CHAPITRE QUATRIEME
nistres, les maréchaux de Fempire présents à Paris, les grands officiers de la couronne , et une foule d'autres fonctionnaires, appartenant à l'autorité civile et militaire, faisaient partie de ce cortège.
En recevant la députation de la garde impériale, le séna* teur Lacépède, président du Sénat, prononça un discours qui commençait ainsi : « Le Sénat vient au-devant de vous ; ^ il aime à voir les dignes représentants de la grande armée » remplir ses portiques. Il se plaît à se voir entouré de ces ^> braves qui ont combattu , avec tant de gloire , à Austery> litz, à léna, à Eylau, à Friedland, de ces favoris de la y> Victoire, de ces enfants chéris du Génie qui préside aux î' batailles , « etc. , etc.
A la suite de ce discours, accueilli par les plus vives acclamations et par les cris de : Vive l'Empereur! on ouvrit, à trois heures, au bruit d'une nombreuse musique militaire, un banquet préparé dans la grande galerie du Musée et les salles voisines, pour les notabilités civiles et les officiers de l'armée.
Au même moment commençaient, dans les salles élevées à l'extérieur, le banquet donné à la députation des soldats de la grande armée , et les réjouissances de toutes sortes qui avaient été préparées pour cette solennité. A la nuit , le palais , les salles de bal , les tentes décorées de guirlandes, furent illuminés de la manière la plus brillante.
Enfin, cette fête se termina par un feu d'artifice et par l'ascension de ballons lumineux chargés d'emblèmes allégoriques. Elle avait été, dit-on, fort bien ordonnée : on n'avait reculé devant aucune dépense pour la rendre digne de son objet ; mais il faut convenir que , pour une fête dont la plus grande partie devait avoir lieu dans un jardin , l'époque de l'année était bien mal choisie ; aussi
ÎK) LK PALAIS DU LUXEMBOLRG.
cotte partie dos réjouissances fut-elle singulièrement cqutrariée par le froid et par une neige abondante et continuelle.
Il n'est pas sans intérêt de remarquer que cette fête triomphale et ce repas militaire, donnés par le Sénat, eurent lieu sur remplacement même où, quinze siècles avant, les troupes romaines avaient célébré, par un repas nocturne, rélévation de Julien, qu*elles venaient de nommer empereur *.
Antérieurement à la fête qui vient d'être décrite, deux autres fêtes avaient eu lieu dans le jardin du Luxembourg : Tune le 13 décembre 1804, à l'occasion du* couronnement, de l'empereur, l'autre au 14 août 1806, à sa fête. Elles ne m'ont pas paru mériter d'être décrites. Depuis celle du 28 novembre 1807, on s'est borné, et on se borne encore aujourd'hui , pour chaque anniversaire célébré par nos usages , à l'illumination générale de la façade du palais sur la rue de Tournon.
Après les désastres de 1814, et au retour des Bourbons, l'institution du Sénat a été remplacée par la Chambre des Pairs, en vertu d'une ordonnance royale, signée par Louis XVIII et promulguée le 4 juin 1814.
Depuis cette époque jusqu'à la révolution de Juillet 1830, le palais et les jardins n'ont subi ni modification , ni agrandissement , mais Tune des salles du rez-de-chaussée a été , en 1817, richement décorée, au moyen de fragments de peintures conservées jusqu'alors en magasin. On la connaît sous le nom de Salle du Livre d'Or, parce que, sous la restauration, elle était destinée à contenir les titres de la pairie alors héréditaire.
A l'époque où le Directoire fit exécuter pour son instal- .
> Voir riniroduclion , pa(]c 10.