LE TRICLINIUM DE LA MAGNÂURE
dans le grand triclinium de la Magnaure L'empereur y réunissait aussi les grands dignitaires et les sénateurs pour les entretenir sur différents sujets. Dans ces occasions, l'empereur s'asseyait sur le trône qui était placé dans l'abside et qu'on appelait le trône de Salomon. Ce trône était tout en or et enrichi de pierres précieuses. On y voyait des oiseaux qui, par l'effet d'un mécanisme ingénieux, faisaient entendre un doux ramage. Auprès du trône s'élevait une très-grande croix d'or couverte, de pierreries. Au-dessous étaient placés des sièges d'or pour les membres de la famille impériale. Au bas des marches de l'estrade sur laquelle le trône était établi, se trouvaient deux lions qui se dressaient sur leurs pattes et émettaient les rugissements de véritables lions. Non loin du trône, des arbres d'or portaient sur leurs rameaux des oiseaux de différentes espèces qui imitaient le chant harmonieux des oiseaux dont ils empruntaient les formes. Un très-grand orgue d'or enrichi de pierres précieuses et d'émaux était également placé là 2. C'est l'empereur Théophile qui avait fait exécuter tous ces beaux travaux d'orfèvrerie. Le moine George nous apprend que l'auteur de ces instruments et de ces mécaniques était le plus fameux orfèvre de Constantinople , savant très-distingué qui était proche parent du patriarche Antoine3. Zonaras lui donne le nom de Léon4.
Luitprand, dans la narration qu'il a laissée de son ambassade auprès de Constantin Porphyrogénète, dit que les arbres et les oiseaux étaient de bronze doré, et les lions de bronze ou de bois doré 5. On sait que Luitprand a toujours cherché à dénigrer la cour de Constantinople ; il est possible cependant qu'au temps de Constantin Porphyrogénète toutes ces merveilleuses pièces d'orfèvrerie ne fussent plus qu'en bronze doré, ce qui n'empêche pas que Théophile ne les ait fait exécuter. en or; car on lit dans le continuateur de Théophane que l'empereur Michel, fds de Théophile, pour subvenir à ses folles dépenses, avait fait fondre et convertir en pièces de monnaie l'arbre aux oiseaux, les deux lions d'or et les orgues6. Le mécanisme aura été bien certainement conservé, et les arbres comme les animaux ont pu n'être refaits par la suite qu'en bronze doré. Constantin Porphyrogénète cependant désigne toujours comme étant en or ces différents objets, dont il parle fort souvent dans son livre Des cérémonies de la cour de Byzancc ; il n'est pas à croire qu'un prince aussi magnifique que Basile le Macédonien, qui succéda à Michel, ait pu les faire restaurer autrement.
Le coi ton (d) qui faisait partie des appartements particuliers du grand triclinium de la Magnaure, servait de chambre nuptiale aux empereurs. Le lit impérial était placé dans cette
1 Constant. Porphyr., De Basil. Mac, ap. Script, post Theoph., lib. V, § 74; Paris., p. 195; Bon., p. 317. — De cer. aul. Bjz., lib. II, cap. xv, p. 566.
2 De cer. aul. Byz., p. 507, 567, 569, 595.
* Georgii monachi Vitœ recentior. imp., ap. Script, post Theoph.; Paris., 1685, p. 498; Bon., 1838, p. 793. 4 Zonaras, Compend. histor.; Paris., 1686, p. 129.
6 Luitprandi Opéra, lib. VI, ap. Pertz, Mon. German. histor., t. V, p. 338.
6 Chronoçjraphia, ap. Script, post Theoph.; Paris., 1685, p. 107; Bon., 1838, p. 173.
chambre sous une conque, dç tyjv xoy/rjV ', c'est-à-dire dans une niche hémicirculaire couronnée par une deini-coupole. Ce genre de construction se retrouve à chaque pas dans le palais impérial, comme on a pu le remarquer dans la description que nous en avons faite. Les trônes, les lits sont presque toujours placés dans une conque ou dans une camara : ces deux mots expriment la même chose. On rencontre dans le palais un grand nombre de pièces en hémicycle ou terminées par un hémicycle, toujours recouvert par une voûte en cul-de-four ; les portes des édifices ou des grandes galeries s'ouvrent souvent au fond d'un hémicycle voûté. Ce genre de construction a donc été l'un des caractères distinctifs de l'architecture byzantine depuis Justinien : c'est à Sainte-Sophie qu'il a été emprunté.
