Voir ci-dessus, p
1 aide de la chronique de Martin d'Alpartil, familier de Benoît XIII, enfermé au Palais pendant le sièg-e, et d'autres documents contemporains, M. Noël Valois a tracé de cette tentative une narration aussi précise que saisissante :
« Le 26 octobre, de g-rand matin, un parent de Boucicaut, du nom de Bardouin, deux autres chevaliers, un bourg'eois d'Avig-non, trois ou quatre capitaines et le maître des ports de Villeneuve pénétrèrent dans le souterrain avec cinquante-trois hommes d'armes. Je ne sais s'ils se proposaient de prendre le Pape ou de le tuer. Mais ils s'étaient munis de haches, de tenailles, de maillets, pour forcer les passag^es, de cordes pour lier les prisonniers, de sacs pour enfermer l'arg-ent qu'ils découvriraient, et même de pennons fleurdelysés pour prendre au nom du roi possession du Palais. Tout alla bien jusqu'au débouché de l'ég'out dans la cuisine commune. Mais avant que tous les assaillants fussent sortis du souterrain, un maître huissier les aperçut. A ses cris, la trompette, la cloche d'alarme retentirent : soudain des hommes d'armes surg*!rent de tous côtés. Un témoin de cette scène cite avec admiration la promptitude avec laquelle accoururent des soldats surpris dans leur sommeil, et dont un g'rand nombre avaient passé la nuit sur pied. Ils se dirig'eaient vers les cuisines, dit-il, avec un tel empressement qu'on eût cru que quelque non l'epas les y attendait. Benoît XIII, de son côté, ne perdait pas son sang^-froid : « Retournez vite,
dit-il à celui qui vint l'avertir du péril, et combattez avec cou rag'e, ils sont à vous... » Le combat flura peu. Quelques-uns des assaillants se sauvèrent par l'ég'out ; tous les autres, au nombre, dit-on, de cinquante-six, se rendirent et furent enfermés, les chefs, dans la Trésorerie, les simples hommes d'armes, dans la tour de Trouillas '. »
L'auteur des Articles envoijés à Paris dit que Boucicaut lui-même faisait partie de l'expédition '\ Il est peu probable qu'il se fût ainsi aventuré. Quant aux pennons royaux et à la qualité de fonctionnaires français des fauteurs de ce coup de main, le rédacteur des Articles y insiste spécialement, pour bien marquer l'intention des chefs de prendre possession du Palais au nom du roi.
Bertrand Boisset, mieux informé d'ordinaire, prétend, dans sa Chronique Arlésienne, que les envahisseurs du Palais s'étaient introduits par une mine creusée à partir de l'ég-lise de Notre-Dame ^ ; mais il est contredit par tous les autres chroniqueurs. Ce qui a pu causer cette erreur, c'est qu'en