Johannes Francie fectt coquinam. »

2. Décembre 1369, Eh., 661, note 387 : « P/'o nianlello facto in caméra iinperaloris m iatroytu parvi tinelli. » (N" 17 du plan.)

3. 1" septembre 1338, Eh., 606 : « Pro coopertura aule nove ante primain portain. »

Suivanle, qui va de l'ang-le nord-est de la cour à la tour de Troudlas.

Tous les bâtiments anciens, où Jean XXll avait eu son consistoire ' et diverses autres installations, étaient démolis ; des fondations étaient creusées en contre-bas, du côté du jardin, pour asseoir, sur le rocher les constructions nouvelles ^

Le iO du même [nois, marché était passé avec trois entrepreneurs, Jean Mate, Bertrand (Jalfuer et Pierre de Lunel, qui devaient élever les murs du nouveau consistoire^ de la chapelle et de latour % c'està-dire de toute Taile donnant à la fois au couchant sur le cloître et au levant sur les jardins, ayant vers son milieu les chapelles superposées de latour appelée aujourd'hui St-Jean,Q\. finissant au nord par la tour des Latrines, dite maintenant La Glacière. Il n'était pas encore question de bâtir la tour de Trouillas.Vers son emplacement, existaient toujours les anciens bâtiments de la prévôté, où étaient log-és les chapelains de la chapelle pontificale. Ce n'est que quatre ans après, en 1342, que Benoît XII ajoutera la g*rande tour de Trouilias et appuiera un de ses côtés sur la tour préexistante des latrines, de telle sorte que cette dernière paraît maintenant encastrée dans l'autre qui la domine. Ce chevau-

1. 1" octobre 1338, Eh., 606 : « Vro facicndo fuiidrniirnto (iule a capile l'crsMS coquinam usque ad consistorium unie lalrinas ; pro deslrueiidis hospiciis inter coquinain vclerein et consistorium. »

2. 1" octobre 1338, Eh., 606 : <i Pro fundamcnlo linelli a parle viridarii in rupe. »

3. 10 octobre 1338, Eh.. 606 : » Debent facere murns consistorii nom, CAPELLE ET TURRis, a parle viridarii. »

oheiiient des deux tours avait fait penser que celle des latrines, ou de la Glacière^ datait de Jean XXII, et que Benoît XII, au lieu de la démolir, l'avait utilisée en y épaulant la tour de Trouillas. Mais les reg"istres de comptes prouvent que la tour des latrines a été bâtie antérieurement par le même Pape. On y trouve, en effet, à la date du 16 janvier 1341, le compte final et le cannage ou mesurag'e de la maçonnerie de toute cette aile du Consistoire et de la grande salle à manger, ainsi que des DEUX TOURS du Consistoire et des Latrines ', avec leurs piliers ou ancoules, leurs mâchicoulis, crénaux et demi-murs dits bujets ', leurs escaliers ', etc.

Le compte final des toitures en charpentes et tuiles était rég-lé le 7 août 1339 *. La construction du g*ros œuvre n'avait duré que dix mois. Il n'y avait, il est vrai, que deux étag-es, composés chacun d'une seule pièce. Point de voûtes, des planchers à la française, ouvrés par Pierre Gautier, fuslier avig*nonais'. Les tours seules étaient voûtées à chacun de leurs trois étag^es et au sommet.

1. 26 janvier 1341, Eh., 620 : « Pro edificio murorum consistorii, tinelli et turrium dicti consistorii et latrinarum. »

2. Même date : « Cuiii diinidio de mûris buietis..., barbacanis, merletis et buietis dictoruiu consistorii et turrium capelle cousistorii et latrinarum... »

3. Même date : a Ac buietorum gradarii per quod ascenditur supra turriiii latrinarum. »

4. 7 août 1339, Eh., 610 : a Pro recoperiendis tectis tinelli magni et turris capelle computus flnalis. »

5. 15 octobre 1339, Eh., 611 : « Fado finali computo cum Petro Gauterii, fusterio de Avinione, pro infrastalura consistorii et magni tinelli. >.

Il faut donner séparément quelques explications sur les pièces qui composaient cette aile, et sur les deux tours qui la flanquent.

l°Le Consistoire. (N° 18 du plan.) — Il occupait tout le rez-de-chaussée. Le Pape y siég*eait solennellement avec les cardinaux pour rég'ler les gTandes affaires de la chrétienté et pour recevoir les empereurs, rois, princes ou leurs ambassades.

Cette pièce avait 40 mètres de long' sur 11 de larg-e. Ces vastes dimensions ont été conservées dans l'adaptation du Palais en caserne ; mais, ainsi que dans Taile des réceptions, la hauteur fut coupée par une voûte en brique pour doubler le nombi^e des étag*es. 11 y a donc actuellement deux salles superposées au lieu d'une, et il faut, par la pensée, supprimer cette division pour avoir les véritables proportions du Consistoire.

Sur le plan du Palais dressé par Pompéany en 1801 on voit, vers le fond de la salle du Consistoire, le tracé des murs bas qui portaient l'estrade destinée au Pape et aux cardinaux. Le 10 août 1339, le trésorier du Palais payait à Bernard, de Narbonne, 15 florins d'or de Florence, près de 1.000 fr. de notre monnaie, pour les sièg*es de pierre de cette estrade '. Clément VI avait fait orner les murs de peintures. Peut-être en reste-il des traces sous les

1. 10 août 1339, Eh. 610 : « Bernardo Narbonensi, lapiscide, pro conxlructione sedilium consistorii facloniin per eum, XV flor. auri de FloreiUia. ».

badig'eons. Nous savons seulement par les comptes qu'elles étaient de Matteo Giovanetti, de Viterbe, et que, parmi les sujets représentés, il y avait une scène de couronnement, peut-être de la Ste Vierg^e, et quatre Souverains Pontifes qui, d'après une supposition d'E. Mûntz, auraient pu être les quatre prédécesseurs de Clément VI à Avig-non ». Sept fenêtres éclairaient le Consistoire sur le jardin. Maître Christian, verrier d'Avig'non, y avait mis des vitraux doubles dehors et dedans ^

Sr aucun aménag-ement intérieur du Consistoire ne subsiste, rien n'est plus certain que son emplacement. Les textes foisonnent à ce sujet. Le seul énoncé des comptes, qui associe dans une même construction le Consistoire en bas. la salle à mang'cr au-dessus, et les deux chapelles juxtaposées de la tour St-Jean, dites chapelles du Consistoire et de la salle à manger, ne saurait laisser aucun doute.

Cependant, sur la simple inadvertance d'un biog*raphe, qui a confondu les peintures du Consistoire et celles de ï Audience \ une fausse opinion s'est formée pour appeler Consistoire la g-rande salle du rez-de-chaussée, le long* de la rue Peyrolerie, où il

1. 21 novembre 1346 : « Per niagistrum Matheum Johanneti, piciorem domini nostre pape, de piciuris factis per eum in consistorio palacii Avinion., in latere dicti consistorii, ubi est coronatio et IIII sunnni pontifices. » E. Mûntz, Les peintures de Simone Martini à Avignon, Paris, 1885, p. 19.

2. 29 août 1346 : « Computavit Christianus vitrearius de vitreis per ipsum factis \n consistorio palalii ap"et primo in VJI feneslris parvis... e

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