PORTE DITE MONOTHYROS, PÉRIPATOS ET ÉDIFICES DIVERS DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DE LA DEMEURE IMPÉRIALE.
Au delà de l'Héliacon du triclinium de la Magnaure, on trouvait la porte nommée Monothyros (n° 118) qui s'ouvrait sur le Forum, auprès du Sénat (n° 12). C'est par là que sortirent les soldats de l'empereur Alexis pour s'emparer de l'oratoire de Saint-Jean-l 'Evangéliste (n° 6), du haut duquel ils combattirent les partisans du césar Jean qui occupaient l'abside orientale du Milliaire2. Cette porte, qui d'après son nom (levait être à un seul battant , s'ouvrait rarement. C'est sans doute par là que sortait le patriarche, lorsque après avoir été reçu par l'empereur dans le Chrysotrielinium , il rentrait à Sainte-Sophie. On voit en effet dans le livre des Cérémonies3, qu'après cette réception le patriarche était reconduit par les officiers du palais jusqu'à la porte du Spatharicion (n° 66) ; de là , en traversant l'Héliacon de la Magnaure , il arrivait à la porte Monothyros et se trouvait très-près de son église. Il y avait près de cette porte un local où l'on gardait les chevaux des personnes qui étaient venues par là au palais ou qui attendaient l'empereur lorsqu'il devait sortir de ce côté. Ce local, qui portait le nom de Caballarios, ô Ka^aAXàptoç /l, était sans doute couvert comme l'Hippodrome du palais (n° 42), qui avait la même destination. Un péripatos à ciel ouvert, dallé en marbre (n° 119), s'étendait depuis cette porte jusqu'à l'Héliacon du Phare (n° 105) ; il avait été établi par les ordres de l'empereur Basile le Macédonien.
Plusieurs édifices avaient été également construits par l'empereur Basile au delà de ce péripatos, vers le nord-est ; c'était d'abord , dans l'endroit le plus élevé de la colline , un bâtiment que, pour cette raison, on appelait Aet^ç, l'Aigle (n° 121). On y voyait une
1 De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xxxix, p. 199 et 200.
2 Voyez chap. II, § il, p. 35.
s De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xiv, p. 96.
* De cer. aul. Byz., lib. I, cap. i, et lib. II, cap. xm, p. 6 et 557.
chapelle richement décorée qui était consacrée sous l'invocation de la Mère de Dieu. Plus bas, à l'ouest de l'Aétos, s'élevaient plusieurs constructions en forme de pyramide (n° 122), dans l'une desquelles était un oratoire également dédié à la sainte Vierge. Plus près du palais, Basile avait fait construire des bâtiments fort importants avec une grande solidité : le Trésor impérial, to ©r^aupocp'jÀaxdov (n° 123); le Garde-meuble, to Bscrxiapiov (n° 124), et le Bain du palais, ttov fia(jikdu>v Aouxpov (n° 125), qui était vaste et merveilleusement décoré. Ce bain était au-dessus d'un endroit appelé Phiale, à cause d'une belle fontaine de marbre qui avait orné une station de la faction des bleus, établie dans cet endroit antérieurement au règne de Basile \ On trouvait sur la colline, au nord du palais, d'autres bâtiments. Une construction antique existe encore en cet endroit, elle est indiquée au plan de Melling et dans la carte de Kauffer; nous l'avons tracée sur notre plan sous le n° 126 à la place marquée par ces auteurs.
Descendons maintenant dans la plaine qui régnait entre la mer et le pied de la colline sur laquelle était bâti le grand palais de Constantin.
