‹ Le palais du Luxembourg, origine et descriptionChapitre 43 sur 84 · VIERGE MÈRE ET PUCELLE , A Ï0\ CHER FIEUX PRÉSENTE QUATORZE FRÈRES · texte numérisé non relu

VIERGE MÈRE ET PUCELLE , A Ï0\ CHER FIEUX PRÉSENTE QUATORZE FRÈRES

Qtl PRIENT POIR TOI.

L'enfant Jésus, assis sur les genoux de la Vierge , répondait :

\\\ FILLE, JE PRENDS LE DON QUE TU ME FAIS, ET TÈ RENDS TOUS TES MESFAlTS.

Dix-sept écussons, aux armes de France et de Châtillon, décoraient la partie supérieure de ce tableau; au bas on lisait l'inscription suivante :

u L'an de grâce 1712, cet ancien monument de la piété de madame Jeanne de Châtillon, comtesse de Blois, qui fut accordée à dix ans et mariée à douze à M. Pierre de France, comte d'Alençon, fils de saint Louis, fut dressé pour conserver la mémoire d'une fondation qu elle fit de quatorze Chartreux à Paris, et a été renouvelé conformément à son original ci-dessous sur plâtre, par les ordres des très-hauts et très-illustres seigneurs Claude-Ëléazar, comte de Châtillon, et Alexis-Henri, chevaliers des ordres du roi , frères , pour empêcher que la longueur des temps n'achevât de le détruire , et conserver à la postérité la mémoire d'une si illustre parenté *. -

' Dultturc (Histoire de Paris) arfîmic que celle princesse esl morle sans en fan (s.

On voyait aussi dans le grand cloître une autre peinture représentant Pierre de Navarre à genoux devant la Vierge et récitant le premier^ verset du Miserere; il offrait à cette sainte quatorze religieux agenouillés devant elle. Une inscription latine, tenue par un ange, indiquait la fondation faite par ce prince en 1396, de cinquante livres pour chaque cellule.

Telle était, vers la fin du dix-huitième siècle, l'importance et la disposition des principaux bâtiments des Chartreux de Paris. Telles étaient aussi les richesses artistiques que possédaient ces religieux. Il suffit, pour compléter l'esquisse qui précède, d'ajouter que le mur d'enclos de ce monastère devenu l'un des plus riches de l'ordre de saint Bruno, renfermait d'immenses jardins potagers, des vergers, des pépinières, des terres en culture et un moulin considérable qui occupait, en dehors de l'allée conduisant à l'Observatoire, l'emplacement où aboutit la rue de l'Ouest. Enfin, ce monastère, limité d'abord à l'emplacement du château de Vauvert, n'occupait, en 1259, qu'une surface de trois hectares ', et en 1790, époque de la suppression de toutes les communautés religieuses, l'enclos des Chartreux renfermait près de vingt-trois hectares '.

Aujourd'hui quelles traces reste-t-il de cette construction religieuse, élevée successivement pendant cinq siècles, et que chaque époque avait marquée d'un caractère particulier, où l'architecture gothique, celle de la renaissance et du dix-septième siècle semblaient s'être groupées comme pour aider aux recherches historiques de l'observateur, et présenter à l'artiste un sujet d'étude et de comparaison? Que sont devenues ces habitations silencieuses dans lesquelles

^ Environ neuf arpcnls.

' Environ soi&anlc-nept arpents.

rhomme découragé par le malheur, ou fuyant les passions mondaines et les ennuis de la société, venait se rc^fugier, pour y trouver le calme et la paix de l'Ame, dans la prière, dans la culture des lettres, des sciences et des arts? Que res(e-t-il enfin de ces retraites où de pieux solitaires, tranquilles sur l'avenir, sans désir et sans crainte, attendaient dans une résignation parfaite le moment suprême? Rien ou presque rien! Détruit de fond en comble, à l'époque de nos tourmentes révolutionnaires, ce monastère a fait place à des rues, à des avenues plantées, et le promeneur indifférent foule, sans le savoir, la sépulture modeste des religieux, comme la tombe somptueuse du riche, qu'une ostentation mondaine avait élevée dans leur église.

QUI D^COKKNT

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