‹ Le Palais des Papes d'AvignonChapitre 93 sur 134 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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qu'elles pussent aboutir, il aurait fallu que le Pape sortît de la captivité où ses ennemis le retenaient dans le Palais depuis quatre ans et demi. Il avait maintenant dans la ville des partisans assez enhardis pour combiner un plan de fuite.

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L'évasion et le départ de Bepcît XIII

On a dit que Benoît XII [ s'en alla comme la troupe de Boucicaut était venue pour surprendre le Palais, c'est-à-dire par 1 eg'out des cuisines, et par la Sorg-uette qu'il aurait péniblement suivie jusqu'au Rhône. De nouveaux documents ont confirmé une version différente.

En allant sur l'emplacement de l'ancien cloître de Notre-Dame, devenu plus tard la cour de la maîtrise, on peut voir, dans le mur du Palais, l'encadrement og'iv^al d'une porte murée. C'est par là que sortit le Pape, le 11 njars 1403, emportant sur sa poitrine une hostie consacrée et une lettre du roi de France. L'ouverture était déjà murée à cette époque ; mais comme ce côté du Palais n'était plus étroitement g-ardé, on put facilement enlever quelques pierres. A la nuit tombée, quatre hommes sortirent de là sous des habits d'emprunt : c'était le Pape, son médecin, un de sescamériers, et un seig-neur arag'onais. ils étaient attendus un peu plus loin par quatre autres : le connétable d'Arag'on, Jacques de Prades, un chevalier et deux cler'cs.

Tous arrivèrent sans encombre, non pas à la maison d'un barbier, comme dit Bertrand Boysset », mais à la maison de St-Antoine, d'après Martin d'Alpartil, mieux informé. On a pensé que cette maison de St-Antoine pouvait être l'hospice des Antonins ', près de St-Didier, dans la rue Fig'uière, 11 semble plus probable que ce fût une de ces hôtelleries, si nombreuses alors au quartier du Limas, car c'est par la porte du Limas (actuellement de rOulle) que, le lendemain matin, dès l'ouverture des portes, le Pape sortit de la ville, à cheval, selon Bertrand Boisset, accompag-né de François de Paluns. Il était attendu au bord du Rhône par une barque de Béreng^er Barthélémy, de Lile, conduite par 14 rameurs, et commandée par un moine de Montmajour*.

Quelques heures après, le Pape arrivait à Château-Renard, en terre de Provence, où son obédience était déjà rétablie par Louis d'Anjou.

A peine le Pape était il libre, les cardinaux qui l'avaient fait assiég-er dans le Palais allèrent supplier Louis d'Anjou de s'entremettre pour une réconciliation qui leur fut accordée à certaines conditions.

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