En sortant de l'Héliacon du Phare (n° 105) par la porte située au nord, on trouvait, comme nous l'avons déjà dit, deux chemins : à gauche, le Péripatos, qui se prolongeait jusqu'au Forum ; à droite, une autre voie qui descendait vers la plaine et qu'on appelait la Descente du Boucoléon (n° 127). Si après avoir fait quelques pas sur cette descente on la quittait en tournant à droite, on descendait par un escalier (n° 127, A) vers le narthex de la Nouvelle-église-basilique (n° 1 28) .
La situation que nous avons donnée à cette église est justifiée par plusieurs documents. « Basile éleva près du palais, du côté de l'orient, dit Luitprand, une église qu'on appelle » Néav, c'est-à-dire Nouvelle2. » Le livre des Cérémonies est plus précis dans la relation qu'il donne du cérémonial observé la veille de la fête de Saint-Elie: ((L'empereur, appuyé » sur le patriarche, sort de l'église du Phare (n° 106) en traversant le milieu du Naos. » En passant par la porte qui conduit dans l'Héliacon (n° 105), il reçoit du Préposé le » cierge processionnal, puis traverse, avec la procession, l'Héliacon par le milieu, ainsi que » le petit porche de la porte à un seul battant (n° 105, A), descend la pente du Bou- » coléon, et tournant à droite, il descend vers le narthex de la Nouvelle-grande-église3. » Plus loin, dans le même cérémonial , on dit que ce narthex est situé en face de la mer4, et
* Const. Porphïr., De Basil. Mac, lib. V, § 90, ap. Scrip. post. Theoplu; Paris., p. 206; Bon., p. 335. 2 Luitprandi Antapodosis, lib. I, § x, ap. Pertz, Monum. Germ. hîst., t. V, p. 277. } De cer. aul. Byz., lib. I, cap. xix, p. 117.
4 Kax£t(kv ixgou'vovis; î'iç tov irpo; tt)v OotXocoffav vapQy]xa, de là sortant dans le narthex qui est tourné vers la mer (lib. I, cap. xix, p. 118). Beisk a traduit : Abeunt inde ad narthecem qui prope mare, seu cavum
I on verra dans la description qui va suivre que l'atrium de l'église qui précédait le nartliex était situé à l'occident.
L'empereur Basile le Macédonien (-J-S86) avait lait construire cette église avec une grande magnificence, c'était certainement le plus beau des nombreux édifices qu'il avait fait bâtir. Constantin Porpliyrogénète, dans la vie de son aïeul, et le patriarche Photius ont laissé des descriptions de ce temple splendide. Ces deux descriptions se complètent l'une l'autre, et nous nous bornerons, pour le moment, à traduire ces deux auteurs, en mettant seulement en ordre les deux narrations. Constantin commence ainsi :
« Comme témoignage de sa gratitude envers N. S. Jésus-Christ et saint Gabriel, chef » des milices célestes, et envers le zélé serviteur de Dieu Elie Thesbite, qui avait annoncé » à la mère de l'empereur l'élévation de son fils au trône, afin d'éterniser leur nom et leur » souvenir, comme aussi celui de la Mère de Dieu et de cet illustre prélat saint Nicolas, » Basile éleva une église (la Nouvelle-église-basilique) d'une beauté divine, à l'édification » de laquelle concoururent l'art, la richesse, la foi fervente et le zèle le plus ardent, » et où se concentrèrent tant de perfections rassemblées de toutes parts qu'il faut les avoir » vues pour y croire. Cette église, il la présenta au Christ son immortel Epoux, comme » une fiancée toute parée et embellie par les perles fines, l'or, l'éclat de l'argent, les mar- » bres chatoyants aux mille nuances, les mosaïques et les tissus de soie '.
)> A l'occident, dans l'atrium même de l'église (n° 128, A) , se trouvent deux fontaines, » l'une du côté du sud, l'autre du côté du nord, dans lesquelles l'excellence de l'art s'unit » à la richesse de la matière ; elles témoignent de la magnificence de celui qui les fit exé- » cuter. La première est faite de ce marbre d'Egypte que nous sommes dans l'usage » d'appeler marbre romain. Autour, on voit des dragons admirablement traités par l'art du » sculpteur. Au milieu s'élève une pomme de pin percée à jour; tout autour sont rangées, » comme des danseuses en rond, des colonnettes creusées à l'intérieur, surmontées d'une » corniche : l'eau s'élançait en jet de cette pomme de pin et de ces colonnettes dans le fond » du bassin , et arrosait tout ce qui se trouvait au-dessous. La fontaine du nord est faite de » la pierre dite Sagarienne , qui ressemble à celle que d'autres appellent Ostrite ; elle a n aussi une pomme de pin de marbre blanc qui s'élève tout à fait au milieu et qui est » percée de trous. Sur la corniche qui borde le sommet du bassin , l'artiste a placé des » coqs, des boucs et des béliers de bronze qui lancent par des tuvaux et vomissent, si » je puis parler ainsi, de l'eau dans le fond du bassin2.
