‹ Le palais du Louvre; architecture -- mobilier -- objetsChapitre 23 sur 57 · RL E · texte numérisé non relu

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les significations des mythes. Albert Jacquemart a fourni sur ce sujet des interprétations où une part de vérité peut fort bien s’allier à des déductions ingénieuses et douteuses. Ainsi, d’après lui, un édicule entouré de figures est l'indice

d’une composition mortuaire. De méme, un éphèbe qui tient un cheval par

Amphores de l’école d'Euphronios (Hercule) (Ve siècle av. J. C.) Cratère attique (Ve siècle CU (Ce) ,

la bride signifie le départ pour le grand voyage hors la vie.

Des poissons, des poulpes, révèlent l'hommage aux divinités marines. Une chèvre ou un cheval désignent Neptune. Les oiseaux, surtout les sirènes, oiseaux à têtes humaines, représentent l’âme. Plus spécialement, la colombe est l’oiseau de Vénus Astarté, la grue annonce Cérès, le cygne, Apollon, ou encore Vénus, et l’oie, Junon Capitoline. Les fleurs parlent de la Jeunesse et du

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printemps. L’aplustre, palmette sculptée à la proue des vaisseaux, évoque l'air et le vent. La sphéra est un autre attribut de Vénus, ou le signe de la Fortune et de l'Amour. Le trépied appelle le feu. Le gorgonium suggère le deuil et les idées funèbres.

Coupe attique portant le nom de Lysis (Ve siècle av. J. C.)

Edmond Pottier a fort bien démontré comment les dessins de vases grecs représentent un abrégé de l’histoire de la peinture grecque: «Dans la pénurie où nous sommes des originaux, — dit-il, — nous devons descendre d’un degré et recourir aux fabricants de vases pour entrevoir ce que fut l’art pictural aux beaux temps de la Grèce classique.»

1. Coupe attique signée de Douris — La déesse Eos por 2. Coupe attique de l’école de Douris — Zeus enlevant une femme (Ve siècle av. J. (.)

tant le corps de son fils Memnon tué par Achille

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Lécythes blancs attiques à destination funéraire (Ve siècle av. J. C.)

On sait le nom de quelques-uns des artistes qui ont peint ces vases. Au VI° siècle avant J. C., il y a Clitias, Amasis, Exékias et Nicosthènes:; au V*° siècle, Euphronios, Douris, Hiéron, Brygos,

sont les plus fameux, ceux qui ont laissé, signés, quelques-uns des exemplaires les plus purs de leur art. Une coupe de Brygos évoque la «Dernière nuit de Troie». Euphronios semble le plus fort, Douris, le plus délicat.

C’est Douris qui a uni, au fond d’une coupe, la grâce de

Grands vases d'Apulie — Italie orientale (IVe siècle avant J. C.)

l’Attique au sentiment de pitié humaine que l’on disait inconnu à l'Antiquité: contemplez la déesse ailée Eos portant le corps de son fils Memnon tué par Achille, comme Marie portera le corps de Jésus. Mais contemplez toutes ces images peintes, dans les salles paisibles du Louvre, écoutez dans le silence les bruits de la guerre, la marche des héros, regardez les gestes des déesses et les rondes légères qui se lient et se délient aux flancs des vases.

TERRES CUITES GRECQUES — BÉOTIE ET MÉGARIDE (ÉPOQUE D’ALEXANDRE ET DE SES SUCCESSEURS)

LÉEMRLESLEIGQURINES DE TERRETOUITE

Les Coroplastes n'étaient, pas plus que les potiers et les peintres de vases, considérés comme des artistes de premier plan. À prendre l’étymologie du mot, ils étaient des fabricants de poupées, des petites figures de terre cuite aux bras et aux Jambes articulés, que l’on donnait aux enfants pour les amuser. Il est trop évident que l’on ne pouvait attacher d’im-

portance à ces riens, qui équivalaient aux objets que nos camelots inventent

Masque de Déméter (Ile de Rhodes)

et débitent pour quelques sous, sur les boulevards, pendant la quinzaine de Noël et du Jour de l'An. Mais si la destination était la même, l’art était différent. N’en prenez comme preuve que cette poupée du Louvre, si délicatement modelée dans la partie du torse et des cuisses, le col si bien dressé, la tête si vivante, le visage si souriant. Le reflet du grand art est sur cette petite figure, l'influence des grands artistes se fait sentir sous les doigts de l’humble modeleur. Rien d'étonnant si nous considérons aujourd'hui ces indications comme de véritables œuvres, et si nous les recueillons, dans les vitrines de nos musées et de nos collections, avec les chefs-d'œuvre que cet art populaire a engendrés.

En même temps que ces amusettes, les faiseurs de figurines représentaient sous une forme simple, en dimensions maniables, les divinités de la Grèce. Ils modelaient en terre cuite des bustes ou des masques percés de trous que l’on pouvait suspendre aux parois d’une muraille ou d’un tombeau. Ainsi le masque paisible

Poupée avec bras et jambes articulés

jouir dans des fosses.

À Tanagre, où l’art des figurines funéraires devait être si parfait, les premières ébauches des coroplastes sont rudimentaires. Parmi les terres cuites ar chaïques de Tanagre, on trouvera des déesses bloquées

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de Déméter, trouvé à Rhodes, dont l’expression est toute proche de celle des sarcophages et des momies de l'Egypte. Ou bien les modeleurs représentaient les déesses en pied, assises sur un trône, ou debout, relevant un pan de tunique, ou dressées sur un cygne battant des ailes, comme l’Aphrodite coiffée d’une tiare, figure archaïque de Béote, droite et fière, d’une attitude à la fois si théâtrale et si simple. Ces figurines n'étaient plus des poupées d'enfants, mais des ex-voto que l’on déposait à l’intérieur et aux portes des temples en telle profusion, en tel amas, que les prétres, de temps en LÉ.

devaient les faire enlever CALE faire en-

dans des gaines, des figures Aphrodite sur le cygne (figure archaïque de Béotie)

trop longues, d’autres trop courtes, des laboureurs qui conduisent leurs attelages de chevaux, chevaux aux lonoues jambes, aux grosses

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têtes, gens attablés, etc.,

Terres cuites archaïques de Tanagre (Béotie)

Et voici que parmi les fétiches, les ébauches mal faconnées,apparaissent aussi des femmes prises dans la vérité de leurs attitudes, qu'il

s'agisse de leurs occupa-

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