‹ Le Palais Impérial de Constantinople et ses abords, Sainte-Sophie, le Forum Augustéon et l'Hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècleChapitre 41 sur 96 · LE GRAND TRICLINIUM DE LA MAGNAURE · texte numérisé non relu

LE GRAND TRICLINIUM DE LA MAGNAURE

On a vu, dans la description que nous avons faite de l'église du Seigneur (n° 35), qu'en sortant de cette église par un petit porche situé au nord, on montait quelques marches pour arriver dans l'Héliacon du grand triclinium de la Magnaure0. La déclivité du terrain, qui allait toujours en s'élevant depuis la mer jusqu'aux murs septentrionaux du palais, motivait ces marches. De la partie extrême des Courtines (n° 29, B) , laquelle servait

1 De cer. aid. Byz., lib. I, cap. lxi, lxv, lxvii, p. 277, 293 et 301; appendix ad lib. prim., p. 502.

2 Voyez chap. III, § vi et vu, p. 67 et 69, et chap. IV, § vu.

3 Theophanis Chronoijr.; Paris., p. 306; Bon., p. 561. — Cedreni Historiarum comp.; Paris., p. 442; Bon., t. I, p. 773.

4 Anonïm., ap. Script, post Tlieoph., lib. III, § 44; Paris., p. 91; Bon., p. 147.

5 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xi et lxiv, p. 86 et 286, et lib. II, cap. m, p. 524. — Voyez ci-après, chap. IV, § ii, ce que nous disons de l'Omphalion de la Chalcé.

6 Voyez chap. III, § iv, p. 62, et chap. IV, § iv.

d'atrium à l'église du Seigneur, on montait donc aussi quelques degrés pour arriver à deux portes (n° 33) donnant accès dans cet Héliacon (n° 115), qui s'étendait au-devant de la façade occidentale et sur le flanc méridional de l'édifice. Ces portes étaient disposées dans la forme d'un hémicycle surmonté d'une voûte en cul-de-four, et l'une d'elles se trouvait en face du triclininm des candidats (n° 28).

Le grand triclinium de la Magnaure (n° 11 G) était un très-vaste et très-bel édifice bâti par Constantin1. Un portique (b) ouvert à l'occident, et qui occupait toute la largeur de l'édifice, en formait l'entrée principale. Plusieurs marches conduisaient de ce portique à une grande porte garnie de portières par laquelle on entrait dans une très- vaste salle divisée, dans le sens de la longueur, en trois parties, une nef principale et deux bas côtés. Le plafond était soutenu de chaque côté par six colonnes. Au fond de la salle, vers l'orient, s'élevait une estrade qui en occupait toute la largeur. On y montait par vin escalier de plusieurs marches de marbre vert. Le trône de l'empereur était placé là , dans un hémicycle voûté en demi-coupole. Quatre colonnes, disposées par deux à droite et à gauche de l'hémicycle et soutenant de grands rideaux, formaient la décoration du fond de la salle. Au delà de cette salle se trouvait un coiton (D) , appelé quelquefois Métatorion , dans lequel l'empereur revêtait le costume impérial avant de monter sur le trône; plusieurs pièces de service et un escalier pour monter au premier étage et dans les galeries hautes, d'où l'on avait accès à des terrasses couvertes (n° 117) établies au-dessus de portiques qui se prolongeaient jusqu'en face du mur oriental de Sainte-Sophie. De ces galeries l'empereur montait par un escalier de bois (n° 13) dans les Catéchumènes, c'est-à-dire dans l'étage supérieur des bas côtés de l'église. Cet escalier de bois, qui aA'ait son origine sur le flanc de l'église de Sainte-Marie Chalcopratiana (n° 11), était appliqué en retour contre les murs du palais. Pour atteindre du haut de ces murs à ceux de Sainte-Sophie, il devait former une sorte de pont élevé au-dessus de la voie qui passait entre l'église et le palais, et conduisait au Forum2. L'escalier de bois se comprend très-bien; en construisant là un escalier et un pont de pierre, on aurait donné un accès facile pour attaquer le palais impérial; avec un escalier de bois, ce danger n'était pas à redouter : en cas d'émeute il était facilement enlevé ou détruit, et les murs du palais restaient isolés.

L'entrée principale de la Magnaure avait lieu, avons-nous dit, par un vaste portique ouvert à l'occident. L'euipereur n'entrait jamais de ce côté. Lorsqu'il venait du Palais-sacré au grand triclinium de la Magnaure, il sortait par la porte du Spatharicion (n° 66), et traversant l'église du Seigneur et un petit porche situé au nord (n° 35 , C) , il entrait dans l'Héliacon de la Magnaure. C'est en face de ce petit porche, sur le flanc méridional de cet édifice, que se trouvait l'entrée de l'empereur (n° 116, A).

Les réceptions des princes étrangers et des ambassadeurs avaient ordinairement lieu

1 CoDiN.,Z)e originibus; Paris., p. 9; Bon., p. 18.

2 Voyez plus haut, cliap. II, § i, p. 29, et § vi, p. 40.

Page 1