recessum sacrae mensae est, en donnant à ôa^aucrav l'acception de mer dans le sens de la pierre sacrée qui existait au centre des autels et qui, en effet, chez les Grecs, portait le nom de OaXaaca. C'est évidemment là une erreur, et pour s'en convaincre il suffit de savoir que le narthex, vestibule des églises, ordinairement tourné vers l'occident, est précisément situé à l'opposite de l'autel, qui est placé au fond de l'édifice, dans le sanctuaire élevé vers l'orient.
1 Constant, imp., Historia de vita et rébus geslis Basilii imp., ap. Script, posl Tlieoph., lib. V, § 83; Paris., p. 200; Bon., p. 325.
2 Constant, imp., Historia de vita Basilii, ap. Script, post Tlieoph., lib. V, §85; Paris., p. 201; Bon., p. 327.
» Les portiques extérieurs de l'église, xà irpo-rcuXaia, sont décorés avec une grande magni- » licence. Les tablettes de marbre blanc qui en forment le revêtement brillent d'un éclat » enchanteur et présentent à l'œil comme un tout homogène; car la délicatesse de l'agen- » cernent dissimule la juxtaposition des pièces et la jonction des côtés, et fait croire à une » seule pierre qui serait sillonnée de lignes droites. C'est une séduisante nouveauté qui » tient enchaînée l'imagination du spectateur; sa vue en est tellement charmée et s'y » attache à un tel point, qu'il n'ose s'avancer vers l'intérieur '.
» L'or et l'argent se partagent presque tout l'intérieur de l'église. Tantôt ces métaux » sont appliqués sur le verre des mosaïques , tantôt ils sont étendus en plaques , tantôt ils )) entrent en composition avec d'autres matières. Les parties de l'église que l'or n'enchâsse » pas ou que l'argent n'a pas envahies, trouvent leur ornementation dans un curieux » travail de marbre de diverses couleurs2. Les murs à droite et à gauche en sont revêtus. » La clôture qui sert de fermeture au sanctuaire 3, les colonnes qui s'élèvent au-dessus et » l'architrave qui les unit, les sièges disposés à l'intérieur, les marches qui y conduisent et » les saintes tables , tout est d'argent doré rehaussé de pierres précieuses et de perles de la » plus belle eau4. Quant à l'autel sur lequel se célèbre le saint sacrifice, il est d'une com- » position plus précieuse que l'or. Le ciborium qui s'élève au-dessus, ainsi que ses colonnes, » est aussi d'argent doré 5.
» Le sol semble recouvert de brocarts de soie et de tapis de pourpre, tellement il est » embelli par les mille nuances des plaques de marbre dont il est formé, par l'aspect varié » des bandes de mosaïque dont ces plaques sont bordées, par l'agencement délicat des » compartiments, par la grâce en un mot qui règne dans tout ce travail6. On y a représenté » des animaux et mille choses les plus diverses 7.
» La voûte du temple, composée de cinq coupoles, resplendit d'or et de figures, comme » le firmament d'étoiles8. On a reproduit dans la coupole principale la forme humaine du » Christ rendue par une mosaïque pleine d'éclat. Vous diriez que Notre Seigneur embrasse » le monde dans ses regards et qu'il en médite l'ordonnance et le gouvernement, tant
1 Photii Novœ eccl. descript.; Bon., p. 197. 1 Photii Novœ eccl. descript.; Bon., p. 198.
5 Dans les églises grecques, l'autel sur lequel se faisait le saint sacrifice était renfermé dans un sanctuaire, to Bîjaa, le plus ordinairement disposé en forme d'abside. Ce Béina était séparé du chœur par une clôture plus ou moins impénétrable, qui se composait ordinairement d'un soubassement surmonté de colonnes unies entre elles par une architrave; trois portes étaient ouvertes dans cette clôture, dont l'ornementation était en général très-riche. On donnait à cette construction le nom de KiyxXi';, et l'on se servait généralement pour la désigner du pluriel KiyxXi'ôei;, en latin Cancelli.
