Archiv. VII, 180 : . Boussicaudum fecerunt capiteneuin
3. Ibidem : a Cuin vellenl impugnare lurrein ponlis que tenebatur per g entes pape el minas fecerunt coutra eam »
4. B. Boysset, Archiv., VI, 353 : « Ilem les lo papa proveztr lo palais de gens d'armas et d'arlilheria e de vieures aissas. »
Siè^e et blocus.du Palais
Pour la première fois, les tours et les courtines du Palais d'Avig-non, bâties en vue de la défense, allaient être mises à l'épreuve. Depuis un demisiècle, que Benoît XII en avait commencé la construction, un nouvel eng-in, le canon, qui devait révolutionner les vieilles tactiques, avait été mis en usag-e ; mais à ses débuts, il ne faisait que remplacer, sans beaucoup plus d'efficacité, les anciennes balistes qui, par un jeu de ressorts et de leviers, lançaient de g"ros quartiers de pierre. Les canons ou bombardes n'avaient encore eux aussi que des boulets de pierre. Les assiég-eants avaient occupé les maisons voisines du Palais, l'évêché et jusqu'au clocher de Notre-Dame, d'où ils ouvrirent le tir à courte distance.
Le 29 septembre, le Pape étant avec quelques cardinaux et autres près d'une fenêtre d'où il surveillait les opérations, un boulet de pierre, lancé d'une des bombardes installées à l'évêché par le cardinal de Neufchàtel, vint se briser sur l'appui, et un éclat frappa Benoît XIII à l'épaule. C'était Je
jour âe St Michel ; par respect pour la fête de l'archang'e, qui avait sa chapelle au Palais, le Pape défendit à ses artilleurs de riposter *.
Cependant, bien que le feu eût été mis, contre la tour de Ti'ouillas, aux bûchers du Pape, qui brûlèrent trois jours et quatre nuits % le Palais résistait à toute attaque. A la faveur d'une trêve, trois hommes d'armes y pénétrèrent, sous prétexte de nég*ociations, et notèrent l'état des lieux pour rectifier le tir '. Une machine à lancer des pierres qu'ils installèrent sur l'ég-lise St-Symphorien (rue Banasterie) occasionna de sérieux dég-âts aux murs de la chambre du Pape, dans l'édifice du jardin*. Boucicaut dirig*eait les attaques du haut de la tour de la livrée de Miiroim qui existe encore et domine les constructions environnantes en face du Palais, au centre des maisons entourées par les rues Balance et de la Monnaie'.
On tirait aussi sur le Palais du haut de la tour des cardinaux de Florence qui existe toujours sous le nom de tour St-Jean, sur la place Pie ; — de la
1. Le Pape lui-même a rapporté le fait dans les actes de son concile de Perpignan.
2. Boysset, op. cit., 354: « Item ineron fuoc en la lenhier del papa, que erajusta la torre de Trulhas, edure lo fuoc tresjorns et quatre nuegz »