DIVISION DU PALAIS IMPÉRIAL EN TROIS PARTIES
Il ne faut pas s'attendre à trouver dans le grand palais un édifice régulier, avec une façade pompeuse ouverte sur une place publique. Originairement élevé par Constantin, dont il portait le nom , il avait été reconstruit en partie par Justmien au sixième siècle. Depuis, et durant cinq siècles, des constructions importantes y avaient été successivement
1 Codin., Do signîs; Paris., p. 19; Ron., p. 3i. — Anonym.,Z>6j Theophilogaç. Script, post TlieopL, § 42; Paris., p. 87; Ron., p. 140. — Constant. Porphyr., De Basilio Mac, ap. Script, post Theopli., § 86 et 90; Paris., p. 201 et 207; Ron., p. 328 et 336.
2 Du Cange, Consl. Christ., lib. III, § 77, p. 70.
5 Nous devons dire cependant que le nom de naos est appliqué quelquefois à des édifices qui ailleurs reçoivent le nom d'église. De même certains lieux saints, après avoir reçu le nom de vao'ç, sont désignés dans d'autres passages sous celui de soxr/îptov. Néanmoins, les distinctions que nous venons d'établir sont la règle commune, et c'est par exception que les auteurs ne les observent pas.
ajoutées par plusieurs empereurs, en sorte qu'au lieu de présenter un tout homogène, le palais impérial n'était autre chose qu'une accumulation d'édifices de différentes époques, plus ou moins heureusement agencés. On ne doit pas perdre de vue non plus qu'au dixième siècle il avait été disposé pour la défense, et que c'était plutôt une place fortifiée, comme les châteaux royaux du moyen âge, qu'un palais dans le style des palais impériaux de l'ancienne Rome.
Le grand palais, to ptiya uaAaTiov, se divisait en trois parties distinctes. La première, à laquelle on pourrait donner le nom de Chalcé, du vestibule de ce nom qui en formait l'entrée, comprenait ce vestibule et l'oratoire du Sauveur, qui en dépendait, les Nomnéra, les Courtines, le triclinium des scholaires et la chapelle des Saints- Apôtres, le tribunal des Lychnos, le triclinium des excubiteurs, le triclinium des candidats, le grand Consistorion, et la salle à manger pour les jours de fête. Cette première partie (nos20 à 34) avait son entrée sur le forum Augustéon et y touchait. On peut encore comprendre dans cette première partie du palais l'église du Seigneur (n° 35) .
La seconde partie portait le nom de Daphné. Elle renfermait une première cour ayant son entrée en face de la porte nord-est du Cirque (n° 17, G), l'Hippodrome du palais, une vaste terrasse, la chapelle Sainte -Marie, l'oratoire de la Trinité et le Baptistère, le palais de Daphné, à la suite duquel était le péripatos qui conduisait à Saint-Etienne, et enfin cette église (nos 39 à 54). On n'arrivait à l'entrée principale de cette seconde partie du palais qu'après avoir traversé le grand Hippodrome.
Entre Chalcé et Daphné s'élevait un édifice très-important, le grand triclinium des Dix-neuf-lits (n° 38). Au delà de l'église Saint-Etienne se trouvait le palais de l'Hippodrome, nommé aussi palais du Cathisma (nos 56 et 57), duquel dépendait la tribune (nos 18 et 19), où l'empereur siégeait pour présider aux jeux du Cirque.
La troisième partie du palais recevait le nom de Palais-sacré, to Êepôv tmcMtiov, ou de Palais-gardé-par-Dicu, to 0eo<puXcbcrov ûaÀdcTtov. Cette partie de la demeure impériale est même la seule qui reçoive habituellement le nom de palais, les autres sont considérées comme des accessoires ou des annexes. Ainsi l'auteur du livre des Cérémonies de la cour, rendant compte de la marche de l'empereur à son retour de Sainte-Sophie ou de la ville, dit très-souvent : L'empereur entre par la Chalcé et les tricliniums des gardes, va dans le coubouclion octogone de Daphné, où il dépose le costume impérial, et de là rentre dans le palais1. 11 dit encore: L'empereur, après avoir dîné avec le patriarche dans le triclinium des Dix-neuf-lits, retourne dans le Palais-sacré2. Les grands dignitaires, venant au palais afin d'accompagner l'empereur qui devait en sortir pour aller à Sainte-Sophie, se réunissent soit dans l'abside (n° 60), soit dans l'Hippodrome couvert (n° 42), et lorsque le palais est ouvert, ajoute le programme des cérémonies, ils y entrent3.
1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i et x, p. 21 et 70.
2 Idem, lib. I, cap. xxvn, p. 147.
3 Idem, lib. I, cap. xxm, p. 128; cap. x, p. 71; cap. lxxii, p. 360.