* Constant, imp., Historia de vita BasUii, ap. Script, post Theoplu, lib. V, § 84 ; Paris., p. 200; Bon., p. 326.
5 Photii Novœ eccl. descript., p. 198.
6 Constant, imp., Historia de vita Basil., loc. cit., § 84. ' Photii Novœ eccl. descript., p. 198.
8 Constant, imp., Vita Basil., loc. cit.
» l'artiste inspiré par son sujet a mis d'exactitude à rendre, par les formes et par les court leurs, la sollicitude du Créateur pour sa créature! Dans les compartiments circulaires, » on voit une troupe d'anges rangés autour de leur maître commun. Dans l'abside, à^lç, » qui s'élève derrière le sanctuaire, rayonne la figure de la Sainte Vierge étendant ses » mains immaculées sur nous et intercédant pour le salut de l'empereur et pour son » triomphe sur ses ennemis. Un chœur d'apôtres , de martyrs , de prophètes et de » patriarches, remplit et embellit l'église entière Le toit, en dehors, est revêtu de » plaques de bronze semblable à l'or2. Tel est ce temple dont l'ornementation intérieure, » autant qu'il est possible de peindre de grandes choses en peu de mots, éblouit les regards » et frappe l'imagination 3. »
Indépendamment des grandes portes qui s'ouvraient sur le narthex à l'occident, l'église avait encore deux portes, l'une au nord , l'autre au sud du côté de la mer. En sortant par ces portes , on trouvait , de chaque côté , une longue galerie couverte , (j.axpoç TCpfaaxoç (n° 129). Ces deux galeries de même longueur, après s'être étendues sur un certain espace au nord et au sud, se dirigeaient vers l'orient et se prolongeaient jusqu'au vaste emplacement à ciel ouvert qui recevait le nom de Tzyeanistérion. La voûte des deux galeries était enrichie de peintures en mosaïque représentant les luttes et les combats des martyrs4.
LE TZYCANISTÉRION, LE MÈSOCÉPION ET LE GARDE-MEUBLE DE LA NOUVELLE-ÉGLISE.
Le Tzyeanistérion (n° 131) était une sorte de carrousel à ciel ouvert, dans lequel les empereurs et les hauts personnages de la cour se livraient à des exercices hippiques. L'empereur Basile le Macédonien l'avait fait établir pour remplacer l'ancien Tzyeanistérion, sur l'emplacement duquel il avait fait édifier la Nouvelle-église-basilique. Quant au terrain qui s'étendait à l'orient de cette église, entre les deux galeries jusqu'au Tzyeanistérion, il en fit un jardin délicieux (n° 130) planté des arbres les plus rares et arrosé par des ruisseaux. On donna à ce jardin le nom de Mésocépion. Comme l'espace qui existait à l'orient de l'église jusqu'au mur de clôture de la demeure impériale n'aurait pas été assez étendu pour établir ce jardin et le Tzyeanistérion, l'empereur Basile acheta toutes les maisons environnantes, les fit abattre, nivela le terrain et agrandit de ce côté l'enceinte du palais. Une porte (n° 132) , fermée par une grille, fut établie de ce côté dans
1 Photii Novœ eccl. descript., p. 199.
2 Constant, imp., Vita Basilii, ap. Script, post. Theoph., lib. V, § 84; Paris., p. 200; Bon., p. 326. 8 Constant, imp., Vita Basilii, ap. Script, post Theoph., lib. V, § 85; Paris., p. 201; Bon., p. 327.
4 Constant. Porphïr., De Basilio Mac, lib. V, § 86, ap. Script, post Theoph. Paris., p. 201; Bon., p. 328.